Tony Tomassi: un parcours cahoteux

Même si Tony Tomassi a été inculpé, mardi,... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Même si Tony Tomassi a été inculpé, mardi, de fraude envers le gouvernement et d'abus de confiance, tous ne sont pas prêts à enterrer sa carrière politique.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Un collègue en parle comme d'un député «sans histoire». Pourtant, en 16 mois au cabinet, Tony Tomassi a présidé à presque autant de controverses que tous les autres ministres confondus.

Campagne électorale 2008. Un changement force l'annulation d'un ralliement partisan qui devait accueillir Jean Charest. À quelques heures d'avis, l'événement est réorienté vers la circonscription de LaFontaine, fief du député Tomassi. Quand la caravane libérale s'est arrêtée, une salle pleine de familles italiennes enthousiastes attendait le chef. La journée est sauvée.

L'anecdote est révélatrice des aptitudes mobilisatrices de Tony Tomassi dans son giron.

«Tony, c'était un des nôtres», confie un député libéral. «Le gars qui ne posait pas de problème au caucus. Il était à son affaire. Il s'occupait de son comté, de ses militants, de ses dossiers. Un député sans histoire. Quand il y avait des activités partisanes, il était présent. [...] C'est un gars qui était apprécié. Même par les députés de l'opposition.»

Mercredi, le père de Tony Tomassi, Donato, a défendu son fils face aux journalistes qui le cherchaient à sa résidence. Il était aussi à l'activité libérale de LaFontaine, en 2008. M. Tomassi père manquait alors de mots pour dénoncer les péquistes. Donato Tomassi est depuis belle lurette un important collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Lorsqu'il a pris les rênes de LaFontaine, en 2003, Tony Tomassi n'a pas fait que des heureux. Le député libéral en place, Jean-Claude Gobé, élu de 1985 à 2003 et aujourd'hui à l'Action démocratique du Québec, soutient que des dirigeants libéraux l'ont contraint à démissionner.

«Je sentais une pression», a déclaré M. Gobé, selon l'hebdo Rivière-des-Prairies. «Le père du jeune homme [Donato Tomassi] cherchait un comté pour son fils. [...] C'était très difficile. Ça m'a pris un certain nombre d'années à ressortir de ça et à me regarder dans la glace.»

Expérience

Né en janvier 1971, Tony Tomassi est marié et père de cinq enfants. Dès ses 18 ans, il s'implique avec les jeunes libéraux. Il ne termine pas ses études universitaires en science politique.

Sa première expérience en politique active est une candidature conservatrice fédérale en 1993 dans Saint-Léonard-Saint-Michel. Il a 22 ans. M. Tomassi est lessivé avec seulement 8,5 % des voix par le libéral Alfonso Gagliano.

Avant d'être élu sous la bannière libérale aux côtés de Jean Charest en 2003, Tony Tomassi a assuré pendant six ans la direction générale de l'entreprise en construction de son père, GENCO.

Tracasseries au cabinet

Après quelques années tranquilles au sein de l'arrière-ban, M. Tomassi fait son entrée au cabinet à titre de ministre de la Famille fin 2008. Les tracasseries de M. Tomassi - que nous regrouperons en deux grandes catégories - s'étalent sur 16 mois.

Les problèmes à la Famille, d'abord. L'ex-ministre a fait une volte-face spectaculaire sur la question des garderies à vocation religieuse. Mais cet épisode n'est rien en comparaison aux attaques sur l'octroi de places en garderie à des contributeurs libéraux - parfois malgré une évaluation négative du Ministère -, une subvention à un ami personnel ou les allégations sur un «marché noir» de permis de garderie.

On vous épargne les différentes déclinaisons du «scandale des garderies libérales», selon l'expression du Parti québécois (PQ). Et la réalisation de travaux sans permis par l'entreprise de son père, GENCO, dans un centre de la petite enfance. En réplique aux accusations de l'opposition, Tony Tomassi a taxé le PQ de «racisme».

Puis, les problèmes liés à la firme de sécurité BCIA et son propriétaire Luigi Coretti. La dénonciation à La Presse par certains cadres de l'entreprise, aujourd'hui en faillite, de financement illégal au PLQ n'a pu être corroborée par le Directeur général des élections. Des allégations ont aussi circulé quant à une intervention du cabinet de l'ex-ministre Jacques Dupuis en faveur de M. Coretti, un ami de M. Tomassi, pour l'obtention d'un permis de port d'arme temporaire.

Mercredi, M. Dupuis n'a pas voulu ajouter à ses explications de l'époque. Finalement, l'utilisation par M. Tomassi d'une carte de crédit de BCIA pour des factures d'essence, qui a mené à son exclusion du caucus libéral et au dépôt d'accusations criminelles à son endroit.

Malgré ses mésaventures, tous ne sont pas prêts à enterrer sa carrière politique. «Il est arrivé ce qui est arrivé», note le même collègue député du PLQ. «Il y a des accusations contre lui. On verra la suite des choses. On est dans un système de droit. Il n'est pas coupable tant qu'il n'est pas déclaré coupable.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer