Se débrouiller dans l'«après-attentat»

Des touristes attendent que les policiers leur permettent... (AFP, Javier Soriano)

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Des touristes attendent que les policiers leur permettent de rentrer à leur hôtel sur La Rambla, qui a été le théâtre plus tôt d'un attentat faisant au moins 13 morts.

AFP, Javier Soriano

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Après l'attentat qui a fait au moins 13 morts sur La Rambla, jeudi, Barcelone est une ville sous haute surveillance. Policiers armés partout, secteurs bloqués, commerces fermés, résidents confinés chez eux ou invités à trouver un autre endroit pour passer la nuit. Des Québécois qui sont sur place ont dû se débrouiller avec «l'après-attentat».

La Montréalaise Rebecca Poirier-Joncas, qui étudie à Barcelone depuis un an, a presque tout vu. «Ma rue fait face à La Rambla et quand c'est arrivé, je venais de sortir de chez moi. J'ai entendu un gros bruit et j'ai vu des gens affolés qui couraient partout. J'ai couru sans regarder derrière. Je suis rentrée chez moi et j'ai tout verrouillé. Je ne voulais pas sortir!» raconte-t-elle au Soleil.

Les policiers lui ont ordonné de fermer ses fenêtres et l'ont avisée qu'elle ne pouvait sortir de chez elle. «Ils ne laissaient personne n'ayant pas de pièces d'identité espagnole circuler dans le secteur. Il paraît que les terroristes sont sortis directement par ma rue pour quitter les lieux. Et de mon balcon, je voyais plein de morts et de blessés sur La Rambla», poursuit Rebecca.

«Mon copain est revenu du gymnase à pied, car le transport en commun ne fonctionnait plus et, à minuit trente, on nous a dit qu'on pouvait sortir seulement en cas d'urgence. Je vais essayer de dormir maintenant, si j'en suis capable.»

Éjectée de chez elle

Sarah Lavoie, une résidente de Québec qui se rend à Barcelone plusieurs fois par année pour étudier, n'a pas eu accès à son appartement jeudi. «La ville est en état de choc. Comme je reste presque sur La Rambla et qu'on entendait qu'ils n'avaient pas capturé tous les terroristes, il y a eu un périmètre de sécurité et je ne pouvais pas rentrer chez moi. J'ai dû aller dormir chez des amis», a-t-elle raconté au Soleil à 23h30, heure locale.

«On est passés d'une alerte 5, le plus haut niveau de risque, à une alerte 4 durant la soirée. Tous les commerces de La Rambla et des rues adjacentes sont fermés. Je ne sais pas quand je pourrai rentrer à la maison, car il y a aussi eu une alerte à la bombe dans mon quartier et qu'un autre camion est recherché par la police», explique-t-elle.

Retour tardif

Jean Rousseau, président du Comité des citoyens du Vieux-Québec et candidat de Démocratie Québec dans le district Cap-aux-Diamants, a pour sa part finalement réussi à rentrer à l'appartement qu'il louait dans le secteur durant ses vacances en famille.

«Mon appartement est à 200 m de La Rambla. Quand les attentats ont eu lieu, nous étions au Musée Picasso, non loin de La Rambla également, mais nous n'en avons pas eu connaissance avant notre sortie. Il y avait des cordons policiers partout et les agents n'entendaient pas à rire : pas question de pouvoir rentrer à l'appartement», a-t-il raconté au Soleil.

Certaines personnes auraient essayé de passer pour se faire solidement ramener à l'ordre par les policiers. «On a quitté les quartiers centraux pour aller manger et beaucoup plus tard, vers minuit, on a argumenté avec les policiers qui nous ont permis de rentrer chez nous après nous avoir escortés jusqu'à l'appartement», poursuit M. Rousseau.

Celui-ci compare l'atmosphère à celle qui régnait à Québec après les attentats de la Grande Mosquée. «Le centre-ville est très tranquille. On entend les auto-patrouilles et les hélicoptères, mais pas la circulation. Plusieurs personnes ont eu peur et se sont réfugiées dans des commerces qui abaissaient leurs stores de métal.»

«Le pays était prêt à réagir»

Sarah Lavoie, qui qualifie la situation de «digne d'un film» d'horreur, avoue toutefois que l'Espagne était tout de même bien préparée à faire face à la situation. «Heureusement, ou malheureusement, à cause des attentats passés [du mouvement séparatiste basque] de l'ETA, le pays était prêt à réagir. Les attentats ont eu lieu à 16h30 et avant 16h35, on entendait déjà les sirènes et les hélicoptères. On les a entendus sans arrêt toute la soirée.»

Par ailleurs, aucun étudiant de l'Université Laval ne se trouvait à Barcelone jeudi. Mais quatre stagiaires doivent partir vers la capitale de la Catalogne sous peu puisque la session d'automne s'amorce d'ici quelques jours. Les plans seront-ils chamboulés? «Pour l'instant, nous suivons la situation à Barcelone de très près», a indiqué la porte-parole de l'institution d'enseignement, André-Anne Stewart. Avec Annie Mathieu




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