Relations avec la Russie: Trump blâme le Congrès

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Amer de constater que les relations entre les États-Unis et le Russie sont mauvaises, Donald Trump a écorché le Congrès sur Twitter, jeudi.

AP, Alex Brandon

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Francesco Fontemaggi
Agence France-Presse
Washington

Les relations entre Washington et Moscou sont plus mauvaises que jamais et continuent d'empoisonner sa présidence : Donald Trump en a fait jeudi le constat avec amertume, mais en a rejeté la faute sur le Congrès, qui a durci les sanctions contre la Russie.

Parmi les principales motivations de ces sanctions adoptées à une majorité écrasante par les parlementaires américains, les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine, qui pourraient déboucher sur des poursuites pénales à Washington. 

Parallèlement, sur le front diplomatique, les États-Unis font face au courroux des Russes, qui ont réagi durement après la promulgation par le président américain, mercredi, des nouvelles sanctions.

C'est «une déclaration de guerre économique totale» qui marque «la fin des espoirs russes pour une amélioration des relations», a affirmé mercredi soir le premier ministre Dmitri Medvedev, se moquant au passage de la «faiblesse totale» de la Maison-Blanche face au Congrès.

Et Donald Trump, qui se targuait lors de sa prise de fonctions en janvier de pouvoir réchauffer les relations avec le Kremlin de Vladimir Poutine, n'a pu que prendre acte de l'aggravation d'une situation déjà très tendue.

«Nos relations avec la Russie sont à un plus bas historique et très dangereuses», a écrit sur Twitter jeudi le président américain.

Jusqu'ici, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson avait estimé que ces relations étaient «au plus bas depuis la fin de la Guerre froide». Mais il avait prévenu mardi qu'elles pouvaient encore se détériorer.

Le président américain n'a pas évoqué les multiples dossiers de friction avec Moscou (Syrie, Ukraine, annexion de la Crimée, ingérence dans la présidentielle...).

Il a en revanche blâmé les parlementaires pour le gel américano-russe : «Vous pouvez dire merci au Congrès, ces mêmes gens qui s'avèrent incapables de nous donner une couverture santé», a-t-il lancé.

Bras de fer avec son camp

Un message, à usage de politique intérieure, qui s'inscrit dans le bras de fer qu'il a engagé, jusqu'ici sans succès, avec le Congrès, pourtant contrôlé par son propre camp républicain, pour revenir sur la réforme du système de santé de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Réponse cinglante, également sur Twitter, du sénateur républicain John McCain, ennemi déclaré de Moscou : «Notre relation avec la Russie est à un plus bas dangereux. Vous pouvez dire merci à Poutine pour les attaques contre notre démocratie, pour l'invasion de ses voisins et les menaces contre nos alliés.»

Signe que la crise diplomatique va plus loin, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a aussi évoqué des relations avec la Russie plus «difficiles» que jamais et a appelé à éviter «une nouvelle Guerre froide».

Washington a toutefois estimé qu'une embellie restait possible, alors que Rex Tillerson doit rencontrer ce week-end aux Philippines son homologue russe Sergueï Lavrov, avec lequel il s'est entretenu au téléphone jeudi. «Il y a toujours de l'espoir pour une amélioration [...] les États-Unis et la Russie doivent pouvoir être capables de travailler ensemble», a déclaré à la presse la porte-parole du département d'État américain Heather Nauert.

Un haut responsable du département d'État a pour sa part réfuté toute déclaration de guerre économique.

Soucieux de renouer avec Moscou, surtout à un moment où il peine à contrer la menace nucléaire nord-coréenne, l'exécutif américain n'avait pas caché ses réserves face à l'offensive russe du Congrès.

Donald Trump avait critiqué mercredi la loi sur les sanctions, jugée «très imparfaite», fustigeant une disposition inédite qui limite sa marge de manoeuvre pour revenir sur d'anciennes mesures visant la Russie.

La presse russe s'est aussitôt emparée de cette clause pour le critiquer personnellement. «Il ne s'agit plus des sanctions, mais de savoir qui est le vrai maître de la maison à Washington», a raillé le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda.

Les nouvelles sanctions frappent notamment le secteur énergétique russe, mais aussi l'Iran et la Corée du Nord.

Téhéran a estimé pour sa part que l'accord nucléaire de 2015 entre l'Iran et les grandes puissances avait été violé par ces sanctions, et a annoncé son intention de «réagir en conséquence de manière appropriée».  avec Maria Panina à Moscou




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