Pauline Marois ripostera

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Si Gilles Duceppe met de la pression sur Pauline Marois, celle-ci est déterminée à rester en poste.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Pauline Marois est déterminée à tenir la barre du Parti québécois. Elle est décidée à riposter aux coups de semonce de Gilles Duceppe, et à lui barrer la route.

La chef du Parti québécois veut passer à l'offensive. Elle annoncera ce matin, en conférence de presse, que l'écologiste Daniel Breton sera candidat péquiste aux prochaines élections générales.

Ancien candidat néo-démocrate au scrutin fédéral de 2008, Daniel Breton a cofondé le Parti vert du Québec et le groupe Maîtres chez nous au 21e siècle. Il était en pointe dans la bataille contre le projet de centrale au gaz naturel du Suroît en 2003. Récemment, il a flirté avec le Nouveau Mouvement pour le Québec de Jocelyn Desjardins, lequel juge trop timide le projet de «gouvernance souverainiste» de Pauline Marois.

Mme Marois a passé plusieurs heures, jeudi, enfermée avec sa garde rapprochée à son bureau de Montréal. Même si la réunion était prévue de longue date, il a beaucoup été question des velléités de l'ex-chef bloquiste.

En soirée, un membre de l'équipe Marois notait avec satisfaction que le mouvement en faveur de Gilles Duceppe ne s'était pas amplifié ces dernières heures, qu'il paraissait même stagner. «Une journée perdue pour lui», a-t-il dit.

Pauline Marois était en réunion lorsqu'elle a appris que Bernard Drainville invitait Gilles Duceppe à mettre armes à terre et à travailler sous sa direction à elle. «Je pense que la meilleure façon pour M. Duceppe de contribuer à unir le camp souverainiste, c'est de venir nous rejoindre au Parti québécois sous le leadership de Mme Marois», a déclaré M. Drainville.

Le député de Marie-Victorin estime que «Mme Marois a tout ce qu'il faut pour faire l'unité du camp souverainiste», pour «tisser des alliances avec les autres souverainistes et progressistes». Il songe bien sûr à Québec solidaire, mais aussi à Option nationale de son ex-collègue Jean-Martin Aussant, ainsi qu'aux péquistes démissionnaires Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe.

M. Drainville a éludé les questions sur ses propres ambitions.

Avant-hier, Gilles Duceppe a fait monter la pression de plusieurs crans en déclarant qu'il a confi­ance «que les militants et Pauline Marois sauront prendre les décisions qu'il faut pour le parti et l'avenir, à leur conseil national». Une façon polie de montrer la porte à l'actuelle chef.

Depuis cette déclaration, Pauline Marois ne se fait plus d'illusions : Gilles Duceppe cherche à la déstabiliser. Ce sera donc coup pour coup.

Duceppe inquiet

Joint en fin de journée jeudi par La Presse Canadienne, M. Duceppe a répété qu'il avait confiance de voir Mme Marois prendre les meilleures décisions pour l'avenir du parti.

«C'est fait. C'est fait», a-t-il dit en évoquant sa déclaration de la veille.

Sans nier son intérêt, il a ajouté qu'il n'était pas responsable des interprétations qu'on donne à ses propos. Il est «inquiet», a-t-on indiqué au Soleil, jeudi soir. Il analyserait que la journée d'hier n'a pas été bonne.

Une trentaine de députés péquistes seraient derrière Pauline Marois, selon un décompte interne. Douze élus pourraient se déclarer en faveur de Gilles Duceppe si un vrai mouvement se dessinait, d'après cette même évaluation. Attention : ce dernier groupe pourrait toutefois croître rapidement si l'ancien bloquiste parvenait à s'emparer du Parti québécois, juge-t-on.

Un député comme Stéphane Bergeron paraît pouvoir s'accommoder d'une éventuelle arrivée de Gilles Duceppe. Hier, il a soufflé le chaud et le froid en parlant de Mme Marois. «Elle a la con­fiance des militants du Parti québécois, dont je suis. C'est à elle de déterminer si elle a la marge de manoeuvre requise pour continuer son travail.»

Des militants associés aux Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre de Marc Laviolette et Pierre Dubuc pourraient tenter le tout pour le tout au prochain conseil national du Parti québécois, qui se tiendra du 27 au 29 janvier dans la métropole.

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