Un achat providentiel pour un couple de Québécois à Barcelone

Lyne Laliberté et Jean-Marc Riverin se trouvaient dans... (Fournie par Jean-Marc Riverin)

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Lyne Laliberté et Jean-Marc Riverin se trouvaient dans un magasin, «à 150 m de l'endroit où a eu lieu l'attentat» à Barcelone.

Fournie par Jean-Marc Riverin

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Deux Québécois en vacances à Barcelone, Jean-Marc Riverin et sa conjointe Lyne Laliberté, auraient pu être sur La Rambla quand une fourgonnette a foncé dans la foule jeudi. La décision d'acheter un jouet pour leur petite-fille la veille de leur retour au Québec leur a peut-être sauvé la vie...

«Quand c'est arrivé, nous nous trouvions dans un grand magasin situé juste derrière La Rambla, à 150 m de l'endroit où a eu lieu l'attentat. Nous sommes extrêmement chanceux dans un sens, car si on n'avait pas arrêté dans ce magasin pour acheter un dernier jouet pour notre petite-fille, c'est sur La Rambla qu'on aurait été au moment de la tragédie. Ouf! La vie est drôlement faite!», a déclaré au Soleil cet employé du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) originaire de Jonquière.

«Nous avons eu l'impression d'entendre des coups de feu... C'était soudain et total... Tout le monde s'est mis à crier et à se diriger vers l'arrière du magasin. On s'est retrouvé entassés dans un réduit avec plusieurs personnes et un employé du magasin», poursuit-il.

Tout le monde ignorait alors ce qui venait de se passer. «Nous sommes demeurés dans le réduit une dizaine de minutes et, quand nous sommes sortis, nous sommes demeurés cloisonnés dans le magasin pendant encore une heure, car un rideau de fer de sécurité avait été abaissé», indique M. Riverin.

C'est là que la plupart des clients et employés du magasin ont commencé à avoir des nouvelles des événements... via leurs téléphones intelligents et les médias sociaux. «C'est là qu'on a compris que c'était quelqu'un qui avait foncé dans la foule avec un véhicule. Pour nous, ce n'était pas nécessairement évident étant donné qu'on ne parle ni espagnol ni catalan. On se demandait si la porte s'ouvrirait... pour de mauvaises raisons.»

Rasssurer ses proches

Plusieurs textaient leurs proches pour leur dire qu'ils étaient sains et saufs», explique le Québécois, qui s'est exprimé sur le réseau social Facebook. «Message à tous, nous étions près de La Rambla et de l'attentat. Nous sommes sains et saufs, notre heure n'était pas venue ... Nous sommes toujours coincés dans le magasin. Je rêve juste d'en sortir pour boire une sangria, car la vie doit continuer!» a-t-il écrit.

Des policiers ont finalement fait sortir les employés et clients du magasin par un quai de chargement. «Ils nous disaient quelle direction prendre pour s'éloigner de La Rambla et de la Plaça de Catalunya. Les gens marchaient, car tous les transports en commun étaient arrêtés.»

Les Riverin-Laliberté venaient pourtant de passer trois semaines à Barcelone et Jean-Marc jure que jamais il n'avait ressenti d'insécurité avant jeudi. «C'était toujours la paix, l'harmonie, la joie... Avant de partir, j'en avais parlé avec des collègues et je disais que [des actes terroristes] pouvaient survenir n'importe où... Jamais, cependant, je n'aurais cru en être aussi proche», explique-t-il.

L'homme se félicite surtout que son beau-fils, sa belle-fille et leurs deux petits-enfants, qui les accompagnaient pour les deux premières semaines du voyage, soient rentrés au Canada avant ces événements. «Fort heureusement, car je n'aurais pas voulu qu'ils vivent ça.»

Malgré tout, Jean-Marc Riverin jure ne regretter aucunement son périple à Barcelone. «On adorait Barcelone et on continue de l'adorer, même si j'imagine que la vie sur La Rambla sera un peu différente demain [vendredi]. On s'en parlait, Lyne et moi, et on n'a pas l'intention de cesser de voyager, sinon on ne bougera plus jamais!» conclut-il.

***

Deux attentats en mois de 18 mois

En moins de 18 mois, l'entrepreneur et ex-candidat défait du Bloc québécois à Québec, Charles Mordret, a vécu deux attentats terroristes dans deux villes différentes. 

Depuis un an, M. Mordret vit à Barcelone, mais se trouvait en Turquie à la fin juin lorsque trois kamikazes ont attaqué l'aéroport d'Istanbul faisant une quarantaine de morts et plus de 200 blessés. «Je devais prendre mon avion le lendemain», relate-t-il au bout de fil en direct de Barcelone. 

Jeudi, il l'a aussi échappé belle alors qu'il se trouvait à quelques pâtés de maisons de l'endroit où l'attentat s'est produit dans la capitale de la Catalogne. Même s'il admet qu'il est particulièrement malchanceux d'avoir été à deux reprises au mauvais endroit au mauvais moment, il ne veut en aucun cas «en faire un film».

L'entrepreneur et ex-candidat défait du Bloc québécois à... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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L'entrepreneur et ex-candidat défait du Bloc québécois à Québec, Charles Mordret, a vécu l'attentat d'Istanbul, en Turquie, puis celui de Barcelone.

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

«Est-ce que je peux vraiment dire que je l'ai vécu? Personne que je connais n'a été touché», fait-il valoir, particulièrement calme malgré les événements. Malheureusement, dit M. Mordret, les Européens s'attendent désormais à vivre ce type de tragédie. 

Lorsqu'il a appris la nouvelle, il était attablé à une terrasse où il lisait tranquillement. Sa fille qui se trouvait à la plage l'a appelé pour lui annoncer qu'un drame s'était joué à quelques minutes d'où il se trouvait. «Je n'y croyais pas, j'ai décidé d'aller voir», raconte Charles Mordret. 

Il n'a pas constaté les dégâts «immédiats», mais a vu que plusieurs personnes couraient dans tous les sens et des hélicoptères qui survolaient la scène. «Les gens étaient incrédules», relate-t-il. 

Celui qui porté les couleurs du Bloc québécois en 2015 se dit peiné pour Barcelone, un endroit paisible «et tellement accueillant» envers les immigrants. Il espère le mieux pour la suite des choses, mais se dit persuadé que les habitants de la ville garderont leur sang-froid et leur résilience. «Il faut continuer à vivre», lance-t-il.  Annie Mathieu




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