Macron, président aux influences américaines

Jusqu'à un certain point, des comparaisons peuvent être... (AFP, Charly Triballeau)

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Jusqu'à un certain point, des comparaisons peuvent être faites entre Emmanuel Macron, qui deviendra dimanche président de la République française, et l'ancien président américain Barack Obama.

AFP, Charly Triballeau

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Catherine Hours
Agence France-Presse
Paris

Jeune, plutôt cool, intello... Le style du nouveau président français Emmanuel Macron peut évoquer celui de Barack Obama, contrôle de soi au maximum et épouse en première ligne, mais la comparaison a ses limites, relèvent des experts des deux rives de l'Atlantique.

Façon Pete Souza pour les Obama, une photographe suit à la trace Emmanuel Macron depuis dix mois déjà. Détendu les pieds sur la table, regard rivé sur son portable, baiser à sa femme Brigitte... Quelques-uns de ces clichés ne sont pas sans rappeler certaines photos de l'ex-président américain.

On peut multiplier les parallèles. La Marseillaise, l'hymne national, chantée main sur le coeur, «à l'américaine». Ou en réunion ce leitmotiv contre son adversaire d'extrême droite Marine Le Pen - «ne la sifflez pas, battez-la!» - rappelant le «don't boo, vote!» («inutile de huer, votez!») d'Obama contre Trump.

Mi-avril, le film d'un échange téléphonique est d'ailleurs posté sur le compte Twitter du candidat : l'ex-président américain, populaire en France, encourage le candidat. Son soutien officiel viendra peu après, pour le second tour.

Campagne inspirée par Obama

La campagne Macron paraît de fait inspirée par celle du démocrate en 2008 : axée sur le terrain, le porte-à-porte, les «référents» locaux...

Il y a un an, En Marche! recrutait Liegey Muller Pons (LMP), une start-up de «stratégie électorale» usant le big data et les nouvelles technologies : en trois mois, 300 000 logements seront visités dans des quartiers ciblés, pour enquêter sur les problématiques des Français.

LMP a été fondée par trois Français, bénévoles de la campagne Obama en 2008 pendant leurs études. «Ils ont vu la technologie utilisée pour rationaliser, savoir à quelles portes taper. Ils ont importé l'idée», explique-t-on la société.

En avril, le magazine américain The Atlantic écrivait : si Emmanuel Macron gagne, «ce sera largement grâce à une mobilisation inédite de bénévoles, mise en place avec des techniques d'organisation à l'américaine reflétant à bien des égards le style des campagnes d'Obama».

Message positif

Guillemette Faure, longtemps correspondante de médias français à New York, relève aussi le côté positif du message du candidat Macron.

«Les propos sur la colonisation ou les opposants au mariage gay "humiliés" sont une tentative pour réconcilier le pays et, en ça, font écho au discours d'Obama à la convention démocrate de 2004 sur les fractures de la société américaine,» dit-elle.

Dans le dispositif, il y a aussi l'épouse, la complicité affichée, la famille recomposée... Du déjà vu, notamment avec la famille Sarkozy en 2007. Mais le quotidien argentin Clarin voit en Mme Macron «la Michelle Obama française», par «sa spontanéité», son abord «accessible».

«La première recommandation faite aux Macron par Laurence Haïm (ex-correspondante de la chaîne d'informations iTELE aux États-Unis devenue porte-parole d'En Marche!) a été de la jouer comme les Obama. Ils ont mis ce conseil parfaitement en pratique!» assurait récemment à l'AFP Sophie des Déserts, de Vanity Fair France, qui a décortiqué la communication du couple.

Laurence Haïm relativise : «Je suis venue parce que sa campagne m'a fait penser à celle d'Obama : démocratie participative, désir de renouvellement, énergie [...] Mais ce n'est pas du copier/coller».

De fait, l'histoire n'est pas la même, entre Obama, le négligé né d'un père kényan et d'une mère du Kansas, et Macron, qui se bat avec son image d'ex-banquier passé par les écoles de l'élite.

Et le 7 mai, soir de sa victoire, c'est au son de l'hymne européen qu'il entre en scène devant ses partisans : «Le choix de l'Ode à la joie, qui sort du cadre patriotique et dit l'importance de l'international, aurait été inimaginable aux États-Unis», estime le chercheur Denis Lacorne.

L'Américain Bruce Crumley, journaliste pour Time pendant 25 ans, relève, lui, une différence sur le fond : «Obama avait été élu après la présidence clivante de Bush, mais aussi pour réparer les dégâts financiers et sociaux générés par les politiques ultra-libérales de Bill Clinton. Macron, lui, ne veut pas réparer les dégâts de la dérégulation, mais être un néo-Bill Clinton».

***

Beaucoup de nouveaux visages

Dimanche matin, François Hollande (à droite) cèdera officiellement... (AP, Michel Euler) - image 4.0

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Dimanche matin, François Hollande (à droite) cèdera officiellement la place à son successeur à l'Élysée, Emmanuel Macron.

AP, Michel Euler

À la veille de l'entrée en fonction du président Emmanuel Macron, son mouvement et celui de la gauche radicale ont réuni samedi leurs candidats aux législatives des 11 et 18 juin en misant sur les nouvelles têtes.

Samedi, à quelques heures de la passation de pouvoir à l'Élysée entre le président socialiste François Hollande et son ex-ministre de l'Économie, les candidats de son mouvement En Marche! travaillaient sur la manière de faire campagne» dans un musée parisien, à huis clos.

Une sorte de séminaire de formation, car la moitié d'entre eux sont de nouveaux visages venus de la société civile.

Selon les messages publiés sur Twitter par ses soutiens, le jeune président centriste a été accueilli «triomphalement» par les candidats auxquels il a lancé : «Vous êtes les nouveaux visages de la politique française». «Vous avez une responsabilité immense», a-t-il lancé.

Dans les blocs de départ aussi, la France insoumise, le mouvement du candidat de la gauche radicale à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, a rassemblé 1500 personnes en région parisienne : candidats, suppléants, directeurs de campagne...

M. Mélenchon, qui avait rallié 19,58 % des suffrages au premier tour, veut faire de son mouvement le principal parti d'opposition à M. Macron.

Inquiétudes à droite

Le mouvement d'Emmanuel Macron a pioché à gauche dans ses premières investitures, avec 22 députés sortants de ce côté de l'échiquier politique, mais il espère aussi convaincre des élus de droite.

Près de 150 circonscriptions ont été laissées vacantes, et pourraient être attribuées à ceux qui, au Parti socialiste (PS) comme chez Les Républicains (LR), seraient compatibles avec le projet présidentiel.

«Il essaie de nous tuer, comme il est en train de le faire avec le PS», s'est inquiété un stratège LR, samedi, dans les colonnes du quotidien Le Parisien.

À droite, certains pourraient être tentés par l'aventure. Un «signal», selon un soutien de droite de M. Macron, sera l'annonce en début de semaine de la composition du gouvernement, qui devrait comporter des ministres de droite.

Les cérémonies d'investiture doivent débuter dimanche à 10h (4h, heure du Québec) à l'Élysée avec un entretien avec François Hollande dans le bureau présidentiel, puis une allocution d'Emmanuel Macron.




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