Séoul exclut l'option militaire contre le Nord

En conférence de presse pour faire le bilan... (AP, Jung Yeon-Je)

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En conférence de presse pour faire le bilan de ses 100 premiers jours à la présidence de la Corée du Sud, Moon Jae-In a tenu à mentionner que son gouvernement excluait toute possibilité de guerre contre son voisin de la péninsule.

AP, Jung Yeon-Je

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Jung Ha-Won
Agence France-Presse
Séoul

La Corée du Sud a assuré jeudi qu'il n'y aurait pas de guerre sur la péninsule, évoquant son droit de veto de facto sur toute éventuelle action militaire américaine contre la Corée du Nord.

Les États-Unis ont réaffirmé de leur côté que l'option militaire restait sur la table. Mais la stratégie nord-coréenne fait toujours débat au sein de l'administration américaine, et l'hypothèse d'une action armée préventive semble s'éloigner.

Alors que le président Donald Trump a promis «le feu et la colère» au régime nord-coréen si ce dernier persiste à menacer les États-Unis avec ses ambitions nucléaires, son propre conseiller stratégique a critiqué cette politique.

«Il n'y a pas de solution militaire, laissons tomber. Tant que quelqu'un n'aura pas résolu l'équation qui me démontrerait que dix millions de Sud-Coréens ne mourront pas dans les 30 minutes suivantes, tués par des armes conventionnelles, je ne vois pas de quoi on parle», a estimé Steve Bannon dans un entretien publié mercredi.

Interrogés sur cette position, les ministres américains des Affaires étrangères et de la Défense, Rex Tillerson et Jim Mattis, ont confirmé leur stratégie de «pression» couplée d'une menace d'action militaire.

«Notre approche a été approuvée par le président», a assuré Rex Tillerson après une rencontre à Washington avec leurs homologues japonais. Jim Mattis a de nouveau laissé planer le spectre de «conséquences militaires fortes» pour Pyongyang, mais uniquement «si la Corée du Nord engage les hostilités», et quoi qu'il en soit «en étroite collaboration avec nos alliés», au premier rang desquels le Japon et la Corée du Sud.

«En cas de tir de missile vers le territoire du Japon, de Guam, des États-Unis, de Corée, nous prendrions immédiatement des mesures précises pour l'abattre», a-t-il insisté.

Or le président sud-coréen Moon Jae-In a assuré jeudi qu'il «empêcherait la guerre à tout prix». «Je veux que tous les Sud-Coréens soient convaincus qu'il n'y aura pas la guerre», a-t-il dit lors d'une conférence de presse marquant ses 100 premiers jours au pouvoir.

Exercices militaires lundi

Avec 28 500 soldats déployés en Corée du Sud, Washington garantit la sécurité de Séoul depuis la fin de la guerre en 1953, qui a scellé la division de la péninsule. Mais M. Moon a expliqué qu'il disposait de fait d'un veto sur toute action militaire de Washington.

Les États-Unis et le président Trump sont d'accord que «quelle que soit l'option choisie» face à Pyongyang, «une décision ne serait prise qu'après avoir consulté la République de Corée et obtenu son accord», a-t-il dit.

Les tensions ne cessent de s'aggraver depuis que le Nord a testé en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) mettant à sa portée une partie du territoire américain.

À leur comble il y a quelques jours, après l'escalade verbale nourrie notamment par les déclarations de Donald Trump, elles se sont apaisées cette semaine. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a mis sur pause son projet de tir de missiles sur le territoire américain de Guam, une décision jugée «sage» par le président américain.

Les déclarations incendiaires de Donald Trump ont inquiété la planète, mais Moon Jae-In s'est refusé à les critiquer, estimant qu'il «tente de faire pression sur la Corée du Nord en montrant sa détermination».

Le chef de la diplomatie japonaise a aussi dit que Tokyo et Washington étaient d'accord pour «renforcer la pression» sur la Corée du Nord. «Si elle est prête à reprendre un dialogue sérieux», elle doit s'abstenir de toute provocation ou intimidation et envisager sa dénucléarisation, a-t-il insisté.

Par le passé, le président sud-coréen de centre-gauche s'est dit favorable au dialogue avec Pyongyang, parallèlement à une politique de sanctions. Mais le régime de Kim Jong-Un a balayé ces gestes d'ouverture et M. Moon ne met plus les pourparlers au premier plan : «la Corée du Nord doit au minimum cesser ses provocations pour instaurer un climat favorable au dialogue».

«La ligne rouge serait que le Nord achève son ICBM et l'équipe d'une tête nucléaire», a-t-il cependant prévenu, en cas de «nouvelle provocation», le régime nord-coréen «sera confronté à des sanctions encore plus dures et ne pourra y survivre».

Les exercices militaires annuels conjoints entre Séoul et Washington, qui ne manquent jamais de susciter l'ire de Pyongyang, doivent commencer lundi, et risquent de relancer les tensions.  avec Francesco Fontemaggi à Washington




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