Pittsburgh, en rogne contre Trump, vire déjà au vert

Célèbre pour ses majestueux ponts en acier qui... (AFP, Eric Baradat)

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Célèbre pour ses majestueux ponts en acier qui encadrent son centre-ville, Pittsburgh a depuis longtemps abandonné ses industries poluantes. Au milieu du XXe siècle, la pollution des aciéries était telle qu'on ne pouvait pas porter de chemise blanche sans la noircir.

AFP, Eric Baradat

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Vendredi, à l'heure où les habitants de Pittsburgh hâtent le pas vers le bureau, tout le monde ou presque avait entendu la nouvelle : à leur grand effroi, Donald Trump a pris leur ville en exemple pour justifier le retrait de l'accord de Paris sur le climat.

«J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris», a-t-il déclaré jeudi depuis la Maison-Blanche.

«Il a en tête l'idée que l'accord aurait désavantagé les industries lourdes et l'extraction minière, mais on ne fait plus cela depuis longtemps ici», dit David Sandy, 36 ans, dans l'ombre de la grande tour US Steel, l'un des symboles de l'ex-capitale de l'acier.

Pittsburgh, environ 300 000 habitants, est incarnée par les majestueux ponts en acier qui traversent les deux grandes rivières encadrant son centre. Mais banques, groupes de santé et instituts de recherche emploient désormais les habitants, qu'on voit arriver par le métro ou des vélos en libre-service. 

«Je ne connais même pas d'ouvrier de l'acier», poursuit David Sandy.

Un enfer de pollution

Beaucoup d'anciens racontent la même histoire : au milieu du XXe siècle, la pollution des aciéries était telle qu'on ne pouvait pas porter de chemise blanche sans la noircir. 

«C'était un enfer ici, très sale, des hauts fourneaux partout», assure Daniel Fore, un juriste de 55 ans qui a vécu toute sa vie ici. «Les boulots payaient bien, mais la pollution était horrible. Maintenant, le centre est mignon», dit-il près d'une fontaine, entre des piétons qui ont fait le plein de caféine dans l'un des très nombreux cafés.

De sa maison sur une colline surplombant Pittsburgh, de l'autre côté de la rivière Monongahela, Bill Bobak, conducteur de train à la retraite, est aussi affirmatif : «Mon père me disait qu'on ne voyait pas la ville d'ici» à cause du smog.

Cette ville a cessé de perdre des habitants. Noelle Ivankevich, 29 ans, était venue faire ses études il y a 10 ans et est restée. Aujourd'hui elle travaille chez Federated Investors, une grande institution financière. «Mon père était ouvrier dans l'acier, mais je crois au changement d'époque, il faut rendre le monde meilleur», explique-t-elle, toujours pas remise de la décision présidentielle.

Virage déjà pris

Au cinquième étage du massif bâtiment de pierre grise de la mairie, le maire de Pittsburgh n'en croyait pas non plus ses oreilles en entendant Donald Trump.

«Je suis rentré dans le bureau de mon directeur de cabinet et je lui ai dit : Pittsburgh?» raconte Bill Peduto, au lendemain de cet épisode qui lui a valu un soudain regain de notoriété mondiale.

«Je crois qu'il avait en tête le Pittsburgh d'il y a 40 ans, quand la ville était encore un centre mondial de la production d'acier et de l'industrie, dit-il. Mais cette ère a pris fin dans les années 70.»

Il décrit comment la ville a rebondi du sinistre économique des années 70 et 80 en «plantant des graines» pour passer à la nouvelle économie. L'Université Carnegie Mellon a ouvert un laboratoire de robotique en 1979.

Aujourd'hui, les constructeurs automobiles nouent des partenariats de recherche, et Google, Uber, Microsoft et Tesla développent leurs technologies de demain. Des quartiers entiers ont changé de physionomie pour les accueillir.

Trump ou pas, le maire de cette ville très démocrate clame qu'il poursuivra les objectifs climatiques adoptés localement, en investissant dans des immeubles verts ou les transports en commun.

Des innovations que la région autour de Pittsburgh ne voit pas forcément, nuance Darlene Harris, une élue locale de 64 ans, septième génération à Pittsburgh. Elle rappelle que l'ouest de la Pennsylvanie n'a rien du paradis technologique promu par le maire. «Je pense que le président parlait de la région entière, pas juste de la ville», confie-t-elle.

Hasard du calendrier, Pittsburgh accueille ces jours-ci une conférence d'économistes de l'environnement.




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