Cuba: des républicains contrariés par Trump

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Plusieurs élus républicains sont en désaccord avec les mesures annoncées vendredi par Donald Trump dans le dossier des relations avec Cuba.

AP, Evan Vucci

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Richard Lardner
Associated Press
Washington

Le président Donald Trump n'a pas fait que des heureux chez les républicains en annulant certaines politiques de l'ère Obama face à Cuba, alors que certains élus du Congrès voyaient dans cette option la possibilité de percer dans un marché lucratif des biens et services.

Si des républicains conservateurs anticastristes ont salué la décision du président Trump de renverser une partie du rapprochement avec Cuba amorcé par l'ancien président Barack Obama, d'autres - particulièrement dans les régions rurales - ont qualifié cette politique de malavisée et isolationniste.

Ces élus ont exhorté le président à éliminer les barrières avec l'île communiste pour stimuler le commerce et créer des emplois dans les deux pays.

Le représentant de l'Arkansas, Rick Crawford, estime que ce virage du président représente bien plus qu'une occasion manquée pour les régions rurales du pays, qui bénéficieraient de cet accès accru au marché cubain. Selon lui, la politique du président pourrait mettre à risque la sécurité nationale alors que d'autres concurrents tenteront de combler le vide laissé par les Américains.

Ce désengagement des États-Unis ouvre la porte à des pays comme l'Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine qui mèneront leurs activités à moins de 150 kilomètres des côtes américaines, a-t-il soutenu.

Le sénateur de l'Arizona, Jeff Flake, qui a souvent critiqué M. Trump pendant la campagne à la présidence, a affirmé dans un communiqué que tout changement de politique «qui diminue la capacité des Américains à voyager librement à Cuba n'était pas dans le meilleur intérêt des États-Unis ou du peuple cubain.»

M. Flake est l'un de ceux qui voulaient laisser en place la politique de l'administration Obama à l'égard de La Havane. Il a prévenu que tout retour à une approche «dure» allait nuire aux Cubains dont le niveau de vie dépend largement du tourisme.

Dans son communiqué, M. Flake a demandé aux leaders républicains du Sénat de permettre un vote sur son projet de loi qui selon lui éliminerait des «restrictions archaïques» de voyage à Cuba.

La proposition législative de M. Flake compte 54 cosignataires, incluant neuf sénateurs républicains, dont John Boozman de l'Arkansas, Mike Enzi du Wyoming, et Jerry Moran du Kansas.

Nuisible pour l'économie américaine

Lors d'un discours vendredi à Miami, Donald Trump a présenté sa politique comme la réalisation de l'un de ses engagements de campagne, qui visait à mettre fin au rapprochement avec Cuba, initié par Barack Obama.

L'approche du président républicain vise à freiner le flot d'argent américain dans les services de l'armée, tout en maintenant les relations diplomatiques. Les transporteurs aériens américains et les bateaux de croisière seront toujours autorisés à desservir sur l'île.

Les États-Unis auront toutefois la difficile tâche de contrôler les voyages américains à Cuba pour s'assurer qu'il n'y a aucune transaction avec le conglomérat lié à l'armée qui gère une bonne partie de l'économie cubaine.

Parmi les alliés de M. Trump, on retrouve le sénateur Marco Rubio et le représentant Mario Diaz-Balart, deux élus de la Floride qui étaient vigoureusement opposés à l'initiative de M. Obama.

Le représentant Tom Emmer, du Minnesota, croit que la nouvelle politique «nuira à l'économie américaine, rendant difficile l'accès des fermiers du pays à de nouveaux marchés et coupant l'herbe sous le pied des industries touristique et manufacturière.»

M. Emmer, l'un des plus grands partisans de M. Trump au Capitole, a repris les critiques de M. Crawford, affirmant que cette nouvelle directive pourrait violer sa promesse d'assurer la sécurité aux États-Unis.

Cet élu, ainsi que cinq autres républicains ont aussi averti qu'un refroidissement des relations avec Cuba pourrait menacer des ententes bilatérales avec La Havane pour s'attaquer au trafic humain, aux drogues illicites et à la cybercriminalité.

***

Être président, une bénédiction pour les finances de Trump

En accédant à la présidence des États-Unis, le milliardaire Donald Trump a dû céder les rênes de son empire, mais il semble que ses revenus provenant de son club privé de Floride et des ventes de livres aient gonflé.

D'après des documents rendus publics vendredi soir portant sur l'année fiscale achevée au 15 avril 2017, M. Trump a gagné environ 37 millions $ sur un an grâce à Mar-a-Lago, soit 7 millions $ de plus que sur l'année fiscale précédente.

Depuis son investiture le 20 janvier, le président américain s'est rendu à maintes reprises dans la luxueuse propriété de Palm Beach surnommée La Maison-Blanche d'hiver. Les frais d'inscription à ce club privé ont augmenté de manière importante.

Pour ses déplacements familiaux en Floride, il était accompagné d'une pléthore d'agents des services secrets et d'employés de son administration. Le coût a été acquitté par le contribuable américain.

Le document rendu public vendredi par le Bureau d'éthique gouvernementale, qui fait une centaine de pages, est moins détaillé qu'une déclaration d'impôts. Le milliardaire a toujours refusé de divulguer ses déclarations de revenus, rompant ainsi avec une tradition de plusieurs décennies.

Ce document révèle également qu'il a engrangé des recettes supérieures de la vente de son livre The Art of the Deal (1987), et qu'il a démissionné de ses fonctions dans 565 entreprises juste avant d'entrer à la Maison-Blanche.

Ses actifs sont très diversifiés, allant par exemple d'actions dans le groupe pharmaceutique Pfizer à des parts dans une société de boissons en Israël.

Le document montre aussi que Donald Trump est endetté à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars.  AFP




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