La Chine critique à la fois Pyongyang et Washington

Pékin «s'oppose à la violation, par la Corée... (AP, Mark Schiefelbein)

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Pékin «s'oppose à la violation, par la Corée du Nord, des résolutions du Conseil de sécurité (de l'ONU) et à son recours à la technologie de missiles balistiques pour des tirs», a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying (photo).

AP, Mark Schiefelbein

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Agence France-Presse
Pékin

La Chine a condamné vendredi le nouveau tir d'un missile nord-coréen qui a survolé le Japon, mais a estimé «irresponsables» les critiques américaines l'appelant à accentuer sa pression sur Pyongyang.

Pékin «s'oppose à la violation, par la Corée du Nord, des résolutions du Conseil de sécurité (de l'ONU) et à son recours à la technologie de missiles balistiques pour des tirs», a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, tout en estimant que «les parties en présence doivent faire preuve de retenue».

Quelques jours après l'adoption par le Conseil de sécurité d'une huitième série de sanctions pour tenter de convaincre le régime nord-coréen de renoncer à ses programmes balistique et nucléaire, Pyongyang a tiré vendredi matin un missile sur une distance, semble-t-il, inédite de 3700 km. L'engin a survolé le Japon avant de s'abîmer en mer.

La Corée du Nord justifie ses ambitions militaires par la nécessité de se protéger des États-Unis.

Pékin, qui a approuvé la dernière série de sanctions onusiennes, plaide en même temps pour la reprise de pourparlers de paix avec le régime nord-coréen. De leur côté, les États-Unis de Donald Trump ont affirmé que l'option militaire était «sur la table».

Les parties en présence doivent éviter «tout acte qui pourrait aggraver la situation sur la péninsule [coréenne] et dans la région», a plaidé Hua Chunying lors d'un point-presse.

Après le nouveau tir nord-coréen, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a appelé la Chine, principale alliée et soutien économique de Pyongyang, et la Russie, à faire directement pression «de leur propre chef» sur la Corée du Nord.

Mais Pékin a renvoyé Washington et Pyongyang dos à dos.

«Le coeur du problème, c'est l'opposition entre la Corée du Nord et les États-Unis [...] La Chine n'est pas à l'origine de l'escalade des tensions», a réagi Mme Hua.

«Critiquer injustement les autres et fuir ses responsabilités de quelque façon que ce soit est irresponsable et d'aucune aide pour la résolution du conflit», a martelé la porte-parole.

La Chine déclare appliquer avec fermeté toutes les sanctions décidées dans le cadre des Nations unies. Elle a notamment annoncé avoir suspendu ses importations de charbon, de fer, de plomb et de produits de la mer en provenance de Corée du Nord.

«Nous appliquerons strictement, complètement et sérieusement les résolutions» de l'ONU, a promis Mme Hua.

***

Un passant regarde la trajectoire du missile nord-coréen... (AFP, Kazuhiro NOGI) - image 2.0

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Un passant regarde la trajectoire du missile nord-coréen au-dessus du Japon sur un téléviseur dans une vitrine, vendredi, à Tokyo.

AFP, Kazuhiro NOGI

La course au nucléaire de la Corée du Nord en quelques dates clés

Pour la deuxième fois en moins d'un mois, la Corée du Nord a tiré vendredi un missile balistique au-dessus du  Japon, atteignant une distance inédite.

Rappel des étapes clés des programmes balistique et nucléaire nord-coréens :

  • Les débuts, à la fin des années 1970
Le Nord commence à travailler à la fin des années 1970 sur une version du missile soviétique Scud-B (portée de 300 km), avec un premier test en 1984.

Entre 1987 et 1992, Pyongyang développe des missiles à longue portée, dont le Taepodong-1 (2500 km) et le Taepodong-2 (6700 km).

En 1989, des photos satellite américaines dévoilent l'existence d'un centre nucléaire à Yongbyon, au nord de Pyongyang.

  • 1994 : accord avec Washington
En octobre 1994, accord bilatéral entre les États-Unis et la Corée du Nord, qui s'engage à démanteler son programme nucléaire militaire en échange de la construction de réacteurs civils. Cet accord intervient trois mois après le décès de Kim Il-Sung, remplacé par son fils, Kim Jong-Il.

Fin 2002, Washington accuse Pyongyang de conduire un programme secret d'uranium hautement enrichi. La Corée du Nord expulse les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) puis se retire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

  • 2006 : premier essai
En mars 2005, Pyongyang met fin au moratoire sur les missiles longue portée et le 9 octobre 2006, mène son premier essai nucléaire. Le Conseil de sécurité de l'ONU vote des sanctions économiques et commerciales, qui seront élargies et renforcées à plusieurs reprises.

En février 2007, Pyongyang accepte de démanteler son programme nucléaire et d'accueillir des inspecteurs de l'AIEA, en échange d'un million de tonnes de carburant et de son retrait de la liste des États qualifiés de terroristes par Washington.

2009 : nouvelle rupture, 2e essai 

En avril 2009, Pyongyang quitte les négociations à Six (les deux Corée, Chine, Russie, États-Unis, Japon) entamées en août 2003 puis réactive son programme nucléaire. Le 25 mai, deuxième essai nucléaire souterrain.

En décembre 2011, Kim Jong-Un succède à son père. Un troisième test nucléaire est mené en février 2013.

  • 2016 : ogive miniaturisée
Le 6 janvier, quatrième essai nucléaire souterrain. La Corée du Nord affirme avoir testé une bombe à hydrogène, ce qui est mis en doute par les spécialistes.

En août, pour la première fois, le Nord tire directement un missile balistique dans la zone économique maritime du Japon. Le 9 septembre, les autorités annoncent avoir réalisé leur cinquième essai nucléaire portant sur une ogive miniaturisée susceptible d'équiper un missile.

  • 2017 : une portée inédite
En juillet, le Nord tire deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) qui semblent mettre à sa portée une bonne partie du continent américain.

Le président américain Donald Trump menace d'envoyer «le feu et la colère» sur le Nord, Pyongyang riposte le 29 août en tirant un missile balistique au-dessus du Japon.

Le 3 septembre, sixième essai nucléaire, de loin le plus puissant et qui concerne selon les autorités nord-coréennes une bombe H suffisamment petite pour équiper un missile.

Le 15 septembre, moins d'une semaine après l'adoption par l'ONU d'une huitième série de sanctions, Pyongyang tire un missile balistique au dessus du Japon, sur une distance de 3700 km, selon Séoul.




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