Le pire à venir au Texas, 30 000 évacués attendus en refuges

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Alexendre Jorge évacue le petit Ethan Colman, 4 ans, dans un quartier inondé de Houston.

AP, Charlie Riedel

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Brendan Smialowski
Agence France-Presse
Houston

Le pire des inondations reste à venir au Texas, ont prévenu les autorités américaines lundi, alors que le déluge de la tempête Harvey continue de s'abattre sur la région et notamment sur la métropole de Houston transformée par endroits en lacs.

L'agence fédérale des situations d'urgence, Fema, a annoncé lundi s'attendre à devoir abriter 30 000 personnes dans des centres d'accueil temporaires.

Des milliers de secouristes sillonnaient la ville pour tenter d'exfiltrer les habitants les plus vulnérables, un travail de fourmi effectué avec de l'eau jusqu'à la taille ou par bateau.

Les précipitations ont déjà dépassé largement les 50 cm depuis jeudi dans la partie du Texas frappée directement par Harvey. Certaines villes en sont à plus de 70 cm. Et certaines zones pourraient encore recevoir 40 à 50 cm de précipitations cette semaine, selon le service météorologique national.

Le pic des inondations ne devrait donc être atteint que mercredi ou jeudi, a prévenu son directeur, Louis Uccellini, lors d'une conférence de presse à Washington.

«C'est un événement historique. Nous n'avons jamais rien vu de tel», a répété le chef de l'agence fédérale des situations d'urgence, Brock Long. «On n'aurait jamais pu imaginer de telles prévisions.»

L'ouragan Harvey a touché la côte texane dans la nuit de vendredi à samedi avec des vents violents de 215 km/h, et il a presque fait du surplace depuis. Il a depuis été rétrogradé en tempête tropicale. Ce sont désormais les pluies torrentielles, et non les vents, qui représentent la plus grande menace.

Les prévisions sont incertaines, mais Harvey devrait se déplacer lentement vers l'est, en suivant la côte, dans les cinq prochains jours, en direction de la Louisiane et de la Nouvelle-Orléans.

Le président Donald Trump a signé lundi une déclaration d'état d'urgence pour la Louisiane, ce qui autorise le gouvernement fédéral à coordonner les opérations de secours avec les autorités locales.

Pas assez de bateaux

Les images les plus dramatiques venaient lundi de Houston, métropole de 2,3 millions d'habitants, quatrième plus grande ville des États-Unis, complètement paralysée par des dizaines de centimètres d'eau. Il y pleuvra encore lundi et mardi, selon la météo.

Les routes sont inondées, les aéroports et au moins deux hôpitaux sont fermés.

Le shérif du comté de Fort Bend, Troy... (AP, Brett Coomer/Houston Chronicle) - image 2.0

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Le shérif du comté de Fort Bend, Troy Nehls, et Lucas Wu aident le petit Ethan Wu à monter à bord d'une embarcation.

AP, Brett Coomer/Houston Chronicle

Après avoir aidé le conducteur du camion à... (AP, Charlie Riedel) - image 2.1

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Après avoir aidé le conducteur du camion à sortir, un homme flotte sur une route inondée près de Houston.

AP, Charlie Riedel

«C'est dingue de voir les routes sur lesquelles on conduit tous les jours qui sont totalement sous l'eau», dit un habitant, John Travis.

Le maire de la ville n'a pas assez de bateaux légers pour secourir les habitants isolés, et le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a dit lundi qu'il allait fournir quelque 150 bateaux et 300 véhicules capables de rouler sur des routes inondées.

L'agence Fema, qui a quelque 5000 fonctionnaires déployés dans la région, s'attèle à fournir des générateurs électriques afin que des services essentiels tels que les centres d'appels 911 puissent continuer à opérer.

Et des forces de l'ordre supplémentaires ont été dépêchées pour assurer la sécurité, en plus des 3000 soldats de la Garde nationale.

C'est le pire ouragan à frapper les États-Unis depuis Katrina, qui avait provoqué une catastrophe humanitaire avec plus de 1800 morts en 2005.

Trump sur place mardi

Le bilan temporaire était de trois morts lundi.

Mais des zones entières sont encore inaccessibles ou submergées, et le gouverneur Abbott a estimé qu'il était trop tôt pour donner un bilan humain.

