Irma ravage les Antilles

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Jusqu'à 95 % de l'île de Saint-Martin pourrait avoir été détruite par le passage d'Irma.

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Cécile Azzaro, Laurent Czerniewski, Gemma Handy
Agence France-Presse
MARIGOT

Mer déchaînée, toits arrachés, bateaux projetés sur les routes : l'ouragan Irma a «totalement dévasté» l'île de Barbuda, ravagé les îles française de Saint-Barthélemy et franco-néerlandaise de Saint-Martin, faisant au moins six morts à Saint-Martin côté français, et jeudi matin il frôlait Porto Rico.

Concernant les six morts à Saint-Martin, le préfet de la Guadeloupe, un département d'Outre-mer français voisin, a averti mercredi soir que le bilan n'était «pas définitif, loin de là», en «estimant peut-être à 60 %, 70 % les habitations détruites» sur cette île.

Plus pessimiste, Daniel Gibbs, président du conseil territorial français de Saint-Martin, a estimé que «95 % de l'île est détruite». «Si on a un autre cyclone qui nous tombe dessus samedi, [...] ce n'est pas le nombre de morts qu'on va compter, c'est les vivants", a-t-il ajouté.

Le président français Emmanuel Macron a prévenu qu'il fallait s'attendre à «un bilan dur et cruel». La situation est d'autant plus dramatique sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy qu'environ 7000 personnes avaient refusé de se mettre «à l'abri» selon la ministre française des Outre-mer, Annick Girardin.

«Pas de pillage organisé»

L'ouragan Irma a fait six morts sur l'île française de... (AFP, RCI Guadeloupe / Rinsy Xieng) - image 2.0

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L'ouragan Irma a fait six morts sur l'île française de Saint-Martin. Et le bilan est loin d'être complet.

AFP, RCI Guadeloupe / Rinsy Xieng

Sur les réseaux sociaux, des photos et vidéos dévoilent l'ampleur des dégâts sur les deux îles, où l'électricité et les télécommunications sont coupées : bateaux transformés en petits bois dans un port, arbres étêtés par des rafales de vent, toitures envolées, voitures immergées dans les rues.

Un journaliste de la radio RCI international, présent à Saint-Martin, a de son côté évoqué la présence de jeunes gens «en train de piller le centre-ville». «Dans certains magasins éventrés par les éléments, les gens sont allés voler, mais il n'y a pas de pillage organisé», a relativisé le préfet de la Guadeloupe.

«Les dégâts sont énormes, à tel point que nous n'arrivons pas encore à les mesurer», a commenté de son côté le ministre néerlandais de l'Intérieur Ronald Plasterk, au sujet de la partie néerlandaise de Saint-Martin.

Coupée du monde pendant de longues heures par Irma, l'île de Barbuda a elle été «totalement dévastée» par les rafales, selon le premier ministre d'Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, même si pour l'instant un seul mort a été recensé.

L'île, qui compte environ 1600 habitants, «n'est plus qu'un tas de décombres», a-t-il insisté.

«Des fantômes chez moi»

Irma, ouragan de catégorie 5, a ensuite commencé à frôler la côte nord du territoire américain de Porto Rico, à partir de 23h GMT mercredi (19h, heure du Québec), se déplaçant à la vitesse de 26 km/h vers l'ouest et la République dominicaine. Le service météorologique de Porto Rico a mis en garde contre des «conditions très dangereuses sur toute l'île» et a étendu jusqu'à 3h15 GMT jeudi (23h15, heure du Québec mercredi) son alerte aux crues subites.

Plus de la moitié des trois millions d'habitants de Porto Rico sont déjà sans électricité et des rivières sont sorties de leur lit dans le centre et le nord de l'île.

«On aurait dit qu'il y avait des fantômes chez moi», a témoigné Blanca Santiago, employée dans un hôtel en face de la plage d'Isla Verde, dans la capitale San Juan, estimant qu'Irma est plus fort que Georges, qui avait tué sept personnes en 1998.

Selon le National hurricane center (NHC) américain, Irma devrait ensuite progresser vers Cuba, puis la Floride, qu'il devrait toucher en toute fin de semaine.

Le président américain Donald Trump, qui possède une villa à Saint-Martin, a placé les îles Vierges américaines, Porto Rico et la Floride en état d'alerte.

Dans les îles Vierges britanniques, bien décidé à ne pas quitter son île privée de Necker Island, le milliardaire Richard Branson a prévu de se réfugier dans sa cave à vin. «J'imagine qu'il y aura un peu moins de vin dans le cellier quand nous en ressortirons», a plaisanté le Britannique sur Twitter.

