Un violon pour manifester au Venezuela

Wuilly Arteaga avec son violon, lors d'une manifestation... (AP, Ariana Cubillos)

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Wuilly Arteaga avec son violon, lors d'une manifestation

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Esteban ROJAS
Agence France-Presse
Caracas

En prenant son violon au milieu des gaz lacrymogènes, Wuilly Arteaga est devenu une icône des manifestations contre le président Nicolas Maduro, qui secouent le Venezuela depuis près de quatre mois. Samedi, sa musique s'est tue pour un temps lorsqu'il a été blessé.

«Je ne vais pas me laisser intimider [...].... (AFP, Robert CARMONA-BORJAS) - image 1.0

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«Je ne vais pas me laisser intimider [...]. Nous allons continuer la lutte», a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur Twitter, où on peut le voir sur un brancard, le visage bandé et tuméfié.

AFP, Robert CARMONA-BORJAS

Avec son allure svelte, le violoniste de 23 ans paraît fragile, mais il promet toutefois de rester fort pour résister au président Maduro et à son projet contesté d'Assemblée constituante. Durant un rassemblement samedi à Caracas, il a été atteint au visage par des plombs de chasse, qui l'ont fait saigner abondamment, selon ses déclarations, .

«Je ne vais pas me laisser intimider [...]. Nous allons continuer la lutte», a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur Twitter, où on peut le voir sur un brancard, le visage bandé et tuméfié.

Juste après avoir été soigné, il s'est emparé de son violon sur son lit et a repris la mélodie, suscitant l'admiration de ses fans sur les réseaux sociaux.

Le pouvoir de la musique

Né à Valencia, le jeune homme a appris le violon dans le cadre d'El Sistema, un programme national d'orchestres pour la jeunesse du Venezuela, fondé en 1975 et destiné aux enfants des quartiers populaires. L'un de ses plus célèbres élèves, Gustavo Dudamel, est d'ailleurs devenu directeur de l'orchestre philharmonique de Los Angeles.

Les tout premiers contacts de Wuilly Arteaga avec la musique ont néanmoins eu lieu avec le piano, au sein d'une église protestante dont son père était concierge.

Le violoniste a gagné en notoriété aux funérailles d'Armando Cañizales, formé comme lui dans un orchestre junior et abattu le 3 mai au cours d'une manifestation à Caracas.

«J'ai eu très peur, car j'ai pensé que même la musique n'avait pas le pouvoir de faire réfléchir, mais je suis sorti du cimetière et je suis allé manifester avec plus de force», avait alors raconté à l'AFP Wuilly Arteaga. Depuis, sa mélodie résonne pendant les manifestations, au cours desquelles il envoie un «message de paix» au milieu de violences qui ont fait 103 morts depuis début avril.

Violon brisé

Le 24 mai, Wuilly Arteaga, a pleuré, amer, lorsqu'un militaire a détruit son instrument au cours d'un rassemblement.

Des photos et vidéos de cette journée ont déclenché une vague de solidarité sur les réseaux sociaux, où des dizaines de personnes ont réclamé son contact pour lui offrir un nouvel instrument.

Des artistes internationaux se sont joints au mouvement de solidarité, comme la chanteuse colombienne Shakira, l'Espagnol Alejandro Sanz, l'Américain d'origine portoricaine Marc Anthony, et des Vénézuéliens comme Ricardo Montaner, Franco De Vita et Oscarcito.

La vie de Wuilly Arteaga a changé. Invité par des organisations non gouvernementales, il a voyagé aux États-Unis et fait briller son talent jusque dans l'enceinte de l'ONU.

«Je sais que je ne suis personne, mais [...] je dois le faire pour que les Vénézuéliens comme moi puissent vivre en paix dans notre pays», a expliqué le jeune musicien.




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