Le bureau de Charest influence un sondage

(Québec) Le bureau de Jean Charest a démontré, hier, qu'il cherche à influencer à son avantage les sondages en ligne qui portent sur des politiques gouvernementales.

Une employée des communications au bureau du premier ministre a envoyé un courriel intitulé «Faire suivre : Question Cyberpresse» à une liste confidentielle de destinataires. L'envoi est marqué «important». La missive fait référence à un sondage en ligne qui pose une question aux internautes. Le coup de sonde demande s'ils ont confiance en la capacité du ministre de la Santé, Yves Bolduc, à réduire les délais d'attente dans les urgences. Dans son courriel, l'employée du bureau de M. Charest s'inquiète de la tendance prise par les réponses : «Allez répondre svp, le non domine... Merci!»

Rien de cela n'aurait été rendu public si ladite liste n'avait pas compris les adresses de deux journalistes, l'un de La Presse, l'autre de TVA.

Interrogé en avant-midi, le premier ministre Charest a assuré n'avoir «aucune idée» de ce dont il était question. Plus tard, son attaché de presse, Hugo D'Amour, a qualifié le geste «d'initiative personnelle» de l'employée. Il affirme n'y voir rien de mal.

«On incite toujours la population à participer aux échanges d'idées, à voter aux élections, à s'impliquer dans la vie publique, plaide-t-il. On n'estime pas qu'il y ait quoi que ce soit de répréhensible là-dedans.»

Pratique «indéfendable»

Mais pour l'opposition officielle, il s'agit d'une pratique «indéfendable». Selon la péquiste Agnès Maltais, le premier ministre cherche à «masquer la réalité» et à faire oublier sa promesse de 2003 de réduire l'attente dans les urgences. «Ça ne devrait pas se faire, dit Mme Maltais. Ça ne sert à rien. Et de ce que je comprends, ce n'est pas la première fois que cela se produit. Il semble y avoir une stratégie organisée derrière ça.»

Il est de commune renommée que les partis politiques tentent souvent de noyauter les tribunes téléphoniques ou les sondages d'opinion pour faire valoir leur point de vue. En 2004, le Parti québécois a reconnu avoir utilisé à quelques reprises le logiciel de vote automatique MouseClick pour fausser les résultats d'une question de Cyberpresse. Mais il n'est pas fréquent de voir un appel du genre qui émane du bureau du premier ministre.

«Si le gouvernement du Québec mettait autant d'efforts à régler les problèmes en santé qu'à essayer de contrôler les sondages, peut-être que ça irait mieux», a commenté l'attaché de presse du chef adéquiste Gérard Deltell.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, abonde dans le même sens. Il note au passage le peu de fiabilité qu'il accorde aux sondages en ligne de ce type. «Au lieu de traficoter les sondages, le gouvernement devrait plutôt régler le problème des urgences», a dit M. Khadir.

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