Un homme inculpé pour avoir projeté de détruire un monument confédéré

Un homme de 25 ans a été inculpé... (AP, Godofredo A. Vasquez)

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Un homme de 25 ans a été inculpé lundi pour avoir projeté de faire exploser une statue confédérée à Houston, dans le Texas.

AP, Godofredo A. Vasquez

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Agence France-Presse
Chicago

Un homme de 25 ans a été inculpé lundi pour avoir projeté de faire exploser une statue confédérée à Houston, dans le Texas, en pleine polémique aux États-Unis sur le devenir de ces monuments rendant hommage à des héros de l'ancien sud esclavagiste.

Andrew Schneck a été arrêté samedi soir près de la statue d'un lieutenant de l'armée confédérée, en possession de composés chimiques hautement volatils et explosifs, dont «très probablement» de la nitroglycérine, ont indiqué les autorités locales dans un communiqué, précisant qu'il avait effectué des «expérimentations chimiques» chez lui à Houston.

Le jeune homme tentait d'utiliser une bombe chimique de conception artisanale pour faire exploser cette statue érigée dans un parc de la ville, ont-elles poursuivi.

Un juge l'a inculpé lundi et a ordonné son maintien en détention jusqu'à une audience prévue mardi. Il risque entre 5 et 40 ans de prison, en cas de condamnation.

Cet incident se produit en pleine controverse aux États-Unis sur les monuments confédérés, un débat ravivé après la mort d'une jeune manifestante antiraciste le 12 août à Charlottesville (Virgine) renversée par un sympathisant néonazi lors d'une manifestation de suprémacistes blancs opposés au retrait de la statue d'un général sudiste.

Depuis, de nombreux monuments confédérés -considérés par certains comme des symboles racistes- ont été retirés par des municipalités ou déboulonnés par des manifestants.

L'université du Texas a retiré plusieurs de ces statues de son campus d'Austin dans la nuit de dimanche à lundi.

«Les monuments confédérés sont devenus des symboles de la suprématie blanche et du néonazisme modernes», a relevé Gregory Fenves, président de l'établissement, dans un texte annonçant le transfert de plusieurs statues dans un musée du campus.

«L'université du Texas à Austin a un devoir de préserver et d'étudier l'histoire», a-t-il poursuivi. «Mais notre devoir nous impose aussi de reconnaître que ces moments de notre histoire... n'ont pas leur place sur des piédestaux».

Selon un récent rapport du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1500 symboles confédérés demeurent encore dans l'espace public aux États-Unis, la plupart dans le sud. Ce nombre inclut plus d'une centaine d'écoles publiques.

Afflux de dons à des organisations anti-racistes

Les dons à l'Anti-Defamation League, l'une des plus vieilles organisations américaines de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, ont décuplé depuis les violences de Charlottesville, a indiqué lundi l'organisme.

Selon Betsaida Alcantara, porte-parole de l'ADL, des dons comme celui de James Murdoch, patron de la maison-mère de la chaîne conservatrice Fox News qui avait annoncé la semaine dernière un don d'un million de dollars, et de sociétés comme Apple, Uber ou MGM Resorts sont à l'origine d'une hausse des sommes versées de «1000 %» la semaine dernière, par rapport à la moyenne hebdomadaire enregistrée depuis le début de l'année.

L'ADL, dont le siège est à New York, n'a pas précisé à quel montant correspondait cette augmentation.

Lundi, la grande banque J.P. Morgan est venue grossir les rangs des donateurs, selon Mme Alcantara.

La banque a annoncé un don d'un million de dollars à partager entre l'ADL et le Southern Poverty Law Center, un centre d'études des mouvements extrémistes, selon les médias américains.

«Les événements de Charlottesville ont augmenté l'urgence de faire face à la haine, l'intolérance et la discrimination où qu'elle existe», a déclaré Peter Scher, chargé de la responsabilité entrepreneuriale pour l'établissement, cité par CNN.

Les donateurs entendent ainsi soutenir l'organisation après l'émotion suscitée par ces violences lors d'un rassemblement néonazi dans cette ville universitaire de Virginie. Une femme a été tuée et 19 personnes blessées par des partisans de la suprématie blanche lors de ces heurts, et le président Donald Trump a été la cible de violentes critiques pour ne pas avoir clairement condamné l'extrême droite.

Don de Schwarzenegger

Une autre organisation de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, le Simon Wiesenthal Center, basé à Los Angeles, a également enregistré des dons importants, comme celui de l'acteur et ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.

Ce dernier a annoncé un don de 100 000 dollars, dans un message très partagé sur les réseaux sociaux dénonçant l'idéologie nazie. Il promeut aussi un t-shirt au bénéfice de l'association montrant le héros de Terminator appelant à «terminer la haine».

L'ADL a par ailleurs annoncé un plan commun avec la Conférence des maires américains pour lutter contre toutes les formes de racisme et de haine.

Quelque 267 maires de 44 États américains, y compris ceux de nombreuses grandes villes, se sont engagés à mettre en pratique ce plan, en dénonçant «vigoureusement» tout acte de racisme, en poursuivant leurs auteurs ou en favorisant l'éducation sur le racisme.




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