«C'est grave et ça va empirer», a-t-il averti sur Fox dimanche, soulignant que les dégâts atteindraient «des milliards de dollars».

Le maire de Houston, le démocrate Sylvester Turner, a quant à lui dû justifier sa décision de ne pas ordonner une évacuation préventive : «vous ne pouvez pas mettre 2,3 millions de personnes sur la route, c'est dangereux», a-t-il expliqué.

Mais le gouverneur Abbott, un républicain, a refusé toute polémique sur le sujet.

Donald Trump, qui vante depuis plusieurs jours la coordination entre autorités fédérales et locales, doit se rendre au Texas mardi.

***

Tous les moyens sont bons pour les secouristes

D'habitude, c'est pour s'amuser que Bryan Curtis sort sa motomarine. Mais dimanche, c'était pour aller secourir ceux bloqués par la brusque montée des eaux provoquée par la tempête Harvey au Texas.

Cet habitant de Conroe, juste au nord de Houston, participe aux côtés de nombreux autres civils aux opérations de secours.

«À dire vrai, en ce moment, je ne pense même pas à moi. C'est juste que les gens ont besoin d'aide», confie-t-il. «Je suis là pour les aider, je veux apporter ma pierre.»

Avec des services de secours totalement dépassés par l'ampleur du désastre à Houston - la plus grosse ville du Texas et la quatrième des États-Unis - les volontaires ont vite trouvé à s'employer.

Certains ont formé des chaînes humaines, d'autres ont vite mis en marche le moteur de leur bateau pour transporter en lieu sûr des personnes coincées par les flots.

Des rues entières de Houston se sont retrouvées transformées en canaux, rendant impossible la circulation automobile. Seuls d'énormes camions parvenaient encore à passer, remplis de personnes évacuées tout heureuses d'avoir pu y grimper.

«Nous passons au peigne fin les quartiers et lançons des appels avec des haut-parleurs pour attirer l'attention des gens et leur demander "hé, vous êtes prêts à évacuer"» explique un policier local, Alan Rosen, à la télévision locale KTRK TV.

Des résidents de Houston sont évacués à bord... (AP, Charlie Riedel) - image 4.0

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Des résidents de Houston sont évacués à bord d'une motomarine.

AP, Charlie Riedel

«Nous sommes inondés, voilà. Il n'y a pas assez de moyens - il n'y a jamais assez de moyens - pour tourner partout et secourir tout le monde», dit-il après avoir fait grimper des dizaines de personnes sur un véhicule de sauvetage. «Nous faisons vraiment de notre mieux.»

En pleine nuit, samedi, une patrouille a aperçu un homme accroché à un arbre. Les policiers ont alors formé une chaîne humaine au travers d'un bayou pour lui venir en aide. Une photo du rescapé, tout sourire, a ensuite été postée sur le fil Twitter de la police locale.

Un trajet douloureux

Le bateau reste souvent le seul moyen pour aller chercher ceux que l'eau a coupé du monde. James Lofton, un habitant de la banlieue de Spring Valley, a ainsi multiplié les allers-retours avec le sien pour convoyer les résidents d'un hôtel voisin, l'Omni.

«Nous avons transporté les gens depuis l'Omni pendant tout l'après-midi», a-t-il expliqué.

L'une des dernières à quitter l'hôtel était une femme qui venait d'être opérée du dos : elle a dû être transportée à bord avec le plus grand soin. «Manifestement elle souffrait beaucoup, c'était un trajet très douloureux pour elle», se remémore James Lofton.

De son côté, Bryan Curtis raconte avoir contacté les services de secours avec un ami pour proposer leurs services avec leurs motomarines. «On attend simplement leurs appels pour savoir où ils ont besoin de nous.»

Des hélicoptères ont effectué les sauvetages les plus spectaculaires, en hélitreuillant des habitants échoués dans les étages supérieurs de leurs maisons.

La chaîne ABC locale a ainsi filmé un père et son fils âgé de six ans, tous deux prénommés Jeremiah, escalader de justesse une fenêtre pour se glisser dans une nacelle de fortune qui se balançait depuis un hélicoptère, avec chacun un sac sur le dos. «C'est tout ce qui nous reste», lance le père, «nous remercions Dieu, nous remercions Dieu».  Katie Schubauer




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