Les Catalans voteront sur leur indépendance

Le président indépendantiste de la Catalogne, Carles Puigdemont,... (AP, Manu Fernandez)

Agrandir

Le président indépendantiste de la Catalogne, Carles Puigdemont, a prononcé un discours vendredi matin pour annoncer la tenue d'un référendum de la région le 1er octobre. Le gouvernement espagnol interdit pourtant la tenue d'une telle consultation.

AP, Manu Fernandez

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Barcelone

Le président indépendantiste de la Catalogne a annoncé vendredi la tenue d'un référendum d'autodétermination de sa région le 1er octobre, malgré son interdiction par la justice, au risque d'entraîner une crise institutionnelle majeure en Espagne.

«Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous forme de république?» sera la question posée aux Catalans, a révélé le président de l'éxécutif catalan, Carles Puigdemont, dans un discours solennel prononcé à Barcelone.

Il a ensuite assuré qu'en cas de victoire du «oui», il remplirait le mandat qui lui aura été ainsi confié : séparer sa région de 7,5 millions d'habitants de l'Espagne.

M. Puigdemont n'a cependant pas encore signé le décret de convocation de cette consultation déjà déclarée anticonstitutionnelle.

Son organisation n'est en effet pas simple.

Sa tenue mettrait en délicatesse avec la loi toutes les personnes - et en particulier les fonctionnaires - qui participeraient à son organisation.

Et au sein même du camp des partisans d'un référendum, certains ne souhaitent pas une confrontation avec l'État.

Les dirigeants séparatistes catalans revendiquent depuis des années le «droit à un référendum d'autodétermination» pour leur région du nord-est de l'Espagne, comme celui accordé en 2014 par Londres à l'Écosse.

En cas de victoire du «oui», ils se montrent résolus à amorcer la déconnexion de l'Espagne dès cette année.

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a pour sa part toujours assuré qu'un tel référendum n'aura pas lieu, la Constitution ne permettant pas de consulter le peuple sur une seule portion du territoire quand il s'agit d'un enjeu national.

«Tant que je serai président du gouvernement, cela ne se produira pas», avait réaffirmé le 27 mai en Catalogne M. Rajoy, au pouvoir depuis 2011.

Le gouvernement peut l'empêcher via la Cour constitutionnelle, qui pourrait suspendre M. Puigdemont pour désobéissance, ou directement, en préemptant les compétences des autorités régionales.

Les Catalans eux sont divisés sur l'indépendance : 44,3 % seraient pour, 48,5% contre, selon le dernier sondage d'un institut gouvernemental.

Mais ils souhaitent majoritairement (à 73,6%) pouvoir se prononcer par référendum.

Cette consultation est défendue au-delà de la sphère indépendantiste par des organisations comme le nouveau parti de gauche Catalunya en Comu de la maire de Barcelone Ada Colau, des syndicats, des chefs d'entreprises et même le club de football FC Barcelone.

Mais Catalunya en Comu laisse entendre qu'il ne soutiendrait pas un vote sans garanties démocratiques, laissant les séparatistes seuls à le défendre et à l'organiser.

L'exécutif catalan prépare une loi régionale - au contenu pour l'heure tenu secret - qui lui octroierait le pouvoir de convoquer le référendum et déconnecter la région de l'ordre juridique espagnol.

Une stratégie déjà qualifiée de «véritable coup d'État» par Madrid.

Dialogue de sourds

Le 9 novembre 2014, la région avait déjà bravé une première interdiction en organisant une «consultation» symbolique des Catalans : 2,3 millions de personnes - sur six millions d'électeurs potentiels- avaient participé et huit sur dix s'étaient prononcées pour la sécession.

Le président catalan de l'époque, Artur Mas, a été condamné en mars à deux ans d'interdiction d'exercer une fonction publique élective pour l'avoir organisée.

Ces dernières années, Madrid a ainsi systématiquement eu recours à la justice pour contrer les mesures prises par les séparatistes catalans en vue de la tenue d'un référendum d'autodétermination.

En dépit du lancement au début de l'année par le gouvernement d'une «opération dialogue» la région et l'État central ne sont pas parvenus à se rapprocher.

Madrid a certes promis 4,2 milliards d'euros d'investissements dans les infrastructures catalanes d'ici à 2020.

Mais la Catalogne réclame depuis des années plus de pouvoir, que Madrid n'envisage pas de lui donner.

L'indépendantisme s'est alimenté dans la région de ce que M. Puigdemont appelle «la grande frustration de 2010», quand la Cour constitutionnelle avait finalement raboté le statut de large autonomie accordé en 2006 à la Catalogne.

Et en dépit de tous les avertissements, les séparatistes poursuivent coûte que coûte leurs préparatifs, au risque d'une crise majeure.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer