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Changement de cap sur les gaz de schiste: un «écran de fumée», juge le Parti québécois

Le porte-parole du PQ en environnement, Scott McKay.... (Photo: Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Le porte-parole du PQ en environnement, Scott McKay.

Photo: Martin Chamberland, Archives La Presse

Le Soleil

(Québec) L'apparent changement de cap du gouvernement libéral sur les gaz de schiste vise à détourner l'attention des contrecoups de la commission Bastarache, croit le Parti québécois (PQ).

Sceptique, le porte-parole du PQ en matière de mines, Scott McKay, préfère attendre que le gouvernement passe de la parole aux gestes avant de se réjouir.

«Dans les faits, les forages d'exploration continuent et il n'y a pas encore d'encadrement, dit-il. Tout cela doit cesser.»

Si l'industrie a perdu le contrôle de la situation, comme l'affirme le ministre, il doit agir dès maintenant, croit M. McKay. Pas attendre le dépôt du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) le 28 février. Le PQ souhaite un moratoire jusqu'à l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi encadrant adéquatement les pratiques de l'industrie.

Le gouvernement a foncé «tête baissée» en prenant position pour l'industrie du gaz de schiste. La sortie du ministre Pierre Arcand est «clairement un désaveu» pour sa collègue des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, qui a fermé la porte à un moratoire, dit M. McKay. Elle affirmait encore la semaine dernière qu'une «vache émet plus de CO2 dans l'atmosphère qu'un puits».

Diversion sur Bastarache

Mais, pour le député péquiste, il demeure qu'il s'agit d'une tactique de diversion pour tourner la page sur les retombées de la commission Bastarache. «Le gouvernement Charest est comme un chien qui jappe devant l'industrie, mais qui ne mord pas», illustre le député péquiste.

À l'Action démocratique du Québec, on préfère attendre le dépôt du rapport du BAPE avant de réagir.

Du côté de Québec solidaire, Françoise David constate un «changement important» dans le discours libéral qui n'exclut plus de moratoire. La sortie du ministre «tombe bien» dans l'actualité pour les libéraux, mais l'accumulation de mauvaises nouvelles dans ce dossier a probablement aussi joué, croit-elle.

«Le gouvernement et l'industrie ont cru qu'ils pourraient agir dans la clandestinité et creuser des puits sans que les gens s'en aperçoivent, résume-t-elle. C'est raté. Les citoyens et les médias ont été très éveillés.»

Le parti réclame un débat plus large sur l'ensemble de la politique énergétique du Québec. Il n'est pas totalement fermé à l'exploitation des gaz de schiste, mais seulement «dans plusieurs années, si on observe ailleurs que ça peut bien se faire et seulement à certaines conditions... On n'a pas fermé la porte à 100 %», dit Mme David.

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