Barcelone manifeste et se recueille

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Samedi soir, sur Les Ramblas, la nombreuse foule s'est recueillie autour du mémorial dressé en mémoire des victimes des attaques terroristes des 17 et 18 août.

AFP, Lluis Gene

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Anna Cuenca, Laurence Boutreux
Agence France-Presse
Barcelone

Unies par le slogan «Je n'ai pas peur», plus de 100 000 personnes ont marché samedi à Barcelone contre la violence djihadiste, en présence du roi d'Espagne, copieusement hué par une partie des manifestants porteurs de drapeaux indépendantistes catalans.

Sur Twitter, la police municipale a même avancé qu'un demi-million de personnes étaient sorties dans les rues, en réaction aux attentats de Barcelone et de Cambrils, qui ont fait 15 morts et 126 blessés les 17 et 18 août.

Dans la deuxième ville d'Espagne, qui se revendique «cité de paix, d'accueil et de coexistence», cette manifestation unitaire a appelé, sur tous les tons, à ne pas faire d'amalgame entre islam et djihadisme. «La meilleure réponse : la paix» ou «Non à l'islamophobie», pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes.

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Les manifestants tenaient à rappeler l'importance d'éviter les amalgames entre islam et djihadisme.

AFP, Pau Barrena

La porte-parole d'une fondation promouvant la diversité, Míriam Hatibi, foulard sur la tête, a lu devant la foule l'un des principaux messages : «Nous n'avons pas peur et nous ne consentirons pas à ce que le terrorisme nous humilie et nous vainque, parce que quand ils nous frappent, au lieu de nous diviser, ils nous trouvent plus unis que jamais.»

Revendiqués par l'organisation État islamique (EI), les attentats de Catalogne ont été perpétrés par six Marocains, âgés de 17 à 24 ans, ayant grandi ensemble dans la petite ville catalane de Ripoll. Tous ont été tués par la police.

Dans cette ville pyrénéenne, Hafida Oubakir, soeur d'un djihadiste de 17 ans à Cambrils, a lu, en ayant du mal à retenir des sanglots, un discours retransmis en direct à la télévision catalane où elle appelle à «rejeter le message islamiste» et «une idéologie perverse qui n'a ni rime ni raison».

Quelques jours plus tôt, devant des caméras, le père d'un enfant de trois ans tué sur Les Ramblas avait pris dans ses bras l'imam de sa ville catalane de Rubi. «Cette accolade symbolise la défaite de ceux qui nous ont fait mal», avait commenté la maire de Barcelone, Ada Colau.

Le roi Felipe VI (au centre) était sur... (AP, Francisco Seco) - image 3.0

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Le roi Felipe VI (au centre) était sur place et a été l'objet de quelques huées de la foule.

AP, Francisco Seco

«Les gens confondent parfois le fidèle d'une religion avec une personne qui devient psychotique avec l'idée de tuer des gens, mais c'est une erreur très dangereuse», disait une manifestante portugaise de 18 ans, Ana Francisca Ramos, étudiante en médecine venue en touriste à Barcelone.

Le tout premier rang de la manifestation avait été réservé à ceux qui, dès la première minute, s'étaient occupés des victimes : policiers, pompiers, chauffeurs de taxi, habitants et commerçant des Ramblas.

À la fin de la marche, la foule a écouté recueillie deux violoncellistes interpréter le Cant dels ocells (Chant des oiseaux), une chanson traditionnelle catalane dont le musicien Pau Casals (1876-1973) avait fait un symbole du rejet de la dictature du général Francisco Franco.

Une première pour le roi

Felipe VI est devenu le premier souverain espagnol à participer à une manifestation depuis le rétablissement de la monarchie, en 1975.

Ministres, chefs de partis, maires et présidents de régions étaient également venus en grand nombre.

À leur arrivée, Felipe VI et le chef du gouvernement Mariano Rajoy ont cependant dû essayer des huées et sifflets, répétés ailleurs dans le cortège quand ils apparaissaient sur écran géant.

Mais, comme pour un jour de trêve, M. Rajoy marchait non loin du président catalan, Carles Puigdemont - toujours résolu à organiser un référendum d'autodétermination le 1er octobre malgré l'opposition catégorique de Madrid.

Un millier de Catalans munis de drapeaux indépendantistes s'étaient joints au cortège, en reprochant notamment à l'État espagnol de vendre des armes à des pays accusés de liens avec l'islamisme radical. «Vos politiques, nos morts», criaient-ils, en dénonçant le fait que l'Espagne espère vendre cinq navires de guerre à l'Arabie saoudite.




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