Macron obtient la majorité absolue

Le président français Emmanuel Macron a obtenu une... (AFP, Philippe Huguen)

Agrandir

Le président français Emmanuel Macron a obtenu une large majorité, dimanche, aux élections législatives.

AFP, Philippe Huguen

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Sophie Pons
Agence France-Presse
Paris

Devenu le 7 mai le plus jeune président de l'histoire de France, Emmanuel Macron a parachevé dimanche sa prise de pouvoir éclair en remportant une majorité écrasante à l'Assemblée nationale, un an seulement après la création de son mouvement politique centriste et pro-européen.

Il y a encore trois ans, cet ancien banquier de 39 ans, issu des plus hautes écoles de l'élite française, était aussi inconnu du grand public que la plupart des candidats qui se sont lancés dans la campagne des législatives sous la bannière de son parti, «République en marche» (REM).

Au lendemain de l'élection présidentielle, certains doutaient de la capacité de son mouvement à obtenir une présence parlementaire suffisante pour assurer la stabilité politique et mener les réformes sociales-libérales voulues par le président.

Le voilà doté de 355 à 400 sièges, selon les estimations, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges. Mais l'abstention record (plus de 56 %) montre que «les Français n'ont pas voulu signer de chèque en blanc», comme l'a dit le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Le livre-programme d'Emmanuel Macron promettait en novembre dernier une «révolution» : pari tenu avec le renouvellement en profondeur de la classe politique française, le désaveu essuyé par des ténors chevronnés, la fin du bi-partisme droite gauche.

«Le sauveur de l'Europe?» titrait cette semaine le journal The Economist, en saluant son entrée sur scène dans une Europe en crise confrontée à des poussées nationalistes.

Ses adversaires dénoncent la «Macronmania» que semble susciter cet homme au profil de gendre idéal, yeux bleus, bien peigné, poli et élégant.

Emmanuel Macron «domine par le charme», un charme lié à «son âge, son allure, sa beauté et la vivacité de son intelligence», écrivait récemment le philosophe Gilles Lipovetsky. Son couple atypique avec Brigitte Trogneux-Macron, son ancienne professeure de théâtre au lycée, de 24 ans son ainée, lui a aussi permis de nouer «une relation particulière» avec les Françaises, selon lui.

Son entrée en politique remonte à 2012, quand il quitte la banque d'affaires Rothschild & Co pour devenir conseiller économique du président socialiste François Hollande. Il devient son ministre de l'Économie en août 2014, poste qui lui permettra, selon un de ses proches, de prendre la mesure des «scléroses» du pays.

En avril 2016, c'est devant une poignée de militants qu'il lance à Amiens, sa ville natale du nord de la France, son «mouvement politique nouveau» «ni à droite ni à gauche», ouvert sur la société civile.

La start-up s'est depuis transformée en machine de guerre : pour les législatives, le choix des candidats a été un «processus quasi industriel», avec «19 000 dossiers de candidatures», comme l'a expliqué un responsable du mouvement.

Intuitif, ambitieux, audacieux, son patron, pur produit du système, fils de médecins, élève brillant, a visé juste avec sa campagne sur le thème de la «rupture».

«Ancien monde»

Au final, «l'ancien monde» comme on dit en langue Macron a été chamboulé par le «dégagisme», néologisme apparu pendant la campagne présidentielle pour parler du désir de renouvellement politique exprimé par les Français.

Sans attendre les législatives, le nouveau président a déjà dit sa volonté «d'aller vite» pour ses réformes qui visent à réconcilier «liberté et protection».

Il a déjà ouvert les discussions avec les représentants syndicaux pour avancer sur la refonte du Code du travail, chantier prioritaire très attendu par ses partenaires européens. La loi de moralisation de la vie politique, après une campagne marquée par les affaires, a été présentée dans ses grandes lignes mi-juin.

Le Pen entre à l'Assemblée

Marine Le Pen a été élue députée dimanche.... (AP, Michel Spingler) - image 3.0

Agrandir

Marine Le Pen a été élue députée dimanche.

AP, Michel Spingler

Marine Le Pen, cheffe de file de l'extrême droite française, a été élue députée dimanche un peu plus d'un mois après sa défaite à la présidentielle, à l'issue d'élections qui ont consolidé, sans toutefois atteindre les succès escomptés, la place du parti Front national. «Face à ce bloc qui représente les intérêts de l'oligarchie, nous sommes la seule force de résistance», a-t-elle lancé dimanche soir, combative. Sévèrement défaite par le centriste Emmanuel Macron à la présidentielle en mai, cette avocate de formation de 48 ans était donnée favorite dans son fief d'Hénin-Beaumont, ancien bastion socialiste frappé par la désindustrialisation et un fort chômage.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer