Les musulmans de Londres anxieux

Des Londoniens ont tenu une vigile devant la... (AFP, Tolga Akmen)

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Des Londoniens ont tenu une vigile devant la mosquée de Finnsbury Park, au nord de la capitale britannique, afin de dénoncer l'attaque survenue lundi contre ce lieu de culte.

AFP, Tolga Akmen

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Antoine Pollez
Agence France-Presse
Londres

La police continuait mardi à déterminer les motivations de l'auteur de l'attentat qui a visé des musulmans à proximité d'une mosquée de Londres, sans calmer l'anxiété de la communauté musulmane.

«Il y a eu hélas des attentats récents commis au nom de l'islam, au nom de Dieu, et il était possible que quelqu'un y réponde ainsi», confie à l'AFP Rawad-ud-din Arif Khan, imam de la mosquée Baitul Ahad, dans un quartier voisin de la banlieue nord de Londres, en référence aux trois attentats djihadistes perpétrés en trois mois au Royaume-Uni.

«La peur se répand parmi notre communauté. Ces gens veulent nous diviser, il faut veiller à ne pas tomber dans leur piège», a-t-il fait valoir.

Le suspect, âgé de 47 ans, a été identifié par les médias britanniques comme étant Darren Osborne, père de quatre enfants. Il est détenu pour terrorisme, selon Scotland Yard qui estime qu'il aurait agi seul mais n'a pas confirmé son identité. Il n'était pas connu des services de sécurité, a indiqué le secrétaire d'État à la sécurité, Ben Wallace.

Dans la nuit de dimanche à lundi, au volant d'une camionnette blanche, il a foncé sur les piétons qui sortaient pour la plupart d'un service religieux à la mosquée de Finsbury Park après l'Iftar, la rupture du jeûne du mois de ramadan.

«Nous sommes de tout coeur avec les personnes qui ont été blessées», a déclaré à l'agence Press Association au nom de sa famille Ellis Osborne, 26 ans, neveu de Darren Osborne.

La mère de Darren Osborne, Christine a décrit son fils comme une personne compliquée. «Je ne vais pas le défendre, mais c'est mon fils, et c'est pour moi un choc terrible», a-t-elle affirmé sur la chaine de télévision ITV.

Lundi soir, la police a perquisitionné la maison de Darren Osborne dans le quartier de Pentwyn, au nord de Cardiff, au Pays de Galles, a constaté un photographe de l'AFP.

Réponse exemplaire

Mardi, une veillée contre l'islamophobie a rassemblé en fin d'après-midi près de 300 personnes devant la mosquée de Finsbury Park, après un premier hommage lundi soir qui a rassemblé une centaine d'habitants.

«Si cette mosquée est attaquée, si une synagogue est attaquée, si quiconque est agressé, nous sommes tous attaqués à cause de ça», a déclaré sur place le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, député de la circonscription d'Islington-nord où se trouve Finsbury Park.

Lundi, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, avait salué la communauté musulmane, «dont la réponse la nuit dernière est un exemple pour nous tous».

Des témoins ont maitrisé l'assaillant et l'imam de la mosquée s'est interposé quand il a été brutalisé par la foule.

«Je veux tuer tous les musulmans», aurait crié l'agresseur selon Khalid Amin, un témoin interrogé par la BBC.

Onze personnes, toutes issues de la communauté musulmane, ont été blessées. Un Algérien a été hospitalisé dans un état grave mais sans que son pronostic vital soit engagé, selon le ministère algérien des Affaires étrangères.

Un homme a été déclaré mort sur les lieux de l'attaque, mais selon la police il est trop tôt pour dire si son décès est lié aux événements. Il recevait des premiers soins après un malaise lorsque le véhicule a fauché la foule.

«Vous n'êtes pas seuls»

La ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, a rappelé dans le Guardian «que des chiffres crédibles suggèrent que plus de la moitié de ceux qui subissent de la haine à cause de leur religion sont musulmans». «Nous sommes avec la communauté musulmane, vous n'êtes pas seuls, nous partageons votre douleur et nous n'allons pas vous laisser tomber», a-t-elle ajouté.

La première ministre Theresa May a, quant à elle, promis de combattre «le terrorisme, l'extrémisme et la haine» sous toutes leurs formes. Elle s'est rendue à la mosquée lundi pour rencontrer des responsables religieux.

En Égypte, l'influente institution de l'islam sunnite Al-Azhar a condamné l'attaque, réclamant des pays occidentaux des mesures préventives pour lutter contre l'islamophobie.

Cette attaque est survenue dans un climat d'extrême fébrilité au Royaume-Uni, après trois autres attentats en trois mois revendiqués par le groupe État islamique, qui ont fait 35 morts.

La mosquée de Finsbury Park était connue au début des années 2000 comme un haut lieu des islamistes londoniens, qui y écoutaient les prêches enflammés d'Abou Hamza. Ce dernier a été condamné à la perpétuité en 2015 aux États-Unis, notamment pour terrorisme.

La direction de la mosquée a changé depuis. «Notre communauté est en état de choc», a dit son président Mohammed Kozbar, appelant les fidèles à se montrer vigilants alors que des effectifs policiers supplémentaires ont été déployés à Londres pour rassurer les communautés.




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