De nouveaux gardes suisses prêtent serment au pape

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C'est le 6 mai de chaque année qu'a lieu la cérémonie d'assermentation des nouveaux gardes suisses du pape. Ce jour commémore la défense du papa Clément VII par ces soldats le 6 mai 1527 lors du sac de Rome par les mercenaires de l'empereur Charles Quint.

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Catherine Marciano
Agence France-Presse
Vatican

De nouveaux gardes suisses, stoïques soldats du pape, armés de hallebardes et de plus de 500 ans d'histoire, ont prêté serment samedi, jurant de se sacrifier si besoin pour leur souverain pontife.

«Il y deux façons de défendre le pape : avec les armes et avec la foi», résume, comme une évidence, le commandant de la Garde suisse pontificale, Christoph Graf.

La hallebarde, qui aiguise la curiosité des visiteurs de la Cité du Vatican, reste une pure arme de représentation. Le corps de garde de 110 hommes, parfois en civil, dispose d'armes plus modernes dont l'emplacement reste «un secret».

Le commandant exhibe plus volontiers une protection papale insolite à l'ère des menaces terroristes planétaires : «le rosaire». «Chaque garde en reçoit un», précise-t-il, en vantant sa qualité indestructible.

«Les gardes suisses doivent se dédier comme des missionnaires!» insiste Christoph Graf, à l'intention des quarante nouvelles recrues (23 germanophones, 13 francophones et 4 italophones).

La plus ancienne armée du monde - née en 1506 avec le recrutement de mercenaires helvètes, réputés invincibles, par Jules II (le pape de Michel-Ange) - est ouverte uniquement aux catholiques.

Samedi après-midi, les nouveaux hallebardiers ont écouté le texte immuable d'un serment lu par l'aumônier: «je jure de servir fidèlement, loyalement et de bonne foi le souverain pontife et ses successeurs légitimes, de me dévouer pour eux de toutes mes forces, sacrifiant, si nécessaire, ma vie pour leur défense».

En présence de leurs familles et des plus hauts représentants de la Confédération helvétique, ils ont ensuite juré en saisissant fermement leur drapeau de la main gauche et en levant la droite avec trois doigts en éventail (symbole de la Trinité).

Pour faire partie de la garde suisse, un... (AFP, Tiziana Fabi) - image 2.0

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Pour faire partie de la garde suisse, un engagement qui dure généralement deux ans, il faut être Suisse (évidemment!), catholique-romain pratiquant, célibataire, avoir entre 19 et 30 ans, et mesurer au moins 1m74.

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Pour entrer dans cette famille, généralement pour deux ans, il faut être Suisse, catholique-romain pratiquant, célibataire, avoir entre 19 et 30 ans, et mesurer au moins 1m74.

Comme chaque année, la cérémonie d'assermentation a lieu un 6 mai, jour de la commémoration de leur résistance pour la défense du pape Clément VII, lors du sac de Rome par les troupes de mercenaires de Charles Quint, le 6 mai 1527. Ils furent 147 à y perdre la vie.

Douleurs physiques

Les recrues arboraient le célèbre uniforme bouffant jaune-bleu-rouge, inspiré de la Renaissance, des couleurs des Médicis et des fresques de Raphaël. Avec pour cette cérémonie d'apparat un casque surmonté de plumes d'autruche rouges et une cuirasse.

Derrière le folklore se cache néanmoins un métier physiquement douloureux avec ses périodes d'immobilité d'une ou deux heures.

Pascal Burch, un germanophone en service depuis un mois, l'a constaté: «D'abord ça va direct dans les genoux, puis les pieds font très mal, ensuite les épaules». Pour autant, le jeune homme de 21 ans décrit un travail «varié et intéressant», espère «renforcer un peu sa foi et vivre une super expérience» dans la vieille caserne vaticane.

«On a des moments de difficulté physique, on se pose des questions, mais c'est par la foi qu'on résiste», décrit son camarade francophone Dylan Voirol, 24 ans, un vétéran arrivé depuis onze mois. Il a commencé comme sentinelle d'honneur, mais patrouille désormais la nuit dans tous les recoins de la Cité du Vatican avec une tenue plus pratique (pantalon et pourpoint bleus).

«Le soir, nous allons courir dans les jardins du Vatican», si le pape n'y est pas, glisse-t-il. «On sait à quel horaire il sort, c'est la qualité d'un Suisse d'être discret».

Avant d'être un soldat du pape, «un vrai témoignage de foi», il était banquier. Désormais, il occupe ses loisirs en jouant de la trompette dans la fanfare ou en encourageant l'équipe de soccer maison. «Je suis évidemment célibataire, il faut être concentré!», assure-t-il.

En les recevant samedi matin, le pape François leur a adressé «un cordial salut». Avec ce souverain pontife peu sensible au protocole, le dévoué corps de garde jouit désormais d'une reconnaissance plus personnelle.

«Le pape salue tout le monde, avant ce n'était pas comme ça», apprécie le commandant Graf en se souvenant de son expérience de jeunesse lorsque «la garde ne parlait jamais avec le pape».




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