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Les Palestiniens galvanisés par le retrait des détecteurs de métal à l'esplanade des Mosquées

Des manifestants pro-Palestine sont sortis dans les rues... (AFP, Yasin Akgul)

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Des manifestants pro-Palestine sont sortis dans les rues dimanche à Istanbul, en Turquie, pour s'opposer aux mesures d'Israël à Jérusalem.

AFP, Yasin Akgul

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Joe Dyke
Agence France-Presse
Jérusalem

Le recul d'Israël sur les nouvelles mesures de sécurité autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, site politiquement et religieusement symbolique pour les Palestiniens, est vu par ces derniers comme une rare victoire dans leur lutte contre l'occupation israélienne.

«Les Palestiniens sortent galvanisés par ce qui est pour eux un succès dans un océan de défaites», a déclaré à l'AFP Ofer Zalzberg du centre d'analyses International Crisis Group (ICG).

Troisième lieu saint de l'islam, l'esplanade des Mosquées est située à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël.

L'annexion n'a jamais été reconnue par l'ONU et les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'État auquel ils aspirent, ce qui fait de l'esplanade - que les juifs appellent Mont du Temple et considèrent eux aussi comme sacrée - un lieu ultrasensible.

Quand il y a deux semaines, Israël a décidé d'installer de nouvelles mesures de sécurité à ses entrées, dont des détecteurs de métaux et des caméras, après une attaque meurtrière ayant coûté la vie à deux policiers israéliens le 14 juillet, la colère des Palestiniens a éclaté.

À leurs yeux, l'État hébreu tentait ainsi de renforcer son contrôle sur un lieu symbolique pour la souveraineté de l'État qu'ils appellent de leurs voeux. Israël de son côté justifiait ces mesures en soulignant que les attaquants avaient pu cacher leurs armes sur l'esplanade.

Après l'installation des détecteurs de métaux, les autorités religieuses musulmanes, le Waqf, ont demandé aux fidèles de boycotter l'esplanade et de prier à ses entrées dans la Vieille ville.

De tous bords

De nombreuses manifestations ont suivi et la tension a culminé le 21 juillet, jour de la grande prière du vendredi, quand des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens ont fait trois morts à Jérusalem-Est et dans les territoires occupés. Le même soir, un Palestinien entrait dans la maison de colons israéliens en Cisjordanie, territoire occupé militairement par Israël, tuant trois d'entre eux.

Le face-à-face a duré deux semaines avec une mobilisation de vastes pans de la société palestinienne.

«Le mouvement a mobilisé des gens de tous bords, religieux, non religieux, musulmans, chrétiens, riches et pauvres», souligne Diana Buttu, une ancienne responsable politique palestinienne devenue analyste.

Selon elle, les partis et groupes politiques traditionnels tels le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, n'ont pas été le moteur des protestations animées par la rue.

Confronté aux manifestations et à de fortes pressions internationales, le premier ministre Benjamin Netanyahu a finalement reculé en deux temps, annonçant d'abord le retrait des détecteurs de métaux puis jeudi de toutes les nouvelles mesures de sécurité mises en place le 16 juillet.

Immédiatement, des centaines de Palestiniens ont alors afflué dans la Vieille ville aux abords de l'esplanade.

Quand un Palestinien a tenté de s'en prendre aux forces israéliennes, la foule l'a admonesté, préférant célébrer ce qu'elle voyait comme une victoire.

Outre le bruit des klaxons et les chants de joie retentissant dans les rues, des jeunes ont accroché un grand drapeau palestinien sur une des murailles de la Vieille ville - un acte très rare à Jérusalem qu'Israël considère comme sa capitale indivisible.

«Nous sommes joyeux, j'habite loin, mais j'ai marché pour Al Aqsa», a expliqué à l'AFP une des manifestantes, Nisreen.

«Humiliation»

Dans la nuit de vendredi à samedi, le gouvernement israélien a levé les dernières restrictions d'accès - notamment basées sur l'âge - pour les Palestiniens sur l'esplanade.

Selon un sondage, 77 % des juifs israéliens estiment que Benjamin Netanyahu a capitulé. Même le quotidien Israel Hayom, fidèle soutien du premier ministre, l'a critiqué pour la gestion de la crise.

Depuis, Benjamin Netanyahu, qui est à la tête d'un gouvernement considéré comme le plus à droite du pays, s'est déclaré favorable à la peine de mort contre le Palestinien qui a tué trois Israéliens. Pour les commentateurs, il s'agit pour lui d'apaiser les critiques des éléments les plus durs de sa majorité.

«Il y a un fort sentiment d'humiliation surtout au sein des éléments de l'aile droite», affirme à l'AFP Ofer Zalzberg. «Pour surmonter cette humiliation, ils poussent le gouvernement à leur donner autre chose», ajoute-t-il.




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