Le Yémen s'effondre, dénonce l'ONU

Cette petite fille soignée à Sanaa fait partie... (AFP, Mohammed Huwais)

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Cette petite fille soignée à Sanaa fait partie des 55 200 Yéménites touchés par le choléra depuis la fin avril.

AFP, Mohammed Huwais

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Agence France-Presse
New York

Le Yémen est un pays qui s'effondre en raison de la guerre, de la famine et d'une épidémie meurtrière de choléra, a dénoncé mardi le chef des opérations humanitaires de l'ONU.

«Le temps est venu» de mettre fin à la plus grande urgence alimentaire au monde et de ramener le Yémen sur le chemin de la survie, a déclaré Stephen O'Brien devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

«La crise n'est pas en train de venir, elle n'est pas imminente, elle est là aujourd'hui sous nos yeux, et les gens ordinaires en paient le prix», a ajouté le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des Affaires humanitaires.

«Les habitants au Yémen sont soumis aux privations, à la maladie et à la mort sous les yeux du monde entier», a-t-il dénoncé.

La crise s'intensifie jusqu'à «l'effondrement social, économique et institutionnel complet» de ce pays pauvre, selon le responsable de l'ONU.

Le Conseil de sécurité a échoué à rapprocher les deux parties pour mettre fin à la guerre civile qui ravage le pays depuis deux ans.

Plus de 8000 personnes sont mortes depuis le lancement en mars 2015 d'une campagne militaire par plusieurs pays conduits par l'Arabie Saoudite contre les rebelles houthis soutenus par l'Iran, qui contrôlent la capitale, Sanaa.

Depuis le début du conflit, 17 millions de personnes sont confrontées à des pénuries de nourriture, dont près de 7 millions sont proches de la famine, dans un pays très dépendant de l'importation de nourriture.

En outre, depuis la fin avril, une épidémie de choléra a tué 500 personnes et en a contaminé 55 206 autres, dont un tiers d'enfants, selon l'ONU. La maladie pourrait encore toucher quelque 150 000 personnes dans les six prochains mois.

M. O'Brien a critiqué la coalition militaire conduite par l'Arabie Saoudite qui menace d'attaquer le port d'Hodeïda tenu par les rebelles, pourtant vital pour les importations du Yémen. Il a aussi critiqué les délais d'autorisations pour les navires, qui sapent la confiance des négociants.

Loin d'un accord

De retour de la région, l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a rapporté qu'aucun progrès n'avait été obtenu pour relancer des négociations de paix ou obtenir un accord pour le port de Hodeïda.

«Je ne cacherai pas à ce Conseil que nous ne sommes pas proches d'un grand accord», a-t-il déclaré.

La semaine dernière, 22 organisations humanitaires et de droits de l'homme au Yémen, dont Save the Children, l'International Rescue Committee et Oxfam, avaient déjà sonné l'alarme, exhortant le Conseil de sécurité à «agir de façon décisive» dans ce pays.




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