«Un ouragan historique»

Irma «est d'ores et déjà un ouragan historique» et «d'une intensité sans précédent sur l'Atlantique», selon Météo-France. Il est plus puissant qu'Harvey, qui a récemment frappé le Texas et la Louisiane, y faisant au moins 42 morts.

À Cuba, où Irma est attendu «dans les 48 à 72 heures» selon l'état-major de la Défense civile, l'état d'alerte a été déclaré dans les provinces orientales.

À Haïti, les habitants de Cap-Haïtien semblaient eux apprendre l'arrivée de l'ouragan au gré des conversations. «C'est grâce au bouche-à-oreille qu'on apprend toujours les choses. Aucune autorité n'est venue nous dire quoi que ce soit», enrageait Josué Rosse.

Le sud de la Floride, lui, se préparait déjà. Et l'évacuation des Keys, chapelet d'îles dans l'extrême sud de l'État, a été ordonnée.

À Miami, de longues files d'attente se sont formées devant les stations-services et les habitants se ruaient dans les supermarchés mercredi. Les autorités ont prévenu que les commerçants qui augmenteraient les prix pour profiter de la pénurie seraient poursuivis.

Après Harvey, après Irma, la zone pourrait ensuite subir Jose : cette tempête tropicale, qui devrait s'approcher de la catégorie 3 vendredi, a été reclassifiée en ouragan par le NHC, tout comme la tempête Katia.

«Katia pourrait toucher l'État de Veracruz vendredi soir», et impacter près d'un million de personnes, selon le gouvernement de cet État du Mexique.

***

Des travailleurs humanitaires se préparent au pire en Haïti

Une Canadienne qui effectue du travail humanitaire en Haïti se dit inquiète à l'approche de l'ouragan Irma qui risque, croit-elle, de frapper durement ce pays en difficulté qui peine à se relever du passage de l'ouragan Matthew il y a moins d'un an.

Laura Sewell, originaire d'Ottawa, est directrice adjointe nationale pour l'organisme CARE en Haïti. Elle affirme que le pays est le moins adapté de la région pour faire face aux conséquences d'un puissant ouragan de catégorie 5.

«Le niveau de pauvreté n'est même pas comparable, renchérit-elle. Les industries du tourisme et des exportations agricoles sont moins bien développées en Haïti, ce qui garde le pays dans une sorte de vulnérabilité chronique.»

Mme Sewell a été jointe mercredi depuis Port-au-Prince, où les organismes humanitaires se préparent au pire. Irma a déjà causé d'importantes inondations et détruit des bâtiments dans plusieurs îles des Caraïbes.

Selon les données du Centre national américain des ouragans, la vitesse des vents générés atteint les 295 km/h.

Le gouvernement haïtien a diffusé un avis à l'endroit des résidents de la côte nord de l'île, tard mercredi, pour les prévenir de s'abriter.

Le Programme alimentaire mondial confirme avoir envoyé sur place un convoi de nourriture de secours en cas de besoin. Irma devrait passer au nord d'Haïti ou tout près jeudi soir et vendredi matin.

CARE soutient avoir dépêché des équipes de travailleurs humanitaires dans au moins sept des dix provinces haïtiennes, en plus d'avoir entreposé du matériel d'urgence, dont des pastilles de purification de l'eau et des bâches qui pourraient servir d'abris d'urgence.

Oxfam Canada a aussi envoyé des équipes dans le nord d'Haïti, de même qu'en République dominicaine et à Cuba, pour évaluer rapidement les besoins humanitaires une fois que l'ouragan aura traversé la région.

Air Transat a indiqué avoir envoyé 10 avions en République dominicaine, le pays voisin d'Haïti sur l'île d'Hispaniola, pour rapatrier les voyageurs en prévision du passage d'Irma.

Triste souvenir de Matthew

Une grande partie des villes et villages du sud d'Haïti ont été endommagés ou détruits par l'ouragan Matthew qui a frappé l'île en octobre 2016. Plus de 500 personnes ont perdu la vie.

Haïti est l'un des pays les plus pauvres de l'Amérique, ce qui le rend encore plus vulnérable aux catastrophes naturelles que ses voisins mieux outillés pour faire face à un tel événement.

Le gouvernement manque notamment d'infrastructures de transport, ce qui rend l'évacuation de la population très difficile. D'autres États de la région ont construit des abris de ciment où les gens peuvent se réfugier en attendant le passage de catastrophes naturelles.

«Ici, nous n'avons pas ce genre de choses, témoigne Laura Sewell. Les gens sont évacués dans de petites écoles avec de minces toitures ou encore dans tout genre d'immeubles qui a l'air solide.»  Terry Pedwell, La Presse canadienne




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