Poussée de fièvre entre les États-Unis et le régime syrien

Les forces américaines sur place sont autorisées à... (AFP, Delil Souleiman)

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Les forces américaines sur place sont autorisées à se défendre contre toute attaque du régime, ou à défendre les forces locales syriennes qu'elles soutiennent.

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Laurent Barthelemy
Agence France-Presse
Washington

Les États-Unis ont abattu dimanche un avion syrien dans l'est de la Syrie, faisant planer le spectre d'une confrontation militaire avec le régime de Damas que Washington a toujours voulu éviter jusqu'à maintenant.

Washington est-il en guerre contre Damas?

Non, les États-Unis ne sont pas en guerre contre le régime syrien, ils combattent uniquement les jihadistes du groupe État islamique (EI).

Mais les forces américaines sur place sont autorisées à se défendre contre toute attaque du régime, ou à défendre les forces locales syriennes qu'elles soutiennent. C'est ce qui s'est passé lorsque l'avion syrien a été abattu.

Et c'est aussi ce qui s'est passé à trois reprises au moins depuis le début mai dans la région d'Al-Tanaf, près de la frontière avec l'Irak et la Jordanie, quand les forces américaines ont bombardé des forces pro-régime.

«Ce n'est probablement pas la dernière fois que les forces américaines frappent des forces du régime, spécialement pour protéger des forces américaines et alliées sur le terrain», a indiqué lundi Luke Coffey, un analyste militaire de la fondation Heritage.

Trump est-il plus agressif?

L'administration Trump a fait le 7 avril dernier ce que l'administration Obama s'était toujours refusée à faire : frapper le régime syrien pour le sanctionner d'avoir utilisé l'arme chimique.

L'administration Trump a par ailleurs délégué aux militaires les décisions opérationnelles, leur donnant une plus grande autonomie dans la guerre contre le groupe État islamique.

Mais elle n'a pas changé le cap global par rapport à l'administration Obama : se focaliser sur la défaite de l'EI et libérer la ville de Raqa, la capitale de facto des jihadistes, en s'appuyant pour les combats au sol sur les Forces démocratiques syriennes, une coalition arabo-kurde.

«Nous ne cherchons pas la guerre avec la Syrie», a souligné lundi le porte-parole du Pentagone, Jeff Davis.

Pourquoi cette poussée de fièvre?

Jusqu'à il y a quelques mois, les forces pro-régime étaient monopolisées par les combats contre les rebelles dans l'ouest de la Syrie. La défaite des rebelles à Alep et dans d'autres de leurs bastions permet aux forces pro-régime de désormais progresser vers l'est de la Syrie pour venir au contact des Forces démocratiques syriennes et des zones où les États-Unis et la coalition sont actifs.

Beaucoup d'analystes voient la main de l'Iran derrière cette poussée vers l'est de la Syrie et la frontière irakienne. L'Iran chercherait à se constituer à travers ses alliés un accès jusqu'à la Méditerranée, via l'Irak et la Syrie.

Les forces syriennes, une menace?

Car faute de règlement politique du conflit syrien, une question cruciale est toujours sans réponse : qui contrôlera à l'avenir les territoires libérés des jihadistes par la coalition et ses alliés locaux?

Les États-Unis «ne peuvent pas se contenter de combattre le groupe État islamique» en Syrie, ils «vont rentrer en conflit avec d'autres» parties sur le terrain, prédit Charles Lister, un spécialiste de la Syrie au Middle East Institute.

«La mission américaine en Syrie est en train de dangereusement évoluer d'une campagne antiterroriste contre l'EI à une participation à la guerre civile syrienne», renchérit Bill Roggio, un expert du cercle de réflexion Fondation pour la défense des démocraties à Washington.

Quelle est l'attitude de la Russie?

Jusqu'à maintenant, les militaires américains se sont toujours félicités de leurs relations avec les militaires russes, du fonctionnement de la ligne téléphonique d'échange d'informations et sur la détermination des «zones de déconfliction» considérées comme sensibles par les deux parties.

Mais la Russie a annoncé lundi avoir suspendu ce canal de communication.

Et elle a annoncé que les puissants moyens de défense antiaérienne, dont elle dispose en Syrie allaient pointer leurs missiles vers les avions de la coalition circulant à l'ouest de l'Euphrate, pour être prêts à agir contre eux.

«Nous allons travailler dans les prochaines heures sur le plan diplomatique et militaire pour rétablir» les communications avec la Russie et éviter tout incident, a indiqué le chef d'état-major interarmées américain Joe Dunford.

Combien de soldats américains en Syrie?

L'administration Trump ne veut pas dire combien de soldats américains sont déployés en Syrie, mais le chiffre est probablement proche du millier. L'administration a autorisé la présence en permanence d'environ 500 soldats des forces spéciales pour conseiller les Forces démocratiques syriennes et d'autres groupes syriens se battant contre le groupe État islamique. Mais plusieurs centaines de soldats supplémentaires sont envoyés pour des déploiements temporaires, notamment pour des soutiens d'artillerie aux Forces démocratiques syrienne près de Raqa.




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