Le prof qui enseigne en gilet pare-balles

Le professeur Willmott, de l'Université du Kansas, a... (AFP, Savanna Smith)

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Le professeur Willmott, de l'Université du Kansas, a l'intention de porter son gilet pare-balles durant toute l'année.

AFP, Savanna Smith

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Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

À la rentrée universitaire, Kevin Willmott a fait sensation devant ses étudiants au Kansas : ce professeur de cinématographie est arrivé vêtu d'un gilet pare-balles pour protester contre le nouveau règlement permettant de venir en cours armé.

«Je me suis dit qu'endosser ce gilet les mettrait mal à l'aise, comme je le suis face à la possibilité qu'ils portent une arme», explique l'enseignant américain de 59 ans.

«Quand j'ai débarqué le premier jour, le silence est tombé sur ma classe, ils étaient vraiment surpris», relate-t-il.

«Je leur ai dit : "eh bien essayez d'oublier que je porte un gilet pare-balles, et moi j'essaierai d'oublier que peut-être l'un de vous porte un calibre 44 Magnum"».

Cela fait donc deux semaines que Kevin Willmott enseigne sa matière avec son imposant plastron de protection, un équipement de policier ou militaire.

«C'est lourd, c'est un fardeau, mais j'ai décidé de le porter un an en guise de contestation», assure-t-il.

Comme les autres professeurs de l'Université du Kansas, Kevin a dû à la rentrée exposer à ses élèves les nouvelles règles en vigueur sur le campus, conformément à une loi adoptée en 2013 par l'État, mais mise en application depuis cet été seulement.

Étudiants et membres du corps enseignant ont désormais le droit d'apporter leur arme en cours, tant que celle-ci reste dissimulée sous un vêtement, dans un sac ou un cartable, ou encore dans la boîte à gants d'une voiture.

Une mesure «stupide», assène Kevin, qui s'est empressé de rajouter un paragraphe aux recommandations obligatoires : il a autorisé ses étudiants à porter comme lui un gilet pare-balles, s'ils le désirent bien sûr.

Le port d'arme autorisé sur le campus trouve sa justification dans l'idée ultra controversée que, pour lutter contre les fusillades qui endeuillent régulièrement les universités américaines, il faut permettre au public d'y venir armé.

Ce débat, qui ne se pose nulle part ailleurs dans le monde, a suscité des réponses radicalement différentes suivant les États américains.

Une quinzaine d'entre eux ont déclaré que les universités étaient des «sanctuaires» où aucune arme à feu ne saurait être tolérée. Une autre grosse vingtaine laissent les établissements d'éducation supérieure décider au cas par cas.

Enfin, dix États permettent les armes sur les campus : l'Arkansas, le Colorado, l'Idaho, le Kansas, le Mississippi, l'Oregon, le Tennessee, le Texas, l'Utah et le Wisconsin.

Au pays de Colt et de Smith & Wesson, le tout-puissant lobby des armes, la National Rifle Association, martèle que «le seul moyen de stopper un salaud avec une arme est un type bien avec une arme». Une parole d'évangile pour des millions d'habitants.

L'argument Reagan

Kevin Willmott balaie, lui, cet argument usé jusqu'à la corde d'une référence historique, la tentative d'assassinat de Ronald Reagan en 1981 : «Le président Reagan était entouré des meilleurs types bien avec une arme, ceux du Secret Service, avec des pistolets-mitrailleurs Uzi, vraisemblablement les mieux entraînés dans le monde à la protection rapprochée, et pourtant le plus inexpérimenté des gars avec une arme est parvenu à atteindre [le président] et l'a presque tué».




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