«Il y en a une qui est frustrée, ce n'est pas un déchirement [du parti], a réagi mercredi M. Plamondon. Il y a une personne qui s'en va d'un bureau d'administration. C'est quelque chose d'anodin.» Selon lui, «le parti est plus uni que jamais».
Mercredi, Le Soleil a fait état de la lettre de démission de Lydia Gagnon, présidente de la Commission de la citoyenneté et membre du Bureau national du BQ. Elle a dénoncé l'emprise de membres de l'entourage de Gilles Duceppe sur les instances du parti et l'embauche de plusieurs d'entre eux à la permanence sans une analyse sérieuse des besoins en personnel.
Selon le chef intérimaire Plamondon, qui siège aussi au Bureau national - l'équivalent du conseil d'administration du BQ -, Mme Gagnon prônait une approche trop lourde pour la rapidité avec laquelle le parti doit se redresser.
«Pour elle, dit M. Plamondon, il fallait définir une politique, avec des critères... Elle est très perfectionniste. Nous, c'était pratico-pratique : on va nommer un directeur général, on lui demande de nous bâtir un plan, c'est parfait.»
La nécessité d'embaucher du personnel du cabinet de M. Duceppe réside dans la valeur de leur expérience et dans l'ampleur de la tâche à accomplir rapidement, dit le chef intérimaire. Les décisions ont été prises à la majorité par les membres du Bureau national, fait-il valoir.
«Le rôle d'un C. A. est de donner des mandats, souligne M. Plamondon. Pas de faire la job.»
Les personnes embauchées ont accepté une réduction de salaire de 30 % par rapport à ce qu'elles touchaient au cabinet de M. Duceppe, ajoute-t-il. Il refuse toutefois d'indiquer quels sont les sommes en cause. Les contrats ont cours jusqu'au 31 décembre, à la suite de quoi le nouveau chef du Bloc pourra décider à sa guise de ceux qui formeront son équipe, explique le chef intérimaire.
«Elle n'a pas tort du tout»
De son côté, l'ex-député bloquiste de Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord, Michel Guimond, partage l'analyse de Mme Gagnon, dont il vante les mérites. «Elle n'a pas tort du tout, dit-il. Je suis d'accord avec sa lecture.»
Il juge qu'il est précipité de procéder à des embauches alors qu'un «post mortem» adéquat de la «raclée» reste à faire.
«Avant de penser à une course à la chefferie et de rajouter du monde un peu partout, on devrait analyser ce qui s'est passé le 2 mai, affirme M. Guimond. [...] Il faudrait voir quels sont les besoins à la permanence. Non seulement on ne s'est pas donné un régime minceur, on a ajouté des ressources.»
Un autre ex-député bloquiste de la région, Pascal-Pierre Paillé, croit que le prochain chef devra insuffler un vent de renouveau au sein du personnel de la permanence. Il partage lui aussi l'analyse de Lydia Gagnon.
«Il y a clairement des choses qui devront être réglées lors du prochain congrès, dit M. Paillé, ex-député de Louis-Hébert. Sans dire qu'il faut un ménage, le nouveau chef devra avoir une équipe renouvelée qui permettra de faire les choses différemment.»