Marche pour la justice de 25 jours en Turquie

La marche du chef du Parti républicain du... (AFP, GURCAN OZTURK)

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La marche du chef du Parti républicain du peuple, Kemal Kilicdaroglu (dont la pancarte adalet en turc, veut dire justice), s'est transformée en rassemblement contre la répression des personnes que le gouvernement dit soupçonner d'entretenir des liens terroristes depuis le coup d'État raté de l'été dernier.

AFP, GURCAN OZTURK

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Zeynep Bilginsoy
Associated Press
Istamboul

Le chef du principal parti de l'opposition en Turquie a complété dimanche sa «Marche pour la justice», après 25 jours, à Istanbul, où des centaines de milliers de manifestants l'ont rejoint pour dénoncer la répression du gouvernement envers ses opposants.

Le chef du Parti républicain du peuple, Kemal Kilicdaroglu, a amorcé cette marche de 450 kilomètres à partir de la capitale Ankara, après qu'un élu de sa formation eut été emprisonné au mois de juin.

Sa marche s'est transformée en rassemblement contre la répression des personnes que le gouvernement dit soupçonner d'entretenir des liens terroristes depuis le coup d'État raté de l'été dernier.

Autrefois perçu comme un chef de l'opposition médiocre, Kemal Kilicdaroglu est devenu le porte-étendard de bon nombre de Turcs et a été comparé à Mahatma Gandhi, qui avait mené en Inde une marche pacifique contre les pratiques coloniales britanniques.

Prenant la parole devant les protestataires, dimanche, M. Kilicdaroglu a signalé que cette marche n'était qu'un «premier pas».

Il a interpellé les juges et procureurs, les exhortant à agir de manière indépendante et selon leur «conscience» plutôt que de s'aligner sur le président Recep Tayyip Erdogan.

«Nous avons marché pour la justice non existante. Nous avons marché pour les droits des opprimés, pour les législateurs emprisonnés, pour les journalistes détenus, a-t-il scandé. Nous avons marché pour les universitaires qui ont été expulsés des campus.»

Il a également réclamé la fin de l'état d'urgence, déclaré après la tentative de putsch, et qui permet au régime de gouverner par décrets.

L'état d'urgence a mené à l'arrestation de quelque 50 000 personnes et au licenciement de 100 000 fonctionnaires. Une dizaine de législateurs du parti kurde ont aussi été emprisonnés.

Le Parti républicain du peuple voulait le rassemblement de dimanche non partisan et a donc interdit tout drapeau ou slogan de formations politiques.

Le gouvernement accuse M. Kilicdaroglu d'appuyer des groupes terroristes et d'enfreindre la loi en tentant d'influencer le pouvoir judiciaire.

La définition de soutien au terrorisme est si large en Turquie qu'elle entrave l'adhésion du pays à l'Union européenne.




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