Une autre défection pour le Parti québécois qui commence l'année d'un bien mauvais pied. Une troisième démission qui envoie un des siens dans le clan de l'ex-ministre péquiste François Legault, au sommet des sondages. Une septième au total depuis juin.
«Il est temps de remplacer ce gouvernement à genoux devant le fédéral, écrit le député transfuge pour expliquer son geste. Pour y arriver, je choisis le chef nationaliste le plus susceptible de battre le Parti libéral.»
Sans renier son parcours indépendantiste, M. Rebello constate que la «stratégie souverainiste n'a pas fonctionné». Il souhaite que les efforts soient mis à bâtir une économie solide d'entrepreneurs pour que le Québec devienne «moins dépendant».
«La majorité québécoise n'est pas prête, maintenant, à voter pour la souveraineté, soutient M. Rebello. [...] Je ne veux pas me contenter d'attendre le grand soir. Je choisis le meilleur premier ministre pour bâtir notre avenir, pour entreprendre un Québec vert.»
Un départ dans l'air
La défection de M. Rebello est une demi-surprise. Proche de M. Legault depuis belle lurette, son nom circule depuis des mois comme un candidat éventuel pour la CAQ. Chaque fois, il a assuré, notamment au Soleil, qu'il n'était pas question pour lui quitter la barque péquiste.
L'appel du député de La Prairie à la chef de cabinet de Pauline Marois est entré vers 16h, hier. Mme Marois, en vacances à l'extérieur jusqu'à la fin de la semaine, n'a pu commenter ce nouveau départ. L'annonce officielle aura lieu cet avant-midi, dans la circonscription du député.
«Pour moi, c'est incompréhensible, affirme l'attachée de Mme Marois, Marie Barrette. Ce gars-là n'a pas de parole. À la mi-décembre, lorsqu'il y a eu d'autres rumeurs le concernant, j'étais dans le bureau de la chef lorsqu'ils se sont parlé et il lui a assuré qu'il était derrière elle, qu'il croyait en elle et qu'il serait avec elle aux prochaines élections. Il a viré capot. C'est un opportuniste.»
Lors de la dernière semaine de travaux en Chambre, en décembre, le ministre Raymond Bachand, a nargué M. Rebello en avançant qu'il changerait bientôt de caucus. «Moi, j'ai des convictions», a rétorqué le député péquiste.
Au moment des bilans de fin de session, la chef Marois n'a pas été en mesure d'assurer que l'hémorragie au sein de son caucus était bel et bien endiguée. «Je crois que oui, mais on ne sait jamais, n'est-ce pas? a-t-elle lancé. Moi, je ne suis pas dans la tête de toutes les personnes qui réfléchissent.»
La chef du PQ devra faire face aux délégués péquistes des différentes régions à la fin du mois lors d'un conseil national sur la rénovation démocratique. Plusieurs présidents régionaux ou d'associations de circonscription ont déjà remis leur démission depuis la crise de l'amphithéâtre.
La présence de M. Rebello devrait porter à neuf le nombre de députés caquistes en Chambre à la reprise des travaux, le 14 février.
Un total qui s'obtient en additionnant son nom à ceux des ex-péquistes Benoit Charette et Daniel Ratthé, des indépendants Éric Caire et Marc Picard, ainsi que des adéquistes Gérard Deltell, Sylvie Roy, François Bonnardel et Janvier Grondin.