Ces amendes font suite aux révélations du Soleil faites en avril par un ancien organisateur de Marc Bellemare, Pierre Bibeau. Celui-ci avait alors reconnu avoir servi de prête-nom pour le parti.
Au terme de six mois d'enquête, le DGE a envoyé quatre constats d'infraction à Placement Charles Lacroix, qui possède les restaurants Boston Pizza de Québec, au bureau d'architectes Bélanger Beauchemin Morency Groupe A, au promoteur immobilier Habitat Multi-Ressources ainsi qu'à une firme de Beauce, les Investissements Rock Cloutier. Le DGE les accuse d'avoir «versé une contribution au Parti Vision Québec» «alors qu'elles n'avaient pas la qualité d'électeur». La Loi sur les élections et référendums dans les municipalités interdit en effet aux entreprises de financer les campagnes électorales.
Le notaire Kent Lachance est également visé par quatre autres constats d'infraction, une amende totalisant 2552 $. Celui-ci est accusé d'avoir «aidé» les entreprises à financer Vision Québec alors qu'il leur était interdit de le faire. Joint par Le Soleil, l'homme a dit vouloir contester les constats, estimant avoir été lié à cette histoire seulement pour une «question technique».
Débâcle électorale
Les faits reprochés remontent au 21 novembre 2005, soit deux semaines après la débâcle électorale de Marc Bellemare. L'avocat avait récolté seulement 10 % des voix dans le scrutin remporté par Andrée P. Boucher. N'ayant pas atteint le cap des 15 %, son parti n'avait pas eu droit au remboursement de la moitié de ses dépenses électorales, le plongeant dans une délicate situation financière.
Joint par Le Soleil, Marc Bellemare a refusé de commenter la nouvelle, ne se sentant pas concerné par les difficultés de son défunt parti.
«Je n'ai pas reçu de constat d'infraction, ça fait deux ans que le parti s'est sabordé, si le DGE veut s'amuser à faire des enquêtes là-dessus, ils vous répondront», s'est-il contenté de dire, spécifiant ne pas avoir été rencontré dans le cadre de cette enquête.
Mis à l'amende, le président d'Habitat Multi-Ressources, Michel Létourneau, se défend d'avoir financé illégalement Vision Québec en se servant de sa compagnie.
«Je n'ai pas financé rien. J'ai simplement aidé un ami à obtenir une marge de crédit. Ils sont comiques eux autres.» Il dit avoir cautionné un prêt, sans plus.
«L'intention de tout le monde, c'était d'être capable de donner des garanties au prêteur, pas autre chose.» Et d'ajouter que «pour moi, c'est une tempête dans un verre d'eau, c'est de la procédurite bureaucratique comme j'en ai rarement vu. On nous porte des intentions qu'on n'a pas».
Le nom de Michel Létourneau apparaît dans le rapport d'élections de Vision Québec. Selon le document, celui-ci aurait prêté 10 030 $. Son nom ainsi que celui de sa conjointe apparaissent dans la liste des donateurs, pour un don total de 1000 $.
Chez Groupe A, Patrice Beauchemin a refusé de commenter le constat d'infraction envoyé la veille à son entreprise par le DGE. «Je ne sais pas ce que je vais faire avec ça», a-t-il simplement dit. L'homme figure dans le rapport de Vision Québec avec un prêt de 10 030 $ ainsi qu'un don de 1000 $.
Le restaurateur Charles Lacroix n'a pu être joint, parti en vacances à l'extérieur. À noter, son nom apparaît également dans les livres de Vision Québec, avec un prêt de 10 030 $ et un don de 1000 $.
Il a également été impossible de s'entretenir avec Rock Cloutier, lui aussi visé par le DGE. Son nom ne figure pas parmi les prêteurs ou donateurs de Vision Québec. L'homme ne pouvait contribuer, étant un résidant de Saint-Joseph de Beauce.
Avec Simon Boivin