En conférence de presse à l'école Les Compagnons-de-Cartier, la co-porte-parole du parti a dit qu'il fallait «faire attention de ne pas brader nos acquis collectifs face à certains qui, on l'a vu depuis une semaine, aimeraient bien les démanteler». «Et là, a-t-elle poursuivi, je pense à la Caisse de dépôt, que certains voudraient bien voir scindée en plusieurs morceaux. Je pense à Hydro-Québec, que, depuis plusieurs mois, certains proposent de privatiser. Pour Québec solidaire, il n'en est pas question. (...) Et c'est la même chose pour le maintien d'un système de santé public.»
Emplois verts
Réitérant une idée lancée par son parti durant la campagne électorale, la porte-parole solidaire a suggéré de prendre l'argent du Fonds des générations pour aider les travailleurs en difficulté durant la crise.
Selon elle, maintenant qu'il n'est plus tabou de parler de déficits budgétaires, il est nécessaire que le gouvernement investisse dans l'emploi et le développement durable. «Si on construit des logements sociaux, qu'on met en place un chantier énergétique, des chantiers de transport en commun, on crée de l'emploi vert, de l'emploi durable, de l'emploi socialement utile, a-t-elle illustré. Et parce qu'on crée de l'emploi, il y a aussi des gens qui sont capables de payer des impôts, des taxes et des impôts à l'État.»
Françoise David a également indiqué qu'au cours des prochains mois son parti allait se pencher sur les secteurs qui pourraient être nationalisés au Québec. Les résultats de cette réflexion devraient être dévoilés dans un congrès d'orientation en 2010.
«On a le droit, on a le devoir de se demander, au-delà de ce mot-là d'ailleurs (nationalisation), qu'est-ce qui, dans les richesses d'une société, doit appartenir au privé, qu'est-ce qui peut être coopératif et qu'est-ce qui peut appartenir à la société dans son entier», a-t-elle soutenu.
Khadir absent
Premier élu de Québec solidaire à l'Assemblée nationale, le député de Mercier Amir Khadir a été présent vendredi au début du conseil national du parti, mais a été absent tout le reste de la fin de semaine. Il se trouvait à Toronto, où il participait à une fête de la communauté iranienne tenue en son honneur et celle d'un député ontarien aussi d'origine iranienne.
À moins de deux semaines de la reprise des travaux parlementaires, Québec solidaire tenait en fin de semaine à Québec son premier conseil national depuis l'élection d'Amir Khadir en décembre.
Françoise David assure que l'absence de son co-porte-parole ne révélait aucune dissension au sein du parti. «Il n'y a aucun problème entre Québec solidaire et son député, rassurez-vous, a-t-elle dit. (...) C'est dommage, on aurait tous souhaité qu'il soit avec nous, y compris lui-même.»
Le conseil national de Québec solidaire réunissait environ 150 délégués réunis à Québec pour adopter les priorités du parti pour les prochaines années. La crise économique et écologique, la réforme du mode de scrutin, le maintien intégral des services publics et d'un système de santé gratuit feront partie de celles-ci, a indiqué Mme David.
QS refuse l'accès au Journal de Québec
Un journaliste et un photographe du Journal de Québec se sont vu refuser l'accès à la conférence de presse de Françoise David, hier, au conseil national de Québec solidaire. Pendant le lock-out au Journal de Montréal, le parti a adopté cette mesure parce que «les articles du Journal de Québec vont aller dans le Journal de Montréal» et qu'il ne peut pas «garantir l'étanchéité des salles» de rédaction des deux quotidiens de Quebecor, indique le porte-parole de Québec solidaire, François Boucher.