Tensions États-Unis/Russie à cause d'un drone

Un F-15 Strike Eagle américain a abattu un... (Archives AFP)

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Un F-15 Strike Eagle américain a abattu un drone du régime de Bachar al-Assad, au grand déplaisir de la Russie, qui soutient le président syrien.

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Agence France-Presse
Beyrouth

Un avion de combat américain a abattu mardi un drone des forces prorégime en Syrie, suscitant la colère de la Russie qui a accusé la coalition internationale de «complicité de terrorisme».

Mardi avant l'aube, un avion américain F-15 Strike Eagle a abattu un drone de fabrication iranienne Shaheed 129 près de la région d'Al-Tanaf, dans le sud de la Syrie, après qu'il eut montré une intention hostile, a indiqué la coalition.

Cet incident est le dernier en date entre les forces prorégime et les États-Unis qui dirigent une coalition internationale pour lutter principalement contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie et en Irak. Moscou est impliqué militairement au côté du régime de Bachar al-Assad dans la guerre en Syrie, alors que Washington soutient et arme une alliance arabo-kurde rivale et des rebelles syriens.

Ce nouvel incident est intervenu à peine 48 heures après la destruction dimanche d'un appareil de l'armée syrienne par un avion de chasse américain dans la région de Raqa, en Syrie. L'ONU a mis en garde contre un risque d'escalade.

Les États-Unis avaient déjà abattu un drone des prorégime il y a deux semaines à Al-Tanaf, près de la frontière irakienne. Ils avaient aussi bombardé des combattants prorégime qui s'approchaient de cette ville. «La coalition ne laissera pas les appareils des forces prorégime menacer la coalition et ses forces alliées ou s'approcher étroitement de celles-ci», ajoute le communiqué.

En représailles à l'incident survenu dimanche, la Russie a annoncé qu'elle pointerait ses missiles vers les avions de la coalition.

***

Un canal de communications crucial

Le canal de communication entre militaires russes et la coalition menée par les États-Unis au sujet de leurs opérations en Syrie, dont Moscou a annoncé la suspension lundi, joue un rôle clef pour éviter les incidents.

Il repose notamment sur une ligne téléphonique spéciale entre le centre de commandement des opérations aériennes de la coalition, situé au Qatar, et son équivalent russe.

Un colonel américain russophone est capable côté américain d'échanger très vite des informations avec un homologue russe, pour éviter tout incident sur le théâtre d'opérations syrien, où les deux parties ont déployé leurs armements les plus sophistiqués.

La Russie avait déjà annoncé une suspension temporaire de ce dispositif en avril après la frappe américaine sur la base syrienne d'al-Chaayrate, en réponse à une attaque présumée chimique attribuée au régime du président syrien Bachar al-Assad.

Mais les échanges d'informations avaient vite repris normalement, selon les Américains.

«Nous espérons que nous allons pouvoir continuer à utiliser» ce mode de communication, a souligné mardi Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone.

Ce canal militaire américano-russe a été mis en place dans le cadre d'un protocole signé le 20 octobre 2015 par Moscou et Washington, trois semaines après le début des bombardements russes en Syrie.

Rayon autour d'Al-Tanaf

Outre la ligne téléphonique dédiée, Russes et Américains se sont mis d'accord sur un certain nombre de procédures à respecter dans leurs opérations, comme des conventions sur les fréquences radio à utiliser dans les échanges entre pilotes des deux pays.

Au-delà des échanges quotidiens d'informations, Russes et Américains ont utilisé ce canal pour définir des zones dites de «déconfliction», des zones considérées comme très sensibles par l'un des deux partenaires et où toute intrusion est considérée comme une menace.

La coalition a ainsi défini une telle zone d'un rayon de 55 kilomètres autour d'Al-Tanaf dans le sud syrien, où des forces spéciales américaines entrainent des forces locales syriennes dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

Le général Jeffrey Harrigian, qui commande les opérations aériennes américaines au Moyen-Orient, avait expliqué fin mai que militaires russes et américains intensifiaient leurs contacts, alors que les forces du régime se rapprochaient des zones où la coalition est active en Syrie.

«Mon impression est que les Russes sont aussi enthousiastes que nous» à mettre en place des mécanismes pour éviter des confrontations armées, avait souligné fin mai le général Joe Dunford, le chef d'état-major inter-armées américain.




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