Norco, bastion républicain de Californie

À Norco, on dit qu'il y a autant... (AFP, Véronique Dupont)

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À Norco, on dit qu'il y a autant de chevaux que d'habitants. Et il y a presque autant d'électeurs de Donald Trump que de chevaux.

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Norco

À Norco, bourgade du désert californien à une heure de Los Angeles, on plaisante en disant qu'il y a autant de chevaux que d'habitants. Et il y a presque autant d'électeurs de Donald Trump que de chevaux.

Cette ville où les pistes d'équitation tiennent lieu de trottoirs, où les concours de rodéo ou de jonglage de revolvers sont des passe-temps favoris, est l'une des plus républicaines de Californie, un État fortement démocrate.

La quasi-totalité des résidents de Norco soutient Donald Trump vent debout. «Il m'impressionne. Regardez tous les emplois qu'il amène», s'enthousiasme Skip Fischer, entrepreneur en bâtiment, au sortir du Saddle Sore Saloon, un restaurant à la façade imitant celles de l'époque de la conquête de l'Ouest.

«J'ai toujours une très bonne image de lui», six mois après l'arrivée du richissime homme d'affaires à la Maison-Blanche. «Je pense qu'il sera celui qui changera le monde», renchérit une jeune femme au foyer, qui veut rester anonyme.

Si Donald Trump a vu sa popularité tomber à 36 %, selon un récent sondage du Washington Post/ABC News, une enquête de l'Université Monmouth montre que 61 % de ses partisans ne voient pas ce qui pourrait éroder leur soutien.

Tous à Norco applaudissent sa réaction controversée aux événements de Charlottesville, où défilaient plusieurs centaines de néonazis et partisans de la suprématie blanche. Ils se sont violemment heurtés à des manifestants qui contestaient leur venue et une jeune femme a été tuée par un sympathisant néonazi qui a roulé sur la foule.

Tous racistes

Donald Trump a mis deux jours à réagir aux incidents et affirmé qu'il y avait eu de la violence - et des «gens très bien» - «des deux côtés». «Je pense que sa réaction a été absolument correcte. Le président Obama interviendrait sans avoir les faits et dirait ''ces types ont tort'', ''la police a tort''. Le président Trump, lui, attend d'avoir les faits», assure Skip Fischer.

«Tout ça a été monté en épingle hors de proportions, Trump voulait de toute évidence condamner les suprématistes blancs et l'a fait. Ce sont des gens haineux et extrémistes des deux côtés», affirme Lana James, 70 ans, qui fait des courses avec sa petite-fille.

Mark Birdwell, 48 ans, qui travaille dans la réfrigération industrielle, estime que les deux camps «ont tort, tout le monde devrait respirer profondément et se détendre. Je ne suis pas d'accord avec Black Lives Matter (groupe de défense des droits civiques), je ne suis pas d'accord avec le Klu Klu Klan, ils sont tous racistes».

Pour lui comme pour tous les habitants de Norco interrogés par l'AFP, les statues de héros confédérés, au coeur d'une forte polémique, doivent rester en place : «Des gens de ma famille se sont battus des deux côtés pendant la guerre civile, enlever ces symboles du pays est mauvais, ils font partie de l'histoire.»

Comme eux, près de deux Américains sur trois sont favorables à ce que les statues célébrant des personnages des États sudistes confédérés, considérées comme des symboles esclavagistes, restent en place.

Beaucoup à Norco sont d'ailleurs prompts à paraphraser les propos tenus par le président républicain à ce sujet : «Les présidents qui ont eu des esclaves, George Washington, Thomas Jefferson, allez-vous enlever leurs statues simplement parce que certaines personnes se sentent offensées pour quelque chose qui a eu lieu dans le passé?», interroge Skip Fischer.

«Vous êtes libres»

«Certains Afro-Américains disent ''nous souffrons toujours de l'impact de l'esclavage'', eh bien non, ce n'est pas vrai, vous êtes libres maintenant, vous pouvez faire ce que vous voulez», ajoute-t-il.

Au-delà de Charlottesville, les pro-Trump approuvent la rhétorique guerrière du président avec le régime autoritaire nord-coréen de Kim Jong-Un. «Parfois il faut être agressif au lieu de passif comme l'était Obama, sinon les gens profitent de vous», pense Skip Fischer, faisant écho à des propos similaires de Buzz Riebschlager.

Ce dernier attend au tournant le président sur au moins deux points : «J'aimerais voir un peu plus de réforme fiscale et que la [loi sur l'assurance santé] Obamacare soit retirée».

Mais sur l'immigration, il est sur la même ligne que le magnat de l'immobilier : «Si vous ne vivez pas ici, vous ne devriez pas avoir un travail, et ce n'est pas raciste. On est en Amérique, on est en 2017, tout le monde est bienvenu ici, le problème c'est quand [les immigrés] viennent ici et commencent à créer des problèmes.»




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