Réunis en caucus de deux jours dans la région de Lanaudière, les députés du Parti québécois (PQ) ont montré une image d'unité derrière leur chef. Au point où, en après-midi, la whip du PQ, Nicole Léger, est venue vanter la «sérénité» des échanges à huis clos.
«On a vécu des moments pas faciles, a reconnu la whip. C'est rentré dans l'ordre. On a dit ce qu'on avait à se dire. [...] C'est derrière nous.»
Tous n'ont pas chanté les louanges de Mme Marois. Mais aucun n'a évoqué son remplacement.
«Elle a choisi de rester, nous serons résolument derrière elle», a dit Stéphane Bergeron, député de Verchères. «C'est la personne qui est en place. C'est elle qui a été choisie.»
Mis au ban la session dernière pour ses critiques sur le leadership de la chef, le député de Beauharnois, Guy Leclair, semble ravaler son ressentiment. «On dit de Mme Marois qu'elle a toutes les compétences, qu'elle est une personne très intègre, et qu'avec tout ce qu'elle a vécu, c'est une fonceuse et elle ne laisse pas tomber, a dit M. Leclair aux journalistes. Alors je pars avec ça et j'espère que tout va bien aller.»
Associé au clan des «mutins», cet automne, le député de Berthier, André Villeneuve, se rallie à la chef Pauline Marois. «Je me suis simplement levé en caucus à l'époque pour exprimer ce que je pensais de la situation», a-t-il expliqué. Il continue toutefois de croire que le PQ est «déconnecté» de la population et qu'il a du travail à faire en ce sens.
Après ses épanchements publics sur une possible disparition du PQ et la nécessité de former des alliances entre souverainistes, Bernard Drainville a soigneusement évité de répondre aux questions des journalistes. La semaine dernière, le député de Marie-Victorin s'est fait rabrouer par le leader parlementaire Stéphane Bédard, qui l'a qualifié de «jeune député» qui cherche à «défoncer des portes ouvertes».
La capacité de la chef à survivre aux différentes crises qui ont secoué le Parti a été soulevée par plusieurs députés. La députée de Taschereau, Agnès Maltais, a repris à son compte l'étiquette de «dame de béton» utilisée par un chroniqueur à propos de Mme Marois. «Pour moi, c'est le jour un de la reconquête du pouvoir, a lancé Mme Maltais. La "Dame de béton" nous a impressionnés et elle a rallié tout le monde. [...] Il y a un sentiment d'unité comme ça fait longtemps qu'on n'a pas senti. On sent que Mme Marois a traversé toutes les épreuves.»
Contestataires contrés
Le putsch avorté de l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe semble tirer le tapis sous les pieds des contestataires de la chef.
Le député de Gouin, Nicolas Girard, souligne que le PQ doit travailler en équipe. «Au cours de la dernière année, il y a eu beaucoup trop de jeux individuels, et pas assez de jeux collectifs, a-t-il noté. Ça nous prend moins de Michael Cammalleri dans l'équipe, et beaucoup plus d'Erik Cole.»
Tout n'est pas rose, reconnaît le député Denis Trottier. Mais, comme plusieurs, il a l'impression de pouvoir commencer à vanter la qualité du programme péquiste au lieu d'arbitrer des luttes internes.
«Je ne peux pas vous dire qu'au PQ c'est parfait, que c'est sûr qu'on va faire l'indépendance, dit M. Trottier. Parce qu'il faut d'abord qu'on soit au pouvoir pour ça. Il y a quand même un petit peu de problèmes.»
Depuis l'apparition de la Coalition avenir Québec dans les sondages, le PQ ne parvient pas à faire mieux que la troisième position.