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Une «attaque terroriste» contre l'armée aurait été déjouée au Venezuela

Ces incidents se sont déroulés dans une base... (AFP, Ronaldo Schemidt)

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Ces incidents se sont déroulés dans une base militaire à Valencia, à 180 km à l'ouest de Caracas.

AFP, Ronaldo Schemidt

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Ronaldo Schemidt, Daniel Caseres
Agence France-Presse
Valencia

Le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé que l'armée avait repoussé dimanche une «attaque terroriste» contre une base militaire dans le nord du pays, où selon lui deux assaillants ont été tués et huit capturés.

Une vidéo supposément tournée dans la base militaire... (AFP) - image 1.0

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Une vidéo supposément tournée dans la base militaire de Valencia, qui circulait dimanche sur les réseaux sociaux, montrait un homme se présentant sous le nom de capitaine Juan Caguaripano, flanqué de 15 personnes en tenue de camouflage dont certaines armées, et se déclarant «en rébellion légitime» contre «la tyrannie assassine de Nicolas Maduro».

AFP

M. Maduro a déclaré à la télévision publique que les morts et les prisonniers avaient été identifiés comme un officier déserteur et neuf civils. L'officier a été arrêté et «il donne des informations», comme le font sept des prisonniers, a-t-il précisé. Des «combats» ont eu lieu pendant environ trois heures, a ajouté Nicolas Maduro, qui y voit une «attaque terroriste» et pas une «rébellion» militaire.

Le chef des forces armées du pays, le général Jesus Suarez Chourio, avait auparavant fait état d'un mort et d'un blessé grave du côté des assaillants.

Ces incidents se sont déroulés dans une base militaire à Valencia, à 180 km à l'ouest de Caracas.

La situation restait tendue aux alentours de la base militaire, qui était gardée par des véhicules blindés et des hommes armés, et survolée par des hélicoptères, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des dizaines de personnes ont dressé des barricades aux environs de la ville, à l'aide de troncs d'arbres et y ont brûlé des ordures. Des affrontements ont éclaté avec des militaires de la Garde nationale, qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogène et de tirs de balles en caoutchouc.

Selon le ministre de la Défense Vladimir Padrino, les prisonniers ont avoué avoir été recrutés «par des militants de l'extrême droite vénézuélienne en contact avec des gouvernements étrangers», et les forces de sécurité étaient encore à la recherche «d'une partie du groupe, qui a réussi à s'emparer de quelques armes».

Selon le général Jesus Suarez Chourio, l'opération était «financée par la droite et ses collaborateurs, financée par l'empire nord-américain» (les États-Unis, NDLR).

Une vidéo supposément tournée dans la base militaire de Valencia circulait dimanche sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias vénézuéliens. Elle montrait un homme se présentant comme un officier et se déclarant «en rébellion légitime» contre «la tyrannie assassine de Nicolas Maduro».

«Ceci n'est pas un coup d'État, ceci est une action civique et militaire pour rétablir l'ordre constitutionnel», affirmait cet homme, se présentant sous le nom de capitaine Juan Caguaripano, flanqué de quinze personnes en tenue de camouflage, certaines d'entre elles armées.

«Nous exigeons la formation immédiate d'un gouvernement de transition et des élections générales libres», ajoutait-il.

Le ministère de la Défense, qui n'a pas communiqué le nom de l'auteur présumé de l'attaque, a indiqué qu'il s'agissait d'un «officier subalterne renvoyé de l'armée il y a trois ans pour trahison à la patrie et rébellion» et qui avait fui aux États-Unis.

«Normalité absolue»

Principal pilier du pouvoir chaviste, la puissante armée vénézuélienne est jusqu'à présent restée sourde aux appels de l'opposition à la rejoindre, alors que le pays est secoué par une vague de manifestations antigouvernementales qui ont fait 125 morts depuis avril. Le président Maduro affirme fréquemment être la cible d'un complot orchestré par l'opposition avec le soutien de Washington.

«Une normalité absolue règne dans le reste des unités militaires du pays», a assuré sur Twitter Diosdado Cabello, vice-président du parti au pouvoir et membre de la toute puissante Assemblée constituant élue le 30 juillet.

Cette «attaque terroriste» qui aurait visé l'armée est intervenue alors que la Constituante, contestée par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale, a entamé samedi ses travaux par un coup d'éclat, en destituant la procureure générale Luisa Ortega, l'une des principales adversaires du président Maduro.

Mme Ortega a réaffirmé dimanche qu'elle était «toujours la procureure générale de ce pays».

Ce limogeage risque d'aggraver les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime. Le Mercosur, le marché commun d'Amérique du Sud, a suspendu samedi le Venezuela "pour rupture de l'ordre démocratique". Le Pérou a convoqué pour mardi une réunion des ministres des Affaires étrangères de quatorze pays latino-américains pour discuter de la crise.

Présidée par l'ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, une fidèle de M. Maduro, la Constituante est dotée de tous les pouvoirs, y compris de dissoudre le Parlement, et veut notamment réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Hugo Chavez.

M. Maduro lui a fixé pour mission d'apporter la «paix» et de redresser l'économie en lambeaux de cette nation pétrolière.

L'opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s'achève normalement en 2019.

Après l'annonce de l'«attaque» de dimanche matin, la Constituante a suspendu ses travaux. Elle devait initialement mettre en place une commission chargée d'enquêter sur les «crimes» commis pendant les manifestations antigouvernementales.

Selon l'ONG Foro Penal, au moins 4500 personnes ont été arrêtées depuis le début de la vague de protestations. Un millier d'entre elles sont encore en détention, dont 300 sur ordre de tribunaux militaires.




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