Attentats en Espagne: des familles de vacanciers déchirées par la mort

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Des gens se sont recueillis vendredi devant un mémorial à Las Ramblas pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Barcelone perpétré la veille.

AP, Santi Palacios

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Laurence Boutreux, avec Marianne Barriaux
Agence France-Presse
Barcelone

À Barcelone, des familles ont été séparées brutalement par l'attentat mené avec une camionnette meurtrière qui a fauché jeudi des dizaines de piétons : certaines se cherchent toujours, tandis que d'autres, déjà en deuil, sont revenues sur Las Ramblas pour des hommages.

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Le petit Julian Cadman, sept ans, est porté disparu depuis l'attentat à Barcelone, jeudi.

Tirée de Facebook

«Disparu». Sur la photo, un petit garçon tout sourire, t-shirt vert. «S'il vous plaît partagez» : Tony Cadman supplie les internautes de l'aider à retrouver son petit-fils de sept ans, disparu depuis l'attentat qui a tué 14 personnes sur l'allée centrale de l'avenue la plus célèbre de la capitale catalane.

«Nous avons retrouvé Jom [ma belle-fille], elle est à l'hôpital», explique-t-il sur Facebook. «Julian a sept ans et était avec elle quand ils ont été séparés, après l'attaque terroriste. S'il vous plaît, partagez si vous avez de la famille ou des amis à Barcelone.»

La publication, reprise plus de 105 000 fois, est un exemple parmi d'autres du désespoir de personnes à la recherche de leurs proches, ou de ceux qui ont déjà commencé leur deuil après les deux attentats à Barcelone et Cambrils, qui ont fait 14 morts et plus de 120 blessés.

Au moins 35 nationalités figurent parmi les victimes, selon un bilan provisoire de la protection civile catalane.

L'attaque de Barcelone a eu lieu jeudi à 16h50. Les témoins décrivent une camionnette roulant à toute vitesse, fendant la foule, laissant derrière elle des corps inanimés, tandis que d'autres cherchaient par tous les moyens à fuir la trajectoire du véhicule.

Familles brisées

Bruno Gulotta, un Italien de 35 ans, est... (Tom's Hardware) - image 2.0

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Bruno Gulotta, un Italien de 35 ans, est parmi les morts.

Tom's Hardware

Bruno Gulotta, un Italien de 35 ans, a été heurté de plein fouet par le véhicule alors qu'il tenait par la main son fils de cinq ans, a expliqué sa compagne Martina Gulotta aux médias italiens. Elle-même portait leur fille de un an dans un porte-bébé et a réussi à tirer l'aîné pour le sauver.

La mort de Bruno Gulotta a été annoncée par son employeur, l'entreprise informatique Tom's Hardware, qui a publié un message sur son site internet en dénonçant «un terroriste infâme».

Ses collègues louent sa gentillesse et sa générosité dans le communiqué : «Nous nous mettons à la place du petit Alessandro, qui est sur le point d'entrer à l'école primaire et dont la vie ne sera plus jamais la même. Et nous pensons à Aria, un bébé, qui ne connaîtra jamais son père».

Une famille belge a été également anéantie : «Le père et les deux enfants ont vu leur femme et mère mourir sous leurs yeux», a indiqué la municipalité de Barcelone.

La soeur de Luca Rosso, un Italien de 25 ans blessé dans l'attentat de Barcelone, a publié sur Facebook une photo du jeune homme souriant, ainsi que des images tirées d'une vidéo où l'on voit un homme en short, inerte et ensanglanté, le visage masqué par un passant qui tente de lui porter secours. «Aidez-moi à le ramener à la maison, je vous en prie», écrit-elle.

À la cafétéria de l'hôpital Mar à Barcelone, la famille d'un Espagnol blessé dans l'attaque grignote des sandwiches, les yeux embués de larmes, visages tirés. «C'est un très, très mauvais moment», lâche une des femmes du groupe, sans rien ajouter.

«Las Ramblas pleurent»

Quand à ceux qui sont encore ensemble, ils restent sidérés.

Sur Las Ramblas, enlacée à son mari, Encarna Salas Moreno, couturière catalane de 53 ans, se tient derrière sa fille qui pleure discrètement, épaulée par une jeune cousine : «Ma fille était ici hier», explique-t-elle. «Peut-être est-elle vivante par miracle, elle venait d'un peu plus bas et elle est partie en courant par une ruelle.»

«Las Ramblas pleurent mais sont vivantes», tente de réconforter une pancarte sur la grande avenue descendant vers la mer, où un jeune homme pleure en déposant une petite guitare verte parmi les objets et les petits mots laissés par les passants. Une femme à son côté explique qu'il fait partie de la famille d'un enfant de quatre ans de la région tué dans l'attentat.

«On ne s'attendait pas à une telle multitude, le jour suivant» le drame, confie Sergio Lopez, 36 ans, fils du gérant d'un kiosque de souvenirs qui a choisi d'ouvrir vendredi après avoir vu le véhicule faucher les promeneurs devant ses étals. «Les gens viennent comme pour chercher le regard des uns et des autres.»




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