Cette nomination ne modifie aucunement les priorités du gouvernement Charest pour la région, a-t-il indiqué mercredi, peu après la cérémonie d'assermentation. Mais M. Hamad affirme néanmoins que ses nouvelles responsabilités représentent «un avantage» pour la région de Québec «parce que le transport est un élément fondamental en termes de qualité de vie».
«Je suis content et très fier, c'est une très belle responsabilité qui aura un impact important aussi pour la région de Québec parce qu'on a plein de dossiers qui touchent la région», a-t-il dit, en rappelant que le train à grande vitesse (TGV) et le pont de Québec relèvent du ministère des Transports.
Le ministre Hamad s'est toutefois bien gardé d'évoquer le tramway. Rappelons qu'à la mi-juin, le maire Régis Labeaume a présenté en grande pompe son plan de mobilité durable qui prévoit la mise en place de 29 kilomètres de tramway, un projet de 1,5 milliard $ qui serait financé par les gouvernements fédéral et provincial.
Mais ce scénario avait été accueilli froidement par le ministre Hamad, qui avait alors affirmé que le tramway n'a «jamais été une priorité» pour la région, préférant miser sur le TGV.
Interrogé à ce sujet hier, le nouveau ministre des Transports s'est montré peu bavard. «Le tramway, on va en parler avec le maire, on va regarder ça. Il y a plein de bonnes idées dans la région de Québec», a-t-il lancé. M. Hamad a par ailleurs refusé d'identifier une priorité pour la région.
Le député de Louis-Hébert a aussi réitéré son engagement envers le projet d'amphithéâtre multifonctionnel, que son gouvernement s'est engagé à financer à la hauteur de 50 millions $ au cours de la dernière campagne électorale. «On a toujours été fier de ce projet-là, le gouvernement Charest appuie toujours le projet. On l'a promis au cours de la dernière élection et il n'y a pas de changement. On va travailler étape par étape», a-t-il déclaré.
Les conclusions du rapport de la firme Ernst & Young concernant le modèle d'affaires à développer pour le nouveau colisée devraient être dévoilées sous peu, a-t-il dit.
M. Hamad, qui était vice-président de la firme de génie Roche avant de se faire élire en 2003, se retrouve maintenant à la tête du ministère qui représente le plus gros «donneur d'ouvrage» à l'échelle du gouvernement. Mais le député de Louis-Hébert ne croit pas que son passé d'ingénieur puisse être mal perçu par la population, même si les liens entre les firmes de génie-conseil et les partis politiques ont défrayé la manchette au cours des derniers mois.
«Les citoyens attendent de leurs élus qu'ils respectent un code d'éthique, c'est ce que j'ai fait et ce que je vais continuer de faire, a-t-il affirmé, mercredi. Ça fait huit ans que j'ai quitté ce milieu, je vais continuer de travailler en toute transparence.»
Labeaume se réjouit
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenu à réagir hier à la nomination de Sam Hamad comme ministre des Transports. Il s'agit d'une «excellente nouvelle», selon son attaché de presse, Paul-Christian Nolin. «On se réjouit, particulièrement avec le plan de mobilité durable que le maire a mis de l'avant en juin. Il y aura une consultation publique en septembre, alors ce sera un sujet d'actualité cet automne. Comme le ministre est déjà très au parfum du dossier, ça va probablement faciliter énormément les choses», a-t-il déclaré hier. Si le projet de tramway obtient l'appui de la population, le maire Labeaume aura des «arguments supplémentaires» à présenter au ministre Hamad. Après tout, même Régis Labeaume était au départ opposé à l'idée d'un tramway à Québec, a rappelé M. Nolin.