Le pape doute des apparitions de la Vierge à Medjugorje

Le pape François a quitté le Portugal, samedi,... (AP, Paulo Cunha)

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Le pape François a quitté le Portugal, samedi, après un passage remarqué à Fatima, où la Vierge Marie serait apparue à trois jeunes bergers en 1917.

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Agence France-Presse

Samedi, le pape François a émis de sérieux doutes sur les apparitions quotidiennes de la Vierge à Medjugorje, une bourgade du sud de la Bosnie-Herzégovine où affluent un million de pèlerins par an.

En juin 1981, six enfants et adolescents bosniens avaient raconté avoir été témoins de l'apparition de la Vierge à Medjugorje, petite ville située au sud-ouest du pays. Elle réapparaîtrait aujourd'hui quotidiennement à certains de ces témoins devenus adultes.

La femme qui leur apparaît «n'est pas la maman de Jésus», a tranché le pape dans l'avion qui le ramenait samedi du Portugal, où il a canonisé deux des trois bergers ayant raconté avoir vu Marie en 1917 à Fatima.

Jorge Bergoglio a évoqué samedi une enquête en cours de l'Église et a exprimé des «doutes» sur les présumées apparitions actuelles à Medjugorje.

Le souverain pontife a ensuite ajouté : «Moi personnellement, je suis plus méchant, je préfère la madone mère, notre mère, et non la madone chef de service, avec des graphiques et qui envoie des messages tous les jours», une déclaration qui devrait faire des vagues en Bosnie-Herzégovine.

«Ces présumées apparitions n'ont pas tant de valeur, je le dis comme une opinion personnelle. Mais c'est clair, qui pense que la Vierge dirait : ''Donc, venez demain à partir de telle heure et je dirai un message à tel voyant?''» a-t-il insisté.

Le pape s'est montré plus clément sur les apparitions originelles de 1981, qu'il n'a pas rejetées pour l'instant. «Sur les premières apparitions, qui étaient celles des enfants, l'enquête dit, plus ou moins, qu'il faut continuer à enquêter là-dessus», a-t-il dit.

Manne touristique

Plutôt sensible à la religiosité populaire, il a souligné qu'on ne pouvait nier un phénomène «spirituel et pastoral» de pèlerins rencontrant la foi dans ce lieu.

Le pape a d'ailleurs confié récemment une mission à un archevêque polonais pour évaluer «les besoins des croyants qui s'y rendent en pèlerinage». Il ne sera toutefois pas chargé de trancher sur la véracité des apparitions, question doctrinale qui revient à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans ce pays pauvre de 3,8 millions d'habitants, dont 10 % de catholiques, les pèlerins de Medjugorje constituant une manne touristique.

Face aux controverses suscitées par les apparitions quotidiennes, plusieurs enquêtes ont été menées, la dernière en janvier 2014, mais le pape n'avait fait aucune annonce depuis.

Cependant, en novembre 2013, le souverain pontife avait prononcé une petite phrase qui montrait déjà sa prudence. «La Vierge, disait-il, n'est pas un chef du bureau de poste qui enverrait des messages tous les jours.»

***

Pas question de juger Trump avant de l'avoir écouté

Interrogé au sujet de la visite prochaine du président Donald Trump, le pape a dit qu'il espérait trouver des terrains d'entente avec le dirigeant qu'il recevra le 24 mai au Vatican.

François n'a pas voulu aborder les sujets qui fâchent avec Donald Trump, alors que les deux hommes ont des positions très différentes sur des sujets allant des migrations au changement climatique.

«Je ne porte jamais de jugement sur une personne sans l'écouter. Je crois qu'il n'est pas possible de faire cela. Je dirai ce que je pense, il dira ce qu'il pense», a-t-il dit.

Il y a «toujours des portes qui ne sont pas fermées», a-t-il insisté, en expliquant que sa méthode était de «chercher les portes qui au moins sont un peu ouvertes, entrer et parler des choses communes, et aller de l'avant, pas à pas».

«La paix est artisanale, elle se fait chaque jour. Et aussi l'amitié entre les personnes, la connaissance mutuelle, l'estime sont artisanales», a expliqué le pontife argentin, tout en soulignant que même en matière de religion, il n'était pas un «prosélyte».

Déclaration peu appréciée

Donald Trump doit se rendre au Vatican dans le cadre de son premier voyage à l'étranger comme président, qui doit le mener d'abord en Arabie Saoudite et en Israël, puis à Bruxelles et à nouveau en Italie pour le sommet du G7 à Taormina, en Sicile.

Interrogé sur M. Trump en février 2016, quand ce dernier était candidat à la primaire républicaine, le pape avait assuré : «Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n'est pas chrétienne».

Cette déclaration avait alors provoqué une réaction courroucée du magnat de l'immobilier, qui avait jugé «honteux» qu'un responsable religieux «mette en doute la foi d'une personne».

Lors de la prestation de serment de Donald Trump, le 20 janvier, le pape avait prié pour que ses décisions soient «guidées par les riches valeurs spirituelles et éthiques» du peuple américain, avec une «préoccupation pour les pauvres et les exclus».




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