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FBI, gouvernement américain et Russie: démentis et oublis du ministre de la Justice

Lors de cette audition au Sénat d'environ deux heures... (AFP, Saul Loeb)

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Lors de cette audition au Sénat d'environ deux heures et demie - la première depuis sa prise de fonction -, Jeff Sessions s'est souvent réfugié derrière la prérogative lui permettant de conserver la confidentialité de ses discussions avec le président.

AFP, Saul Loeb

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Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a dénoncé mardi comme un «mensonge détestable» l'idée qu'il aurait pu être de connivence avec le gouvernement russe, lors d'une audition au Sénat où ses souvenirs ont semblé en décalage avec ceux de l'ex-chef du FBI, James Comey.

Éminence grise et très proche fidèle de Donald Trump, le ministre américain de la Justice s'est récusé dans l'enquête sur la Russie qui empoisonne la présidence. Mais certains le soupçonnent d'avoir continué en coulisse à tirer des ficelles, notamment en recommandant le renvoi en mai de M. Comey. Ce dernier a fortement irrité la Maison-Blanche avec son enquête sur l'ingérence de Moscou dans l'élection de 2016.

Lors de cette audition publique d'environ deux heures et demie - la première depuis sa prise de fonction -, Jeff Sessions s'est souvent réfugié derrière la prérogative lui permettant de conserver la confidentialité de ses discussions avec le président. «Toute suggestion selon laquelle j'aurais été de connivence ou j'aurais eu connaissance d'une entente avec le gouvernement russe [...] serait un mensonge éhonté et détestable», a déclaré en préambule cet ancien sénateur de l'Alabama.

Une des questions se posant devant la commission était de savoir combien de fois M. Sessions a rencontré l'an passé l'ambassadeur de Russie aux États-Unis, Sergueï Kisliak. Après l'avoir tu dans un premier temps, le ministre avait ensuite dû admettre deux rencontres avec M. Kisliak.

Mardi, M. Sessions s'en est tenu à ce chiffre, mais sans écarter formellement la possibilité d'une troisième rencontre dont il ne se souviendrait pas. «Je l'ai peut-être croisé dans une réception», a-t-il dit au sujet d'une réunion politique organisée en avril 2016 dans un grand hôtel de Washington.

Un deuxième point sur lequel était attendu Jeff Sessions concernait une réunion le 14 février à la Maison-Blanche, à l'issue de laquelle M. Trump aurait demandé à James Comey d'abandonner l'enquête sur l'ancien conseiller Michael Flynn.

Pour les démocrates, le président s'est alors rendu coupable d'une tentative d'entrave à la justice, foulant les principes de séparation des pouvoirs.

Selon la version de l'ex-grand chef policier, Donald Trump avait fait sortir tous ses conseillers du Bureau ovale, y compris le ministre de la Justice, avant de formuler sa requête choquante.

Après cet épisode, M. Comey dit être allé voir Jeff Sessions pour lui demander de s'interposer à l'avenir entre lui et le président, afin d'empêcher toute interférence politique dans les investigations. Jeff Sessions n'a pas répondu, selon son récit. «Je peux me tromper, mais son langage corporel semblait dire : qu'est-ce que je peux y faire?» a raconté l'ancien patron du FBI.

Interrogé sur cette réunion, Jeff Sessions a livré une version des faits semblant minimiser l'incongruité de la rencontre en tête-à-tête entre l'enquêteur en chef et l'homme dont les proches étaient visés par des investigations. Le ministre a été poussé à admettre qu'il n'avait pas cherché à en savoir davantage sur les cyberattaques venues de Moscou, niant avoir reçu un rapport sur ces faits.

Trump ne congédiera pas Mueller, dit la Maison-Blanche

Donald Trump en compagnie de sa fille Ivanka,... (AP, Pablo Martinez Monsivais) - image 3.0

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Donald Trump en compagnie de sa fille Ivanka, mardi, avant qu'ils s'envolent pour Milwaukee.

AP, Pablo Martinez Monsivais

La Maison-Blanche a affirmé que le président Donald Trump n'a «aucunement l'intention» de congédier le procureur spécial enquêtant sur la possible ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

La porte-parole Sarah Huckabee Sanders a affirmé aux journalistes à bord de l'Air Force One que «bien que le président a le droit» de congédier Robert Mueller, il n'a «aucunement l'intention de le faire».

Le président a déjà qualifié l'enquête sur la Russie de «chasse aux sorcières».

Certains des alliés de M. Trump ont commencé à remettre en question la crédibilité de M. Mueller.

En vertu des règles du département de la Justice, il revient en fait au procureur général adjoint de prendre une telle décision - bien que le président puisse contourner le protocole.

Le procureur général adjoint a assuré devant un comité du Congrès qu'il résisterait à un ordre de licenciement injustifié : «Je ne suivrai pas n'importe quelle ordonnance à moins que j'estime qu'elle est légitime et appropriée», a témoigné Rod Rosenstein.

La raison pour laquelle le procureur général adjoint est responsable est que son patron s'est récusé de l'enquête.

Et cet homme, Jeff Sessions, a aussi promis mardi de ne pas s'impliquer dans les discussions sur un possible congédiement. «J'ai confiance en M. Mueller», a-t-il simplement dit dans un témoignage très attendu devant le Sénat.  AP




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