Brexit et sécurité en tête, les Britanniques aux urnes

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Un citoyen se présente à un pub qui fait office de bureau de vote, près d'Oxford, dans l'ouest de Londres, jeudi.

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
Londres

Brexit et sécurité étaient au coeur des préoccupations des électeurs britanniques jeudi lors de législatives au résultat incertain, cruciales pour les négociations sur la sortie de l'UE, organisées avec une sécurité renforcée en raison du climat de menace jihadiste.

S'ils restent donnés favoris par les sondeurs, les conservateurs de la première ministre Theresa May, 60 ans, ont vu fondre de moitié au moins, selon les enquêtes d'opinion, l'écart de plus de 20 points qui les séparait des travaillistes de Jeremy Corbyn, 68 ans, à l'annonce en avril de la tenue du scrutin.

À Londres, Birmingham, Manchester, Liverpool ou Glasgow, les bureaux de vote fermeront à 22h00 (21h00 GMT), dans un pays ébranlé par trois attentats revendiqués par le groupe Etat islamique qui ont fait 35 morts en moins de trois mois, le dernier étant survenu samedi soir en plein coeur de Londres (8 morts).

Conséquence: des mesures de sécurité ont été prévues dans la capitale pour permettre un déploiement rapide des forces de police.

La sécurité, et le Brexit, étaient d'ailleurs à l'esprit de nombreux électeurs au moment de glisser le bulletin dans l'urne.

«J'ai fait mon choix sur ces deux questions: avoir un bon accord sur le Brexit, et la sécurité», a déclaré à l'AFP Angus Ditmas, 25 ans, dans un bureau de vote d'un quartier du nord de Londres.

Au même endroit, Simon Bolton, 41 ans, souhaitait lui voter pour un «leader fort, quelqu'un avec de l'assurance, qui pourra obtenir le meilleur accord possible pour le Brexit».

Moulin à vent

Dans tout le pays, le vote se déroulait parfois dans des lieux insolites. Près d'Oxford (centre), un bureau a été installé dans une laverie automatique, où l'urne posée sur une table en formica côtoyait une longue rangée de machines à laver. À Brighton (sud), les électeurs votaient dans un moulin à vent du XIXe siècle. Plusieurs églises étaient réquisitionnées à travers le pays.

Il faudra attendre la fermeture des bureaux à 22H00 pour que soit autorisée la publication de sondages de sortie des urnes et de projections. Le résultat final est attendu vendredi à l'aube.

Le scrutin, auquel 47 millions de Britanniques sont appelés à participer, a été déclenché trois ans avant le terme de la législature par Theresa May, qui espère obtenir une majorité renforcée pour négocier le Brexit avec les 27.

Le dernier sondage réalisé par l'institut You Gov pour le quotidien Times, du 5 au 7 juin auprès de 2.130 personnes, donnait les conservateurs à 42% contre 35% aux travaillistes.

L'impact des attentats sur le scrutin est difficile à évaluer. Si les conservateurs sont, selon les analystes, jugés «plus solides» sur les questions de sécurité, ils font l'objet de critiques pour n'avoir pas pu empêcher ces attaques et avoir supprimé 20.000 postes de policiers depuis 2010.

«On ne veut pas que ces attaques influencent ce qu'on pense», assurait Javed, 23 ans, dans un bureau de vote de Barking (est de Londres), d'où provenaient des auteurs de l'attentat de samedi. «De toute manière, il y aura des menaces quel que soit (le vainqueur)», a-t-il ajouté.

L'enjeu du scrutin dépasse largement les frontières du pays, alors que l'Union européenne veut débuter au plus vite les négociations sur le Brexit.

Theresa May, qui a voté dans la matinée dans le village de Sonning (ouest de Londres), espère porter sa courte majorité de 17 à une cinquantaine de sièges au Parlement pour se mettre à l'abri de toute rébellion dans son camp.

«Donnez-moi un mandat clair pour négocier le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni», a-t-elle demandé aux électeurs.

Son rival travailliste, Jeremy Corbyn, 68 ans, un vétéran de l'aile gauche du Labour, veut adopter un ton plus conciliant avec Bruxelles et garder un accès au marché unique européen.

«Confortable» victoire des Tories ?

Si le Brexit est la raison d'être du scrutin, il a été paradoxalement quasi absent des débats. En dehors de se quereller pour savoir qui était le mieux à même pour mener les négociations, Mme May et M. Corbyn n'ont jamais développé leur vision d'un avenir post-Brexit.

«Nous ne savons pas vraiment ce qu'ils vont faire à propos du Brexit», regrettait dans un bureau de vote londonien Joe Kerney, 53 ans.

Seuls les centristes du parti Libéral-démocrate et les nationalistes écossais du SNP ont placé la question européenne au centre de leur campagne.

Sur le plan national, la campagne, nerveuse, ultra-courte et bouleversée par les attentats, s'est jouée d'abord sur des thèmes de proximité comme la défense du système de santé public NHS, qui favorisent traditionnellement les travaillistes de Jeremy Corbyn.

À l'aise sur ce terrain, celui-ci a étonné jusqu'au sein de son propre parti, dont 80% des députés avaient tenté de le renverser.

Theresa May, en revanche, a peiné à enthousiasmer ses partisans en se contentant de décliner ses éléments de langage en petit comité.

Tim Bale, professeur à l'université Queen Mary de Londres, continue cependant à miser «sur une confortable victoire des Tories». Grâce notamment à l'apport de voix du parti europhobe Ukip, en état de décomposition avancée depuis le retrait de son ex-leader Nigel Farage.




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