Réunis en congrès annuel, quelques centaines de jeunes membres de la commission-jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) ont adopté samedi une série de résolutions en ce sens.
Ils prônent donc, par exemple, de discipliner la période de questions et réponses orales, en forçant l'opposition à déposer ses quesitons au moins 12 heures à l'avance.
Ils voudraient aussi donner plus de mordant au président de l'Assemblée nationale, qui pourrait imposer des sanctions aux ministres qui ne répondent pas aux questions de façon satisfaisante.
Du plus, pour asseoir son autorité et son impartialité, le président devrait, selon eux, être élu par scrutin secret par les députés, aux deux tiers des voix.
Non aux transfuges
Les jeunes libéraux n'apprécient guère, par ailleurs, les députés transfuges. Ceux qui veulent changer d'allégeance en cours de mandat devraient siéger comme indépendants, avant de se faire élire sous une nouvelle bannière.
La rémunération des élus, incluant les allocations de transition, devrait aussi, à leur avis, être confiée à un comité indépendant du gouvernement.
Dans cette salle surchauffée d'un collège de Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, le climat général du débat était aux consensus, samedi, pas aux déchirements.
Les jeunes libéraux croient s'être mis au diapason de la population, en ayant choisi cette année comme thème de leur congrès de proposer une série de moyens pour contrer le cynisme ambiant envers les élus.
Le plus récent sondage internet Angus-Reid, publié samedi, est venu apporter de l'eau à leur moulin.
La majorité des électeurs du Québec estiment que le premier ministre Jean Charest et la chef péquiste Pauline Marois devraient quitter la barre de leur parti respectif, selon ce plus récent coup de sonde.
D'entrée de jeu, samedi matin, le président de la commission-jeunesse, Julien Gagnon, a indiqué que le sondage était un indice que les jeunes libéraux avaient misé juste, en choisissant leur thème.
La solution passe par une réforme en profondeur des institutions, a-t-il fait valoir, incluant le déroulement de la période de questions à l'Assemblée nationale et les pouvoirs dévolus au président.
«Quand on observe ce niveau-là de cynisme et la proportion de gens indécis, ou qui croient que les politiciens c'est toute la même chose, c'est une excellente idée de commencer à parler de comment on peut rétablir la confiance des gens à l'égard du système démocratique», a-t-il soutenu.
Si des élections avaient lieu demain et qu'une chaise se présentait, c'est la chaise qui l'emporterait, a ajouté M. Gagnon en point de presse, pour illustrer à quel point les électeurs étaient rendus désabusés.
«C'est dramatique pour une démocratie comme la nôtre», selon lui.
Le blâme aux péquistes
De son côté, le ministre des Transports, Sam Hamad, a fait porter le blâme à l'opposition officielle. Car pour améliorer le climat à l'Assemblée nationale, il faut d'abord que l'opposition péquiste collabore, a-t-il dit.
«S'il y a du cynisme, c'est parce que le climat à l'Assemblée nationale est comme on le connaît. Il y a un responsable qui est assis en face et c'est le Parti québécois», selon M. Hamad.
Comme il le fait chaque année, le premier ministre Charest a assisté aux ateliers des jeunes libéraux, mais a refusé de s'adresser aux journalistes, sauf pour dire qu'il avait eu «un été merveilleux» et qu'il était «en grande forme».
Il prononcera un discours dimanche, avant de clôturer les travaux.
Au chapitre des intentions de vote, le sondage Angus-Reid indique que le PQ conserve une large avance sur le PLQ, soit 39% contre 31%. L'Action démocratique suit, à 12%, puis Québec Solidaire et le Parti vert, à 8%.
Le sondage, mené du 10 au 12 août, indique que plus du quart des 804 personnes sondées ne savent pas pour qui elles voteraient. Sa marge d'erreur est de 3,4%.