Spicer quitte le bateau de Trump

Le porte-parole Sean Spicer sourit aux journalistes en... (AP, Alex Brandon)

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Le porte-parole Sean Spicer sourit aux journalistes en quittant la Maison-Blanche, vendredi. L'une des voix les plus importantes de l'administration Trump a annoncé sa démission, mais restera en poste jusqu'à la fin août.

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Agence France-Presse
Washington

Le porte-parole du président américain Donald Trump, Sean Spicer, l'une des voix les plus importantes de l'administration, a démissionné vendredi, après six mois passés à la Maison-Blanche.

Sean Spicer, 45 ans, a présenté sa démission en protestation après l'embauche par Donald Trump d'un nouveau directeur de la communication, Anthony Scaramucci, par-dessus les objections du secrétaire général de la Maison-Blanche Reince Priebus, selon une source à l'AFP.

«Ce fut un honneur et un privilège de servir le président Donald Trump. Je continuerai jusqu'à la fin août», a-t-il écrit sur Twitter en début d'après-midi.

M. Scaramucci, venu de Wall Street et impliqué dans la campagne de 2016, remplace Michael Dubke, un homme qui avait lui-même démissionné en mai après seulement trois mois. À ce poste, il dirigera la stratégie presse générale, tandis que le porte-parole est chargé des interactions quotidiennes avec les médias.

Sean Spicer était en réalité sur la sellette depuis des semaines, victime des critiques de son patron face au désordre dans la communication présidentielle, auquel le tweeteur-en-chef lui-même est accusé de contribuer. D'innombrables couacs et faux pas ont marqué les six premiers mois, sans compter des escarmouches quasi quotidiennes avec les journalistes.

La démission survient à la fin d'une nouvelle semaine mouvementée pour le président, ouvertement agacé par la progression de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion entre la Russie et sa campagne l'an dernier.

Outre le chambardement de l'équipe de communication, Donald Trump a remanié son équipe d'avocats personnels, qui représentent ses intérêts face à Robert Mueller. L'un d'eux a démissionné.

Ces événements ont secoué la sphère politico-médiatique, qui y voyaient le signe d'une Maison-Blanche divisée en interne et désorganisée.

Mais l'ancien porte-parole de George W. Bush, Ari Fleischer, a tempéré en rappelant que les collaborateurs sont toujours à la disposition du président. «L'opinion juge le président. C'est ce qui compte», a-t-il écrit sur Twitter.

«Rappelons-nous que la plupart des électeurs se fichent de savoir qui est porte-parole. Ce qui compte, c'est la politique du président», a quant à lui estimé le politologue Larry Sabato.

Mueller attaqué

Selon plusieurs journaux, le milliardaire septuagénaire cherche à contenir l'enquête sur les ingérences russes, qui vise certains de ses proches, et à saper l'autorité de Robert Mueller, nommé en mai pour assurer l'indépendance des investigations.

Il lui reproche de s'intéresser à ses propres finances et celles de sa famille, comme cela a été rapporté par plusieurs médias, insistant qu'il n'avait aucun intérêt financier en Russie.

Selon le New York Times, les avocats personnels et les collaborateurs de Donald Trump ont commencé à fouiller la vie des enquêteurs embauchés par Robert Mueller dans le but de découvrir des conflits d'intérêts qui pourraient permettre de les discréditer. Ils agitent ainsi des dons passés à des candidats démocrates.

Depuis le Bureau ovale, le septuagénaire a encore raconté qu'il avait reçu M. Mueller comme candidat à la direction du FBI, la veille de sa nomination comme procureur spécial. Selon lui, l'ancien directeur était désireux de reprendre les rênes de la police fédérale.

«Il y a de nombreux autres conflits dont je n'ai pas parlé, mais je le ferai un jour», a ajouté Donald Trump.

Enfin, il aurait demandé à ses juristes sous quelles conditions il pourrait gracier des proches, des membres de sa famille, voire lui-même, selon le Washington Post.

Ce travail de sape contre le procureur spécial a suscité la colère des démocrates qui codirigent les enquêtes distinctes menées au Congrès.

Le mandat de M. Mueller, défini dans une lettre, est d'enquêter sur «tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump», mais aussi tout sujet découlant directement de ces investigations.

Pour l'élu démocrate Adam Schiff, il ne fait aucun doute que M. Mueller a le pouvoir d'enquêter sur les finances de Donald Trump. «Tout fait financier inconvenant entre la Russie et l'organisation Trump, tel que du blanchiment d'argent, pourrait représenter le type même de Kompromat [information compromettante] que la Russie pourrait exploiter pour influencer la politique de l'administration», a-t-il déclaré.




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