Premiers pas de Macron

Le président sortant François Hollande (à droite) a... (AFP, Stéphane De Sakutin)

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Le président sortant François Hollande (à droite) a dit ressentir «beaucoup d'émotion» à passer «le flambeau» à son ancien ministre, Emmanuel Macron. Les deux étaient réunis devant la tombe du Soldat inconnu lundi pour les cérémonies soulignant le 72e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

AFP, Stéphane De Sakutin

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Béatrice Le Bohec
Agence France-Presse
Paris

Après sa large victoire saluée en Europe, le jeune centriste Emmanuel Macron a fait lundi ses premiers pas de président élu, déjà tourné vers la bataille cruciale des élections législatives dans une France profondément divisée.

Avant la passation de pouvoir prévue pour dimanche, le pro-européen qui est devenu à 39 ans le plus jeune président de France et l'un des plus jeunes dirigeants du monde a commémoré lundi aux côtés du président socialiste sortant François Hollande la victoire du 8 mai 1945.

M. Hollande, qui achève un mandat de cinq ans marqué par une impopularité record, a dit ressentir «beaucoup d'émotion» à transmettre «le flambeau» à son ancien ministre.

Élu avec 66,1 % des voix, celui qui espère rassembler sous sa bannière les «progressistes républicains» a reconnu dimanche n'avoir pas reçu «un blanc-seing» des électeurs après un scrutin marqué par une abstention record et un score historique pour l'extrême droite (33,9 %).

Chantiers majeurs

Des chantiers majeurs attendent Emmanuel Macron, entré en politique en 2012 après avoir été banquier d'affaires : endiguer un chômage endémique (10 %), faire face à une forte menace terroriste et relancer une Europe affaiblie. Il prévoit à cet égard se rendre en priorité à Berlin, selon son entourage.

Le patronat français a accueilli avec soulagement son élection, mais l'attend sur ses capacités de réforme, notamment le droit du travail qui constitue au contraire une ligne rouge pour nombre de syndicats.

En guise d'avertissement, plusieurs milliers de militants «anticapitalistes» ont manifesté dans l'après-midi à Paris pour montrer leur détermination à lutter contre toutes les «régressions sociales».

M. Macron qui a fait campagne sur le thème du «renouvellement politique» révélera après son investiture dimanche le nom de son premier ministre, qui pourrait venir de la droite pour symboliser sa volonté de rassemblement, selon son entourage.

Le nouveau président a démissionné lundi de la tête de son mouvement En Marche!, rebaptisé La République en marche en vue des élections législatives des 11 et 18 juin qui s'annoncent cruciales.

Conscient de la nécessité d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale s'il veut pouvoir mettre en oeuvre son programme libéral social, M. Macron a appelé dès dimanche soir les électeurs à lui donner «une majorité vraie, forte, de changement».

Selon le politologue Stéphane Rozès, «c'est lui qui devra conduire la bataille des législatives, comme Napoléon dans les batailles serrées se mettait en première ligne».

La presse française soulignait la difficulté de la tâche, avec un mouvement jeune, sans expérience et sans implantation locale. Le quotidien de gauche Libération, qui analyse sa «victoire sous pression», estime ainsi que «la forte abstention, malgré la menace de l'extrême droite, montre une insatisfaction vis-à-vis du nouveau président».

De fait, entre l'abstention record (25,44 %) et un nombre historique de votes blancs et nuls (un peu plus de quatre millions), plus d'un Français sur trois a refusé le choix Macron/Le Pen.

Espoir des Européens, selon Merkel

Dénigrée par les eurosceptiques, la victoire de ce pro-européen convaincu a été saluée par les dirigeants européens qui y voient un motif de soulagement devant la poussée des nationalistes.

La chancelière Angela Merkel a jugé lundi que le président élu porte les espoirs de «millions» de Français et d'Européens.

Si Donald Trump l'a félicité lundi par téléphone, Vladimir Poutine l'a surtout exhorté à «surmonter la méfiance mutuelle» pour combattre le terrorisme.

Battue sans appel, Marine Le Pen, 48 ans, qui a fait une campagne agressive contre l'immigration, l'euro, la mondialisation et l'Union européenne, s'est félicitée du résultat «historique» de son parti, cofondé par son père en 1972 sur des idées xénophobes.

Celle qui s'est présentée comme «la candidate du peuple» misait sur la même vague qui a porté Donald Trump à la Maison-Blanche et conduit la Grande-Bretagne au Brexit. Dès l'annonce de sa défaite, elle a ouvert les hostilités en vue des législatives, se présentant comme «la principale force d'opposition».

Disqualifiés à l'issue du premier tour - une première dans l'histoire politique d'après-guerre -, les deux grands partis traditionnels de gauche (Parti socialiste) et de droite (Les républicains) se réunissent chacun à partir de mardi pour tenter de surmonter leurs divisions et préparer leur revanche.

Le chef de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, fort de ses 19,58 % des suffrages au premier tour, a aussi appelé les Français à se «fédérer» pour les législatives en vue de s'opposer au «nouveau monarque présidentiel».




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