Un 1er mai enflammé en France

  • Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre la police anti-émeute. (AFP, Zakaria Abdelkafi)

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    Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre la police anti-émeute.

    AFP, Zakaria Abdelkafi

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  • Un jeune manifestant traverse une rue bloquée par un nuage de gaz lacrymogène. (AP, Thibault Camus)

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    Un jeune manifestant traverse une rue bloquée par un nuage de gaz lacrymogène.

    AP, Thibault Camus

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  • Des manifestants cagoulés en confrontation avec la police anti-émeute. (AFP, Christophe Archambault)

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    Des manifestants cagoulés en confrontation avec la police anti-émeute.

    AFP, Christophe Archambault

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  • Des policiers tentent de freiner un chariot enflammé propulsé vers eux. (AFP, Philippe Lopez)

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    Des policiers tentent de freiner un chariot enflammé propulsé vers eux.

    AFP, Philippe Lopez

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  • Les protestataires anti-capitalistes ont profité de la journée mondiale des travailleurs pour manifester, à Paris. (AFP, Philippe Lopez)

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    Les protestataires anti-capitalistes ont profité de la journée mondiale des travailleurs pour manifester, à Paris.

    AFP, Philippe Lopez

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  • Des marches pacifiques ont été organisées aux quatre coins de la France. (AFP, Philippe Lopez)

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    Des marches pacifiques ont été organisées aux quatre coins de la France.

    AFP, Philippe Lopez

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  • Des partisans d'Emmanuel Macron se sont rassemblés à Paris. (AP, Christophe Ena)

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    Des partisans d'Emmanuel Macron se sont rassemblés à Paris.

    AP, Christophe Ena

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  • Une femme offre une fleur à un policier anti-émeute. (AFP, Philippe Lopez)

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    Une femme offre une fleur à un policier anti-émeute.

    AFP, Philippe Lopez

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Valérie Leroux, Béatrice Le Bohec
Agence France-Presse
Paris

Marine le Pen «l'héritière», Emmanuel Macron «le visage de la finance» : à six jours de la présidentielle française, les deux candidats ont redoublé leurs attaques, tous deux critiqués lors des traditionnels défilés du 1er mai émaillés de violences.

Le candidat centriste et pro-européen de 39 ans, donné gagnant le 7 mai par les sondages, et sa rivale d'extrême droite se sont affrontés par grandes assemblées interposées, les dernières avant le scrutin de dimanche.

Ils doivent s'affronter mercredi face à face lors d'un débat télévisé crucial. En 2002, le candidat de droite Jacques Chirac, largement élu, avait refusé le débat face à Jean-Marie Le Pen, père de la candidate actuelle, qui avait déjà provoqué un vif émoi en France en se hissant au second tour de la présidentielle.

Mais contrairement à ceux de 2002, les défilés du 1er mai n'ont pas sonné la mobilisation générale. Il y a 15 ans, ils étaient 1,3 million à dire leur «honte d'être Français» et à appeler à voter contre l'extrême droite. Cette année, la mobilisation a atteint 142 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, 280 000 selon le syndicat Confédération générale du travail (CGT).

Et les défilés se sont déroulés en ordre dispersé dans toute la France : les uns appelaient à «faire barrage» à la présidente du Front national (FN) Marine Le Pen, d'autres à voter pour Emmanuel Macron, et d'autres encore à «battre les deux candidats».

Des heurts ont éclaté en marge de la manifestation parisienne : des personnes encagoulées ont jeté des projectiles et cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, faisant six blessés dans les rangs de la police.

Les deux candidats se sont eux rendu coup pour coup. Le candidat du mouvement En Marche! a répondu à Marine Le Pen qui, quelques heures plus tôt, l'avait accusé d'incarner «En Marche ou crève» : «Elle a raison : En marche, c'est nous!» a lancé M. Macron, laissant ainsi entendre que «crève», c'est l'extrême droite.

