Mort d'un ado mexicain à la frontière américaine: la justice gagne du temps

Le 7 juin 2010, Sergio Hernandez s'amusait avec... (AP)

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Le 7 juin 2010, Sergio Hernandez s'amusait avec trois amis dans le lit asséché du Rio Grande, qui sépare la ville mexicaine de Ciudad Juarez de sa voisine texane d'El Paso, quand il a été mortellement blessé par balle par un garde-frontière, Jesus Mesa.

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Agence France-Presse
Washington

La Cour suprême des États-Unis a refusé lundi de trancher la question de la possibilité de poursuivre un policier ayant tué un adolescent mexicain à la frontière entre les deux pays.

Cet épineux problème de droit, aux vastes implications, se pose, car l'agent a fait feu du côté américain de la frontière et sa victime, âgée de 15 ans, a été touchée côté mexicain.

Après avoir entendu les parties en février, la plus haute juridiction américaine a préféré renvoyer le dossier devant une cour d'appel, en lui demandant de se prononcer au regard de la jurisprudence récente.

Le 7 juin 2010, Sergio Hernandez s'amusait avec trois amis dans le lit asséché du Rio Grande, qui sépare la ville mexicaine de Ciudad Juárez de sa voisine texane d'El Paso, quand il a été mortellement blessé par balle par un garde-frontière, Jesus Mesa.

La loi fédérale américaine protège les citoyens contre un abus de force policière, mais les tribunaux ont estimé que cette protection ne pouvait s'appliquer en l'espèce, la victime étant un Mexicain mort au Mexique.

L'agent Mesa a donc bénéficié d'une immunité de fait. Mais les parents de l'adolescent, soutenus par le gouvernement mexicain et Amnesty International, la contestent depuis sept ans dans une bataille judiciaire épique.

«Je me bats pour mon fils, mais aussi pour les gens qui ont souffert d'histoires similaires», avait confié à l'AFP la mère, Guadalupe Guereca, en référence aux autres Mexicains qui ont été abattus par des tirs transfrontaliers.

La décision de renvoi en appel a été contestée par trois juges de la Cour suprême, mais pour des motifs différents.

Deux magistrats progressistes, Stephen Breyer et Ruth Bader Ginsburg, ont estimé que le policier devait être poursuivi, tout le lit du Rio Grande (dont les berges sont bétonnées) pouvant être considéré comme étant la frontière, et non pas seulement la ligne imaginaire suivant le milieu du lit.

À l'opposé, le juge conservateur Clarence Thomas a lui fait savoir qu'il aurait préféré confirmer l'impunité de l'agent Mesa.

Certains responsables américains s'inquiètent qu'un jugement favorable à la famille de l'adolescent mexicain ouvre la porte à de multiples poursuites visant les actes d'Américains en dehors des États-Unis, par exemple dans le cas d'une frappe par un drone militaire.




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