Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil
(Rimouski) L'année 2011 aura été difficile pour les souverainistes de l'Est-du-Québec, qui ont vu disparaître deux circonscriptions provinciales (Matane et Kamouraska-Témiscouata) qu'ils représentent, en plus de subir la perte de deux députés au fédéral, le Bloc n'ayant plus qu'un seul élu de l'Est, Jean-François Fortin, à Ottawa.
Toutefois, les péquistes sont demeurés solidaires de leur chef, Pauline Marois. «Chez nous, il n'y a pas eu de démobilisation. On ne se chicane pas, on fait notre travail. Nos objectifs de financement ont été atteints. Nous avons été les victimes collatérales d'événements vécus sur la colline parlementaire», souligne Carole Boucher, présidente régionale des péquistes du Bas-Saint-Laurent.
À l'Assemblée nationale, les huit circonscriptions électorales dans l'Est-du-Québec se partagent également entre les péquistes (Kamouraska-Témiscouata, Rimouski, Matane, Matapédia) et les libéraux (Rivière-du-Loup, Bonaventure, Gaspé, Îles-de-la-Madeleine). Huit circonscriptions qui ne seront plus que six après la réforme de la carte électorale, soit le quart des circonscriptions. Contrairement à Kamouraska-Témiscouata, Bonaventure a échappé aux péquistes lors des élections complémentaires.
Carte électorale
«Le problème demeure entier tant que les intrants qui déterminent la confection d'une nouvelle carte électorale ne seront pas revus en fonction du principe de l'occupation dynamique du territoire. Nous allons demander aux candidats lors des prochaines élections provinciales de se prononcer...», a commenté Michel Lagacé, président de la Conférence régionale des élus (CRE) du Bas-Saint-Laurent.
Suzanne Tremblay a représenté de 1993 à 2004 à la Chambre des communes la circonscription fédérale aujourd'hui connue comme étant celle de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques.
«Je ne sais pas si la perte de comtés aura un effet démobilisateur à moyen terme [...]. Les Québécois avaient la religion puis le nationalisme pour se rallier. Ce qui préoccupe les jeunes instruits proches du monde des affaires avec de bons salaires, c'est l'argent, aujourd'hui. François Legault va frapper plus dans les centres urbains, chez les riches, et il n'a jamais été fort pour les régions comme la nôtre. Je ne pense pas que Pauline Marois va se planter. Si elle le sentait, elle se retirerait pour sauver le parti. Il y a enfin un chef qui résiste à cette maladie abusive de certains députés - parce que ça vient toujours de certains députés - qui ont des ego trop gros et la trouille de perdre leurs comtés. Leur départ est une bonne chose qui assainit le parti.»