Missile nord-coréen: condamné «fermement»

Nikki Haley, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations-Unies, s'est... (AFP, Kena Betancur)

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Nikki Haley, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations-Unies, s'est entretenue avec Amr Abdellatif Aboulatta, l'ambassadeur de l'Égypte, juste avant la réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU portant sur le tir de missile effectué par la Corée du Nord au-dessus du Japon.

AFP, Kena Betancur

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Agence France-Presse
New York

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné «fermement» mardi le tir par la Corée du Nord d'un missile balistique qui a survolé le Japon, dans une déclaration approuvée à l'unanimité par ses 15 membres après trois heures de réunion.

Il «demande à tous les États membres d'appliquer strictement et pleinement» les résolutions de l'ONU, dont celles imposant des sanctions économiques à la Corée du Nord, ajoute cette déclaration, lue dans la salle officielle du Conseil par son président en exercice, l'ambassadeur égyptien.

À l'issue de cette session convoquée en urgence à la demande des États-Unis et du Japon, l'ambassadeur japonais auprès des Nations unies a laissé entendre qu'une nouvelle résolution prévoyant des sanctions pourrait suivre cette déclaration.

«La prochaine étape commence maintenant. On ne peut en prédire l'issue, mais j'espère bien sûr une résolution forte après cette déclaration», a affirmé Koro Bessho.

Dans la matinée, le président américain Donald Trump avait assuré que «toutes les options étaient sur la table» des États-Unis. Mais son ton était resté très mesuré par comparaison avec «le feu et la colère» promis il y a un mois à Pyongyang.

La Corée du Nord, qui a admis avoir tiré un missile de moyenne portée au-dessus du Japon, a invoqué le droit à l'autodéfense face aux «intentions hostiles» affichées par les États-Unis qui participent actuellement à des manoeuvres militaires annuelles avec Séoul.

Unité 

Pour Washington, l'enjeu était de garder l'unité internationale avec Moscou et Pékin, premiers soutiens de Pyongyang. Début août, après un mois de discussions ardues, les États-Unis avaient réussi à convaincre la Chine et la Russie d'adopter de nouvelles sanctions économiques contre Pyongyang.

La simple adoption par le Conseil de sécurité d'une déclaration traduit toutefois la reconnaissance d'une absence d'options pour l'ONU afin de contraindre la Corée du Nord à négocier sur ses programmes d'armement.

Elle montre cependant «une claire volonté d'unité des membres du Conseil de réagir dès aujourd'hui» mardi, dans la foulée du tir nord-coréen, fait valoir un diplomate sous couvert d'anonymat.

La déclaration, écrite par les États-Unis et proposée à ses partenaires du Conseil de sécurité, évoque des «actions scandaleuses et des menaces contre un autre État membre de l'ONU» et réclame «leur arrêt immédiat». Par ces actions, la Corée du Nord «sape délibérément la paix et la stabilité régionales», souligne le texte.

Dans sa première réaction au tir du missile nord-coréen, la Chine, principal allié et partenaire commercial de la Corée du Nord, avait appelé toutes les parties à la retenue. Si la situation est à un «tournant», «les pressions et les sanctions» contre Pyongyang «ne peuvent fondamentalement résoudre le problème», avait affirmé Pékin.

La Russie s'était dite «extrêmement préoccupée», dénonçant une «tendance» à «l'escalade» des tensions. Des condamnations étaient également venues de France, du Royaume-Uni ou du patron de l'ONU, Antonio Guterres.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité réaffirme aussi son engagement à une solution pacifique, diplomatique et politique à la crise avec la Corée du Nord. Mais toute discussion est gelée depuis plusieurs années et aucune perspective de la relancer n'apparaît aujourd'hui.

Aux abris 

Mardi tôt, des millions d'habitants du nord du Japon, qui n'ont pas cédé à la panique, avaient reçu au réveil par texto un message d'alerte du gouvernement tandis que les sirènes retentissaient dans le nord du pays : «Tir de missile. Veuillez vous abriter» !

La dernière fois qu'un engin nord-coréen avait survolé le Japon remonte à 2009.

Le missile a été tiré de Sunan, près de Pyongyang, mardi à 5h57, heure locale, et a survolé le Japon. L'engin a parcouru 2700 kilomètres à une altitude maximum d'environ 550 km avant de s'abîmer dans le Pacifique.

Selon le Pentagone, il s'agissait d'un missile à portée intermédiaire qui n'a pas menacé les États-Unis.

Les dernières sanctions prises début août, que le Conseil de sécurité demande notamment d'appliquer «strictement», concernent les exportations nord-coréennes de charbon, de fer et le secteur de la pêche.

Elles ont pour objectif de priver la Corée du Nord d'un milliard de recettes annuelles et avaient été décidées en réponse à des tirs en juillet de deux missiles intercontinentaux nord-coréens - un «cadeau» aux «salauds d'Américains», selon le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.




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