Quant au programme du Front national, «jamais ils n'expliquent comment ils le paieront. Soit ils augmenteront vos impôts, soit ils augmenteront votre dette... Mais il y aura un cocu dans l'histoire, parce qu'ils mentent!» a-t-il fustigé.

«Le projet de l'extrême droite, c'est la violence extrême contre les opposants politiques [...] c'est la réduction des libertés, la négation des différences. Cela, ne l'oubliez jamais!» a martelé à Paris Emmanuel Macron devant quelque 12 000 partisans, selon son équipe.

«Vents mauvais»

Dans une France en proie à la désindustrialisation et un chômage endémique de 10 %, la candidate du Front national s'est présentée, elle, comme la voix «du peuple et des ouvriers».

Dans un discours virulent devant ses partisans près de Paris, elle a appelé les Français à «faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi», en accusant son rival d'être «le candidat du système» après avoir été banquier puis ministre de l'Économie du président socialiste François Hollande.

«M. Macron, c'est une conception radicale, extrémiste de l'Union européenne», a-t-elle ajouté, accusant son adversaire de vouloir «soumettre» la France à «la chancelière allemande» Angela Merkel et la «livrer à la submersion migratoire», «aux vents mauvais de la mondialisation sauvage».

L'écart se resserre

L'écart se resserre entre les deux finalistes. M. Macron est désormais crédité de 59 % des intentions de vote contre 41 % pour Mme Le Pen, qui mène depuis plusieurs années une stratégie de banalisation de son parti, à rebours des propos antisémites et xénophobes de son père.

Cette stratégie de dédiabolisation semble avoir en partie fonctionné.

«Notre slogan est clair : il faut battre le FN pour le progrès social. Le FN est un parti raciste, xénophobe, antifemmes et libéral», a déclaré le secrétaire général du syndicat CGT, Philippe Martinez, lors du défilé parisien du 1er mai.

Mais dans les cortèges, de nombreux manifestants disaient ne vouloir d'aucun candidat.

À Paris, Camille Delaye, professeur de 28 ans, brandissait une pancarte proclamant : «L'abstention, c'est un acte politique.» «Si on vote Macron, on va encore plus favoriser Le Pen», argumentait-il.

Le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, dont beaucoup de militants participaient à la manifestation parisienne, a fait une apparition. Après avoir engrangé 19,6 % des voix au premier tour, il s'est prononcé contre Marine Le Pen sans pour autant appeler à voter Macron.

Le Pen plagie un discours de Fillon

Marine Le Pen a plagié le 1er mai au moins quatre passages d'un discours prononcé mi-avril par François Fillon, candidat de la droite éliminé au 1er tour, a constaté l'AFP.

Le 15 avril, M. Fillon louait dans son discours au Puy-en-Velay la géographie de la France, et notamment ses «frontières terrestres : «Les Pyrénées d'abord, qui engagent la France dans cet immense ensemble qu'est le monde hispanique et latin. Il y a la frontière des Alpes, vers l'Italie notre soeur et, au-delà, l'Europe centrale, balkanique et orientale».

Quinze jours plus tard, lors d'une rencontre lundi à Villepinte, Marine Le Pen, qui cherche à séduire l'électorat conservateur, a prononcé les mêmes phrases, quasiment au mot près, en louant à son tour «les frontières terrestres : les Pyrénées qui engagent la France dans cet immense ensemble qu'est le monde hispanique et latin. Nos Alpes, qui nous ouvrent vers l'Italie notre soeur et, au-delà, l'Europe centrale, balkanique et orientale».

Mêmes phrases également, à deux semaines d'écart, quand François Fillon et Marine Le Pen saluent la vigueur de la langue française. Les deux candidats vantent aussi une troisième voie «française» pour le XXIsiècle : «la voie de l'équilibre, de la liberté des individus et des peuples». Marine Le Pen cite aussi deux mêmes phrases de Georges Clemenceau et d'André Malraux. 

Florian Philippot, vice-président du parti Front national de Mme Le Pen, a assuré qu'il s'agissait en fait d'un «clin d'oeil assumé à un bref passage touchant d'un discours sur la France».




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