Éric Duhaime: travailler à travers les bombes et les points de contrôle

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Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) En travaillant dans un pays en guerre, c'est une réalité toute différente qu'Éric Duhaime a découverte en Irak alors qu'il devait faire son boulot en composant avec les multiples points de contrôle, les bombes et les missiles.

«Les points de contrôle sont essentiels pour assurer la sécurité dans un pays comme l'Irak, mais on peut facilement y perdre une demi-journée. Il y en a six seulement entre l'arrivée à l'aéroport et le moment où on monte dans l'avion. Le parlement était à deux ou trois kilomètres de l'endroit où je résidais, mais ça prenait deux heures pour s'y rendre!», raconte le consultant politique.

«Je dirais que 80 % de notre travail est entravé par les mesures de sécurité. Tout prend plus de temps. Il faut étaler son travail sur une plus longue période que si on n'était pas en zone de guerre», poursuit-il.

Les déplacements sont aussi beaucoup plus compliqués. «On circulait toujours dans des voitures non identifiées à l'intérieur d'un convoi quand on allait d'un point à un autre. Et quand je voulais faire mon jogging dans la zone verte, deux gardes devaient courir avec moi et une Jeep équipée d'un fusil mitrailleur nous suivait en permanence», rappelle-t-il.

Le fait qu'une femme qui occupait le même poste qu'Éric Duhaime soit décédée dans un attentat en 2007 a contribué au resserrement de la sécurité autour des consultants en développement démocratique.

«Quand elle était sortie du siège d'un parti politique, des terroristes avaient mitraillé l'auto où elle prenait place en plus de lancer une grenade en dessous. Le chauffeur et trois gardiens de sécurité sont aussi décédés dans cet attentat»,

raconte-t-il.

Apprendre à tirer

Pour cette raison, dès son arrivée en Irak, Éric Duhaime a reçu une formation sur la façon de se protéger si sa voiture était attaquée. Il a aussi appris les rudiments du tir à la mitraillette et au pistolet. «Ils nous enseignent ça au cas où tous les gardes seraient tués et que nous serions les derniers survivants», indique-t-il.

Il devait également savoir en tout temps où se trouvait l'abri pour pouvoir s'y rendre en moins de 15 secondes dès que l'alarme se faisait entendre.

«Quand il y a une explosion, l'alarme se déclenche en ville, on met nos gilets pare-balles et des gardiens nous escortent vers les abris. J'ai dû m'y rendre une dizaine de fois lors de ma dernière semaine là-bas. Il fallait presque dormir tout habillé! C'était un peu extrême comme situation, je peux dire que j'ai eu ma dose d'aventure.»

Malgré tout, Éric Duhaime dit n'avoir eu vraiment peur qu'une seule fois durant son séjour en sol irakien. «Il y a eu une nuit où ça a explosé très fort à Bagdad. L'alarme s'est déclenchée, les murs ont tremblé et je me suis mis à courir vers l'abri. J'ai entendu un missile siffler au-dessus de ma tête et il a explosé un peu plus loin.»

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