Trump refuse de changer de ton envers la Corée du Nord

Flanqué du secrétaire d'État Rex Tillerson, Donald Trump... (AFP, Jim Watson)

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Flanqué du secrétaire d'État Rex Tillerson, Donald Trump a fait le point, vendredi, sur la crise qui oppose son pays à la Corée du Nord. Le président a refusé de baisser le ton et a déclaré que les États-Unis étaient fin prêts à répondre à toute agression.

AFP, Jim Watson

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Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump est resté sourd vendredi aux appels à la retenue sur le dossier nord-coréen qui suscite une inquiétude internationale grandissante, mettant directement en garde Kim Jong-Un et soulignant que l'armée américaine était prête à agir si nécessaire.

Le président américain a ajouté qu'une «grande conférence de presse» aura lieu lundi. «Nous avons une conférence prévue, une rencontre très importante, et nous allons voir une grande conférence de presse», a-t-il déclaré vendredi, sans autres précisions.

La dernière - et unique - conférence de presse de M. Trump seul face aux journalistes remonte au 16 février.

Face à une surenchère sans précédent entre Washington et Pyongyang, la Chine a enjoint aux deux pays de «faire preuve de prudence» et a exhorté Pyongyang à éviter les «démonstrations de force». L'Allemagne, de son côté, a martelé qu'il n'existait pas de solution militaire à ce conflit.

Mais depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances, le président américain a persisté dans le registre belliqueux adopté depuis trois jours : «S'il fait quoi que ce soit visant Guam, ou un autre territoire américain, ou un allié des États-Unis, il le regrettera vraiment et il le regrettera rapidement», a-t-il lancé, évoquant le jeune leader nord-coréen.

Son attitude ne contribue-t-elle pas à faire monter la tension à un niveau dangereux? «Mes détracteurs disent cela parce que c'est moi. Si quelqu'un disait exactement la même chose, ils diraient "Quelle grande déclaration!"» a-t-il répondu, assurant que des «dizaines de millions d'Américains» étaient heureux qu'un président «parle enfin haut et fort» pour leur pays et ses alliés.

Quelques heures plus tôt, M. Trump - qualifié par Pyongyang d'«odieux fanatique de la guerre nucléaire» - avait souligné sur Twitter que les solutions militaires étaient «complètement en place» et «prêtes à l'emploi» si la Corée du Nord se comportait imprudemment.

Après plusieurs jours d'escalade verbale, aucun signe d'apaisement n'était perceptible. Or les prochains exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, durant lesquels les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s'aggraver, commencent prochainement, autour du 21 août.

Puissances inquiètes

Cette montée des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord pèse sur les marchés financiers et inquiète de nombreux dirigeants mondiaux.

«Nous appelons toutes les parties à faire preuve de prudence dans leurs mots et leurs actions, et à agir davantage pour apaiser les tensions», a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

À Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est dit «très inquiet» des risques de conflit très élevés entre les États-Unis et la Corée du Nord.

«Il est clairement temps pour toutes les parties de se concentrer sur les moyens de faire baisser les tensions», a renchéri Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

«Je ne vois pas de solution militaire à ce conflit [...] Je considère l'escalade verbale comme une mauvaise réponse», a mis en garde vendredi la chancelière allemande Angela Merkel.

M. Trump a balayé ces propos d'un revers de manche, estimant que Mme Merkel parlait seulement pour son pays. «Peut-être qu'elle parle de l'Allemagne. Elle ne parle certainement pas des États-Unis, je peux vous le dire», a-t-il affirmé.

Un responsable de la Maison-Blanche a toutefois indiqué qu'il ne fallait pas voir dans les propos du milliardaire le signe d'une action militaire imminente. «Il y a des plans militaires pour à peu près toutes les crises du globe [...] Ces plans sont continuellement mis à jour et présentent des options au président. Il n'y a rien de nouveau», a dit ce responsable sous couvert d'anonymat.

Plan d'offensive contre Guam

L'armée américaine a indiqué vendredi être «prête à combattre» si le président américain en donnait l'ordre.

Le Pentagone dispose actuellement de 28 500 soldats au sud du 38e parallèle : armée de l'air, armée de terre, infanterie de marine et, bien sûr, la marine. Pour protéger le terrain des missiles à moyenne portée de Kim Jong-Un, les États-Unis ont déployé un bouclier anti-missiles, le THAAD, qui peut intercepter les lanceurs à haute altitude.

En réponse au changement de ton à Washington, la Corée du Nord a menacé de lancer une attaque contre l'île américaine de Guam, avant-poste stratégique des forces américaines dans le Pacifique.

L'armée doit présenter au jeune dirigeant nord-coréen un plan d'offensive contre Guam d'ici la mi-août, selon les militaires nord-coréens.

Selon les analystes, des tirs vers Guam placeraient Washington dans une position délicate : si les Américains ne tentaient pas de les intercepter, leur crédibilité en prendrait un coup et Pyongyang se sentirait pousser des ailes pour mener un test de missile intercontinental (ICBM) grandeur nature.

Pékin prône une résolution négociée du dossier nord-coréen, renvoyant dos à dos Washington et Pyongyang.

La Chine a ainsi proposé à plusieurs reprises, pour désamorcer la crise, un double moratoire : l'arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens et des manoeuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud.

***

Le Canada condamne les agissements nord-coréens

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland... (La Presse canadienne, Fred Chartrand) - image 3.0

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La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

La Presse canadienne, Fred Chartrand

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a condamné vendredi les récentes actions du régime nord-coréen, estimant que son programme nucléaire est une «grave menace pour le monde qui doit cesser», tout en prônant une désescalade des tensions.

«Ce que fait la Corée du Nord est absolument inacceptable», a déclaré la ministre, soulignant que les récentes actions du gouvernement nord-coréen sont une menace à la sécurité régionale et mondiale.

«Nous devons chercher de moyens d'apaiser la situation», a-t-elle mentionné lors d'une conférence de presse, après l'escalade des tensions entre Pyongyang et Washington.

Chrystia Freeland a mentionné vouloir trouver des moyens pour faire pression et persuader la Corée du Nord de cesser ses actions, tout en rappelant que la situation actuelle ne peut avoir de fin positive pour la Corée du Nord si elle se poursuivait.

La ministre a également rappelé que le Canada soutient «très fortement» ses alliés américains. «Quand ils sont menacés, nous sommes présents», a-t-elle ajouté.

Tout en condamnant cette situation gravement préoccupante, Chrystia Freeland a également salué l'unité mondiale sans précédent dans la condamnation des actions de la Corée du Nord.

Depuis plusieurs mois, les multiples essais de missiles réalisés par la Corée du Nord ont suscité l'inquiétude de la communauté internationale, et une nouvelle vague de sanctions contre Pyongyang a récemment été adoptée à l'ONU.




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