Moon Jae-in élu président de la Corée du Sud

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Moon Jae-In fera face à plusieurs défis dans le pays fortement divisé sur son avenir qui fait face à une menace grandissante de la part de la Corée du Nord, et dont l'alliance militaire avec les États-Unis ne fait pas l'unanimité.

AP, Lee Jin-man

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Hyung-Jin Kim, Foster Klug
Associated Press
Séoul

Le candidat libéral Moon Jae-in a été officiellement proclamé gagnant de l'élection présidentielle en Corée du Sud, un jour après que des millions de citoyens eurent voté lors du scrutin pour remplacer l'ancienne dirigeante, Park Geun-hye, qui est maintenant en prison en attendant son procès pour corruption.

La Commission nationale électorale a terminé le décompte des votes, tôt mercredi, et a annoncé que M. Moon avait remporté 41 % des voix, détenant une avance confortable contre son plus proche rival, le conservateur Hong Joon-pyo, qui a récolté 23 % du vote.

Le président sera assermenté lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale mercredi.

M. Moon fera face à plusieurs défis dans le pays fortement divisé sur son avenir qui fait face à une menace grandissante de la part de la Corée du Nord, et dont l'alliance militaire avec les États-Unis ne fait pas l'unanimité.

Rapprochement avec la Corée du Nord

La direction du pays pourrait changer considérablement, puisque le nouveau président prône un rapprochement avec la Corée du Nord. Il soutient que la ligne dure à l'égard de Pyongyang n'a pas empêché le gouvernement nord-coréen de développer son programme nucléaire et a simplement réduit l'influence de la Corée du Sud dans les pourparlers internationaux pour freiner les ambitions du pays communiste.

Cette approche plus conciliante pourrait entrer en contraction avec celle prônée par le plus grand allié de la Corée du Sud, les États-Unis. Jusqu'ici, l'administration Trump a soufflé le chaud et le froid quant au dirigeant nord-coréen.

M. Moon est lui-même le fils de réfugiés qui ont fui le Nord pendant la guerre de Corée. Il se retrouvera à la tête d'un pays fortement ébranlé par le scandale de corruption qui a chassé sa prédécesseure conservatrice.

L'ex-présidente Park Geun-hye croupit en prison en attendant son procès, plus tard ce mois-ci, relativement aux accusations de corruption et d'extorsion qui pèsent contre elle.

Lors de son rassemblement pour célébrer sa victoire, M. Moon a souri et salué ses partisans qui scandaient son nom sur la place Gwanghwamun, à Séoul, où des millions de Sud-Coréens ont manifesté pacifiquement depuis la fin de l'an dernier pour chasser Mme Park.

«C'est une grande victoire pour un grand peuple. Je consacrerai toutes mes énergies à construire une nouvelle nation», a-t-il déclaré à la foule.

Le Sud-Coréen qui croit pouvoir dire «non» à Washington

Moon Jae-In est un vétéran de la lutte pour les droits de l'homme qui espère reprendre langue avec Pyongyang et croit possible de dire «non» à Washington.

L'ancien membre des forces spéciales âgé de 64 ans a été porté aux nues durant la campagne du fait de son implication dans les manifestations monstres de 2016 contre l'ex-présidente Park Geun-Hye, destituée pour son rôle dans un énorme scandale de corruption.

Classé plutôt à gauche, M. Moon était l'ami et le directeur de cabinet du président Roh Moo-Hyun qui s'est suicidé en 2009 après l'ouverture d'enquêtes pour corruption visant des collègues proches et des parents.

«La corruption est le plus gros sujet de la vie politique sud-coréenne», explique Robert Kelly, de la Pusan National University. «Tous les présidents ont de près ou de loin été mêlés à des affaires de corruption ou de pots-de-vin.»

Famille pauvre 

Deux anciens chefs de l'État, Chun Doo-Hwan et Roh Tae-Woo, ont même purgé des peines de prison pour ce motif dans les années 90.

Mais M. Moon jouit d'une image d'homme honnête, relève Kim Neung-Gou, du site Polinews, et il a «surfé sur la vague des manifestations contre Mme Park».

Il est né en pleine Guerre de Corée sur l'île de Geoje, dans le Sud du pays, d'une famille pauvre de réfugiés qui ont fui le Nord. Sa mère, raconte-t-il dans son autobiographie, vendait des oeufs dans la ville portuaire de Busan avec son bébé, lui, accroché dans le dos.

Il commence à étudier le droit en 1972, mais est arrêté et exclu de sa faculté pour avoir conduit une manifestation étudiante contre la dictature de Park Chung-Hee, le père de la présidente destituée.

Il se lie d'amitié en 1982 avec le futur président Roh et les deux hommes ouvrent à Busan un cabinet d'avocats spécialisé dans les droits de l'homme et les droits civiques.

Tous deux sont des figures majeures du mouvement prodémocratique qui fait basculer le pays et permet les premières élections libres de Corée du Sud. Mais si M. Roh se lance en politique, M. Moon poursuit sa carrière d'avocat.

Quand le premier est contre toute attente élu président en 2002, le second le rejoint comme conseiller puis comme directeur de cabinet, et participe à l'organisation du deuxième sommet des dirigeants du Nord et du Sud qui réunit M. Roh et Kim Jong-Il en 2007.

Dialogue avec le Nord 

Candidat, M. Moon a promis de réduire le pouvoir économique détenu par les conglomérats familiaux sud-coréens, les «chaebols», dont les relations troubles avec le pouvoir politique ont à nouveau été exposées par le scandale Park.

Mais ses détracteurs l'accusent d'être obtus et entouré de conseillers dont les ambitions ont contribué à la division de l'opposition.

Surtout, M. Moon est accusé de manquer de poigne à l'égard de Pyongyang, en pleine période de tensions relatives aux ambitions nucléaires du Nord.

L'avocat préconise en effet le dialogue et la réconciliation avec le Nord pour calmer la situation et ramener Pyongyang à la table des négociations.

En décembre, il avait affirmé qu'une fois élu, il irait en Corée du Nord avant de se rendre aux États-Unis, puissance protectrice du Sud.

Interrogé sur cet étonnant positionnement, il avait expliqué qu'il voulait dire que sa priorité était de faire retomber la tension avec Pyongyang. Il s'est en outre montré plus hostile au déploiement en Corée du Sud du bouclier américain antimissiles Thaad qui provoque la colère de la Chine.

Dans un récent livre, M. Moon écrivait que Séoul devait apprendre à dire «non» à Washington, plaidant pour des relations «plus justes et plus équilibrées» avec les États-Unis.




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