Législatives en France: le parti de Macron en voie d'une majorité

Le président français Emmanuel Macron et sa femme... (AFP, Christophe Petit Tesson)

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Le président français Emmanuel Macron et sa femme ont voté dimanche à Le Touquet à l'occasion du premier tour des élections législatives.

AFP, Christophe Petit Tesson

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Daphné Benoit, Baptiste Pace
Agence France-Presse
Paris

Le parti centriste du nouveau président français Emmanuel Macron s'apprête à rafler une écrasante majorité à l'Assemblée après avoir pulvérisé les partis traditionnels et l'extrême droite au premier tour des législatives dimanche, marquées par une abstention record.

Le mouvement présidentiel, La République En Marche (LREM), et ses alliés centristes, forts d'un tiers des voix environ, raviraient au second tour dimanche prochain entre 400 et 445 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, très nettement au-dessus de la majorité absolue, selon les projections des instituts de sondage.

«La France est de retour», a lancé le premier ministre Edouard Philippe, en vantant les mérites d'un président qui «a su incarner en France comme sur la scène internationale la confiance, la volonté et l'audace».

Même un ministre mis en cause dans une affaire de transaction immobilière, Richard Ferrand, s'est qualifié haut la main pour le second tour.

Ce score tient de la performance pour un mouvement qui, après seulement un an d'existence, a réussi à dynamiter les partis traditionnels de gauche et de droite qui se partageaient le pouvoir en France depuis 60 ans.

La droite (entre 20,9 % et 21,5 % des voix), qui espérait en début de campagne priver le président Macron de majorité et le forcer à la cohabitation, terminerait avec 70 à 130 élus.

Un résultat «décevant pour notre famille politique», a convenu l'ancien président de l'Assemblée Bernard Accoyer, tandis que le chef de file de la droite à ces législatives, François Baroin, a appelé à la mobilisation pour éviter des «pouvoirs concentrés» dans «un seul et même parti».

À gauche, le Parti socialiste de l'ex-président François Hollande, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait à moins de 40 sièges. «Un recul sans précédent», a reconnu son chef Jean-Christophe Cambadélis, éliminé dimanche, tout comme le candidat malheureux du PS à la présidentielle Benoît Hamon.

Camouflet pour l'extrême droite

Camouflet également pour le parti d'extrême droite Front national (FN), dont la patronne Marine Le Pen s'était hissée il y a un mois au second tour de la présidentielle: les projections donnent seulement 1 à 10 sièges au FN au sein de la nouvelle Assemblée, contre deux précédemment - pas suffisamment pour constituer un groupe parlementaire disposant d'une influence réelle.

Pour ce parti anti-immigration europhobe, c'est «une déception», a reconnu son vice-président Florian Philippot.

Mme Le Pen, qui pourrait pour la première fois faire son entrée au parlement français après être arrivée en tête dans sa circonscription du nord de la France, a appelé les «électeurs patriotes» à une «forte mobilisation».

À l'autre extrême, la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, malgré sa nette percée au premier tour de la présidentielle.

Ces élections n'ont pas réussi à mobiliser les Français. Pour la première fois depuis près de 60 ans, l'abstention dépasserait la barre des 50 % au premier tour des législatives, reflétant, selon les experts, une forme de fatalisme face à la «vague» Macron.

Renouvellement historique en vue

Cette déferlante vient confirmer la soif de renouvellement politique des Français, qui ont éliminé à la présidentielle les ténors des partis traditionnels au profit d'un homme de 39 ans encore inconnu de tous il y a quelques années, dont le gouvernement mêle personnalités de droite, de gauche et de la société civile.

Parmi les candidats investis par La République en Marche, un grand nombre sont des citoyens jamais élus et originaires d'horizons variés: torera, mathématicien, pilote de chasse, etc.

Leur manque de notoriété ou d'expérience semble être compensé par la popularité du nouveau chef de l'État français, qui connaît un état de grâce en ce début de quinquennat.

Premiers pas jugés réussis sur la scène internationale face aux poids lourds Donald Trump, Angela Merkel et Vladimir Poutine, confiance des investisseurs, cote au beau fixe auprès des Français... Le président pro-européen bénéficie d'une véritable «Macronmania».

Fort d'une probable majorité à l'Assemblée, Emmanuel Macron aura les mains libres pour appliquer, comme promis, son programme de réformes sociales-libérales: moralisation d'une vie politique minée par les affaires, assouplissement du droit du travail - au risque de s'attirer les foudres des syndicats - ou encore réduction des déficits publics, pour se conformer aux règles européennes.

Berlin, qui réclame depuis longtemps des réformes structurelles à Paris, a félicité dimanche le président français pour le «grand succès» de son parti.

«Chancelière Merkel: Mes félicitations sincères à Emmanuel Macron pour le grand succès de son parti au 1er tour. Un vote pour des réformes», a tweeté le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.




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